Karl Heise, le disciple anti-maçon de Rudolf Steiner

Les années qui suivirent la signature du Traité de Versailles (1919) furent, en Allemagne, une période de grande agitation. Chômage, pauvreté, inflation. Et le sentiment grandissant que l’Europe occidentale s’était liguée contre elle, pour une mise à sac en règle de leur pays. A cette même époque, de grands mouvements spirituels, tous situés en marge des institutions religieuses, renforcent leur visibilité et auditoire. Parmi eux, citons la Société Théosophique, la Société Anthroposophique de Rudolf Steiner et dans une moindre mesure l’Ordo Templi Orientis de Theodor Reuss…

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Steiner justement, dans les années 1916-1917, ne manquait pas de s’interroger, dans ses allocutions publiques (« Considérations sur l’histoire contemporaine »), sur l’existence d’un groupe occulte qui aurait téléguidé la Première Guerre Mondiale…. Dans son viseur, et d’une manière à peine dissimulée : la Franc-Maçonnerie.

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Karl Heise, proche en 1920, devenu par la suite plus qu’encombrant.

Karl Heise (1872-1939) était un imprimeur d’origine allemande qui s’était installé à Zurich en 1902. Rejetant le christianisme, il se passionne pour le bouddhisme, Guido von List, le paganisme et l’Anthroposophie de Steiner. En 1920, il fait paraitre, édité et préfacé par Steiner de manière anonyme « Entente franc-maçonnique et Guerre Mondiale* ».

L’historien allemand Reinhard Markner, célèbre pour ses recherches sur les « Illuminés de Bavière » (XVIIIème) s’est penché sur les écrits de Heise et sur les relations qu’il entretint avec le célèbre médium visionnaire de Dornach : Rudolf Steiner.

Souhitez-vous découvrir cette époque et ce penseur ? 

Remerciements au centre de recherches, et revue, Politica Hermetica, organisateur de cette conférence

* titre original allemand : « Entente-freimaurerei und weltkrieg; ein beitrag zur geschichte des weltkrieges und zum verständnis der wahren freimaurere »

Extrait de la vidéo

Le livre de Karl Heyser, Entente Freimaurerie und Weltkrieg, c'est-à-dire la franc-maçonnerie de l'entente et de la guerre mondiale, peut être regardé comme la première interprétation exhaustive de la première guerre mondiale comme résultante d'activités conspiratoires. Néanmoins, son auteur, un homme extrêmement étrange, n'a reçu jusqu'à présent que peu d'attention de la part des chercheurs. Fils d'un imprimeur de Laucha sur Lundstruth, une petite commune dans la Saxe-Britannique, Karl Hermann Heyser, né le 27 novembre 1872.

Après des années d'apprentissage et de voyage en Allemagne, il s'installe en Suisse en 1902 où il trouve un emploi de typographe chez Aurel Fusli à Zurich, imprimerie et maison d'édition renommée. À la suite de la séparation concluant son premier mariage, Heyser gagne la Suisse en compagnie de ses deux filles et de son fils. Il épouse une Suisse beaucoup plus jeune avec laquelle il a une autre fille.

Le couple se sépare sans le soudre de mariage. Dans les dernières années de sa vie, Heyser travaille comme libraire par correspondance, psychographologue selon la description figurant sur son papier à lettres et comme président de la coopérative bancaire Ayutthana. En 1934, il est naturalisé par la police fédérale des étrangers. Heyser meurt le 11 août 1939.

Élévé dans le protestantisme, Heyser se considéra comme bouddhiste dès 1903 environ, mais il en revint plus tard à une vision anthroposophique nettement anti-catholique et la foi chrétienne. Tout au long de son séjour en Suisse, il prit part à divers groupes ésotériques et publia dans leurs organes de presse ainsi que dans des revues indépendantes telles que le Central Blatt für Occultismus avec lequel il collabora à partir de 1911.

Il aussi donna des conférences à la Société Théosophique Libre de Zurich, cette société qui présida lui-même semble avoir été une branche de la Fraternité internationale théosophique. Heyser se révéla aussi fortement influencé par l'idolisme et sa doctrine aréo-germanique de la race, par exemple lors d'une conférence sur le karma conçue comme loi morale du monde durant laquelle il attribua la falsification catholique du christianisme à l'invasion des hybrides afro-asiatiques.

Heyser était en correspondance avec l'aréosophe autrichien et figurait en 1908 parmi les premiers membres de la société fondée à Vienne pour son soutien et la propagation de ses théories. En 1916, soit quatre ans après avoir écrit sa première lettre à Rudolf Steiner, Heyser fut enfin admis dans la Société Anthroposophique. Steiner se mit à signaler dans ses conférences l'existence de certaines machinations souterraines de cercles occults à l'étranger qui auraient contribué à préparer la guerre mondiale.

Heyser fit partie des auditeurs de la série des conférences « Zeitgeschichtliche Betrachtungen » c'est-à-dire « Considérations sur l'histoire contemporaine » que Steiner donna à Dornach près de Basel, en décembre 1916 et en janvier 1917. Inspiré par Alfred Gysi, un médecin zuricois de Steiner, Heyser décida de trouver des preuves à l'appui de ce que Steiner ne faisait que spéculer. En décembre 1917, à Zurich, Heyser semble avoir parlé de son manuscrit à Steiner.

Theodor Reuss eut également l'occasion de le lire avant la publication. Il le décrivit comme « imparfait » et offrit d'en faire une révision. Après que Karl Röhm, l'éditeur de quelques écrits ésotériques de Heyser, en ait réédité la publication, Steiner obtint la plus grande partie de la subvention nécessaire. Par ailleurs, il écrivit une courte préface qui fut placée de manière anonyme au début du livre.

Postdaté en 1919, « Entendre Freimaurer und Weltkrieg » fut publié à Bâle en octobre Malgré l'absence de publicité, le livre trouva néanmoins ses lecteurs, notamment dans les milieux anthroposophiques. Une deuxième édition parut et fut réimprimée la même année, en 1920. Elle tenait compte des derniers développements politiques, tels que la Fondation de la Tchécoslovaquie, et son nombre de pages fut considérablement augmenté, bien que Heyser ait abandonné l'idée d'imprimer une traduction des « Protocoles des Sages de Sion » en annexe, après y avoir reconnu une falsification des jésuites.

On peut vérifier que Heinrich Himmler et Alfred Rosenberg figuraient parmi les lecteurs de Heyser à cette époque. Ces derniers, cependant, refusaient dès 1921 d'imprimer dans les feuilles que chevaubarta une contribution dans laquelle Heyser voulait présenter sa thèse selon laquelle seul un véritable occultisme pouvait sauver l'Allemagne. Plus tard, Gregor Schwarz-Bostunitsch lui proposa de contribuer par un avant-propos à une critique de Hitler et de son mouvement, mais ce projet resta un achevé.

En 1927, Heyser prit en charge la direction de l'Ordre du Graal ainsi que la rédaction de son budget mensuel. Ensuite, il transforma cet ordre en une communauté libre et son journal, rébaptisé Der Graal, en une revue pour les chercheurs d'un christianisme ésotérique. Sa parution fut cependant interrompue dès la fin de 1930. En 1929, Heyser devint membre du Sénat des Euriques de la Fédération Mondiale des Illuminés – Weltbund des Illuminaten.

Cette société se référait à la tradition de l'Ordre des Illuminés fondée par Adam

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