Le génie de la Kabbale

Nous savions que Frank Lalou (auteur, spécialiste du Cantique, de Thomas, calligraphe hébraïque, kabbaliste) et Pierre Trigano (analyste jungien, formateur, auteur, spécialiste de l’Ancien Testament) s’étaient réciproquement lus mais n’avaient jamais encore échangé. Une rencontre couvait depuis longtemps… Avec le concours de la journaliste Anne Vernes, c’est ici chose faite pour notre plus grand plaisir !

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La Kabbale : savoir recevoir, accueillir et transmettre. L’engagement d’une Vie.

Il parait qu’il existe certaines vieilles lampes à huile dont surgissent, dès qu’on les frotte, un « génie ». Souhaitez-vous ainsi vous frotter à ces deux grands penseurs spécialistes de la pensée juive et tenter d’extraire la substantifique moelle de cette philosophie : la Kabbale ?

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Un échange que l’on peut qualifier de "chaud", cela au regard de la tiédeur de la pensée dominante actuelle, où la dimension subversive, voire anarchiste, de la pensée juive ne sera pas éludée. Bien au contraire !

Extrait de la vidéo

Bonjour et bienvenue sur l'antenne de Salamandre Télé. Et avant de commencer, remercions les opérateurs de Bagliss et de Salamandre pour permettre ce direct entre Franck Lallou et Pierre Trigano qui vont nous parler aujourd'hui du génie de la Kabbalah. C'est un grand sujet que l'on va aborder, alors chacun, Franck Lallou, plutôt spécialiste des textes bibliques et de la calligraphie hébraïque, Pierre Trigano, thérapeute junguien et qui anime des séminaires sur la Bible et sur la tradition hébraïque de la Kabbalah, ça c'est une présentation très succincte, mais je vais vous laisser vous présenter vous-même, je passe tout d'abord la parole à Pierre, Pierre Trigano, comment pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, c'est toujours un peu délicat de se présenter, disons que j'ai rencontré la Kabbalah en 1976, en 1976 je sortais d'un militantisme soixante-huitards et j'ai fréquenté un homme qui a beaucoup compté pour moi, qui s'appelait Emmanuel Lévin, qui est décédé en 1989, et en fait c'est lui qui m'a orienté parce que c'est un homme qui en fait était très subversif, c'est-à-dire qui ne disait pas le discours dominant qui était celui de l'époque où par exemple dans le milieu juif on ne jurait que par l'état d'Israël, lui était très sensible justement au fait que la Kabbalah était un message révolutionnaire et universel pour l'humanité, alors pour moi ça a été très important cette rencontre, bien sûr après j'ai fait mon chemin, c'est lui qui m'a un peu orienté vers la psychanalyse de Jung aussi, notamment l'importance des rêves, en me montrant que pour la Kabbalah les rêves sont très importants puisque le Zohar nous dit qu'un rêve non interprété est comme une lettre que l'on reçoit et que l'on n'ouvre pas, donc les rêves ont été très importants pour moi, la psychanalyse de Jung a été très importante pour moi et puis j'ai continué un chemin dans la voie de la Kabbalah notamment en explorant que la Kabbalah est une voie thérapeutique pour le monde et pour l'être humain, une voie de réparation, réparation de l'univers, réparation de l'individu, réparation de la naissance, ce sont ces thèmes aussi que je découvre et que j'explore dans la psychanalyse de Jung et dans ma pratique quotidienne.

D'accord, alors nous allons aborder au fur et à mesure de l'entretien ces différents points que vous avez mentionnés là, maintenant Franck peut-être à vous de nous dire comment vous avez rencontré la Kabbalah et ce qu'elle représente pour vous ? Oui, la Kabbalah je l'ai rencontrée par le corps d'abord, c'est-à-dire que je calligraphie depuis toujours, depuis l'âge de 14 ans et depuis 30 ans je calligraphie l'hébreu parce qu'avant je faisais les lettres latines et grecques et j'ai rencontré d'abord par la beauté des lettres et ensuite peu à peu je me suis intéressé à ce que pouvait dire la tradition des lettres, le Talbud et après bien sûr ce que les kabbalistes pensaient des lettres et leur importance dans la tradition, leur importance dans les différents niveaux de la création de notre univers et puis au bout de 10 ans d'études, là où on pense d'être arrivé à quelque chose, j'ai compris que je ne faisais que commencer et la calligraphie et l'étude des textes, en particulier de certains textes de Kabbalah mais aussi de la Bible, je n'étais qu'un débutant et que l'histoire allait durer toute la vie et si on en croit même les guilgoulines, les réincarnations, peut-être plusieurs vies pour essayer de comprendre peut-être simplement le fumé de ce que pourrait être cet évêque que procure la Kabbalah.

C'est intéressant ce que vous dites, je vous interromps, excusez-moi, est-ce que vous pouvez nous expliquer, soit Pierre, soit Franck, ce qu'est la Kabbalah en fait, parce qu'on va en parler pendant une heure, une heure et demie, qu'est-ce que c'est la Kabbalah ? Avant je me permets de réagir à ce que dit Franck, avec lequel je suis entièrement en résonance, c'est vrai qu'on n'en a jamais fini parce que je pense que la voie de la Kabbalah nous ouvre à cette expérience que la vie est un renouvellement incessant et que la mort en tant que arrêt définitif est une illusion et donc ce renouvellement traverse même les frontières biologiques de la vie et de la mort, nous sommes dans un renouvellement incessant et nous sommes sans cesse des élèves et il y a en nous une source de vie qui est intarissable et qui nous pousse à ce renouvellement incessant.

Et je crois que l'esprit de la Kabbalah est très centré là-dessus, cette pulsion de vie qui n'est jamais emprisonnée par la mort, qu'on soit de ce côté-ci de la vie ou de l'autre, quand ça arrivera. C'est-à-dire que la mort est probablement une image, une idée que l'on se fait, ou une projection, voire une crainte, n'ayant pas de souvenirs ou de connaissances de l'au-delà. Le problème c'est la croyance en la mort, c'est-à-dire en un anéantissement définitif, alors que la mort biologique, puisque nous allons tous un jour mourir, la mort biologique n'est qu'une porte qui s'ouvre vers un renouvellement grandiose.

C'est-à-dire que la vie est un principe, la vie on pourrait dire avec un grand V, est un principe qui va largement au-delà de la vie et de la mort biologique. La vie sans mort. La vie sans mort. C'est ce qu'on appelle la vie éternelle, non ?

Absolument. Et d'ailleurs en hébreu, la vie éternelle est au pluriel,

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