L'influence de Pluton sur René Guénon

L’homme de la rue, qui n’y entend peut-être rien sur  "la roue du zodiaque" ou en "métaphysique hindoue" peut néanmoins s’interroger sur les analogies troublantes suivantes. Les Hindous ont établi qu’un cycle cosmologique durait 64.800 ans : soit 30 ères de 2.160 années chacune. Ce cycle de 64.800 ans est découpé en quatre Ages qui s’accélèrent : l’Age d’Or dura 12 ères, l’Age d’Argent 9, l’Age d’Airain 6 et l’Age de Fer, où nous nous trouvons actuellement, 3.

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L’Age de Fer doit donc durer 3 fois 2.160 soit 6.480 ans. 
Si l’on se projette dans le temps, on constate qu’il y a 65.000 ans environ l’Homo Sapiens, (c’est-à-dire l’homme que nous sommes actuellement)  fit son apparition. Les trois premiers Ages (Or, Argent, Airain) sont englobés dans ce que l’on nomme la préhistoire compte tenu de l’absence de documents écrits. En revanche, il y a environ 6.500 débuta l’Age de Fer, et concomitamment  l’écriture, les premières civilisations, et tout bonnement l’Histoire dans sa globalité, telle que nous nous la représentons.
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Si l’on considère le zodiaque, cet Age de Fer connu trois périodes successives : l’Ere du Taureau (avec le culte du Bœuf Apis et de la Déesse Mère) puis l’Ere du Bélier (le début du monothéisme) et enfin l’Ere des Poissons avec l’avènement du christianisme (Jésus en grec se dit d’ailleurs ichtus ce qui veut dire poisson).
Cette méthodologie, en s’appuyant sur l’astronomie, la cosmologie hindoue et la métahistoire permet à Didier Lustig de dater avec précision le début de ce dernier âge : l’Age du Fer …. Et de nous prévenir que nous sommes actuellement en train de sortir de cet Age…
Selon vous, cette fin de cycle se déroulera-t-elle d’une manière brutale ou pacifique ?
N’importe quel homme doté de science (homo sapiens) est en droit de rester songeur quant à la justesse de cette roue immense… et de s’interroger sur la nature de cette  "main invisible" qui la manie…. Est-ce Brahma ? Parvati sous les traits de Kali ? Prométhée ?...  ou bien Pluton ?
En 1927 René Guénon fit paraître l’un de ses ouvrage emblématique : "La Crise du monde moderne" qui résonna comme un signal d’alarme quasi-prophétique dans cette Europe assagie. Trois années plus tard, les astronomes découvrirent l’astre Pluton.
Ces deux phénomènes ont-ils un lien, et corroborent-ils cette logique cosmologique de "nouvel âge" ou de fin des temps ? Qu’en-est- il  aujourd’hui ?

Eléments de réponses de Didier Lustig dans cet exposé de 38 minutes filmé au Forum 104. Et pour conclure sur une lueur d’espoir toute guénonienne  "ne peux être détruit que la manifestation,  jamais l’essence" !

Extrait de la vidéo

L'oeuvre de René Guénon est une oeuvre tout à fait à part de tout ce qui a pu être écrit en termes de philosophie ou d'histoire religieuse. Ce qui le caractérise particulièrement, c'est d'avoir fait une recherche systématique sur les corrélations entre les différents courants spirituels et religieux, afin d'y trouver les restes d'une tradition primordiale qui se serait ensuite peu à peu perdue ou édulcorée au travers des différents courants tels que nous les connaissons, qu'il s'agisse d'hindouisme, de bouddhisme, de christianisme, d'islam, etc.

Alors, ce qui caractérise fondamentalement son oeuvre, c'est qu'il est en réalité un métaphysicien. On ne peut le considérer ni comme un métaphysicien, ni comme un métaphysicien. On ne peut le considérer ni comme un métaphysicien, ni comme un métaphysicien. On ne peut le considérer ni comme un métaphysicien, ni comme un métaphysicien.

Le terme qui lui correspond le mieux, et auquel il a fait souvent référence concernant son oeuvre, c'est la métaphysique aussi pure que possible. C'est-à-dire la connaissance des plans supérieurs, des causes premières à l'origine de la manifestation telle que nous pouvons la vivre et l'observer sur la Terre. Ce qui est extrêmement précieux, c'est que d'abord il a largement contribué à la connaissance de la spiritualité de l'Inde.

Justement, au contraire de tous les hindouisans, il a recherché véritablement la dimension spirituelle et métaphysique de ses écrits très anciens. Du reste, il se réfère fortement, pour ce qui est de la spiritualité hindoue, à Sri Shankaracharya, qui a vécu au IXe siècle de notre ère, et dont le discours, quand on le lit aujourd'hui, est toujours d'une surprenante actualité. Donc il est allé chercher vraiment à la source du Vedanta, et la doctrine qui lui a semblé être la plus pure, celle à voir sauvegarder au mieux la tradition primordiale, c'est justement la doctrine de la non-dualité, ce que l'on trouve dans le chivaïsme du Cachemire.

C'est, du reste, l'objet de son premier ouvrage, Introduction à l'étude des doctrines hindoues, dans lequel il fait référence aux écrits de Shankaracharya. C'est là qu'il parle particulièrement de cette conception qui va au-delà de l'être. René Guénon a écrit beaucoup aussi sur le monde moderne, du moins ce qu'il en a connu, puisqu'il est mort en 1951, et le monde moderne dans lequel on trouve très largement les traces d'une décadence avancée d'un point de vue spirituel.

Donc il s'est appliqué, notamment dans ses deux ouvrages phares sur ce sujet, à savoir la crise du monde moderne et le règne de la quantité ou les signes des temps, il s'est appliqué donc à montrer en quoi la perte de la dimension spirituelle, la perte de la source et le matérialisme croissant du monde occidental, qui depuis en réalité s'est étendue à l'ensemble du monde, en quoi tout cela menait vers une fin.

S'agit-il d'une fin de l'humanité ? S'agit-il de la fin d'une civilisation ? Lui soutient, et je dois dire que je partage assez son avis, compte tenu des « progrès » du matérialisme au cours du demi-siècle qui vient de passer, je pense que nous allons vers la fin de l'humanité. Il y a donc en cela une dimension complètement plutonienne puisque d'une certaine manière la découverte de Pluton en 1930 a annoncé l'accélération du processus de désagrégation de la société dans sa dimension verticale.

Autrement dit, nous sommes vraiment dans le règne de la quantité puisque l'argent compte plus que tout aujourd'hui, qu'on a désappris à penser en termes de spiritualité que les objectifs sont de plus en plus à court terme, et comme si finalement il n'y avait pas d'avenir, ou comme si l'avenir était de plus en plus restreint. Alors astrologiquement, bien sûr, on pourrait reporter cela à la découverte d'Uranus qui elle-même a marqué l'accélération du temps puisque Uranus quelque part est la négation du temps.

Donc à notre échelle terrestre, humaine, tout cela correspond à une accélération du processus, donc du progrès technologique, mais aussi par exemple du nombre d'individus vivant simultanément sur la Terre, l'accélération des processus de destruction potentielle et surtout l'impossibilité dans laquelle l'humanité se trouve aujourd'hui de se projeter dans l'avenir. Il n'y a rien de plus tristement risible, si je puis dire, que les tenants de cette discipline scientifique qui consiste à prévoir l'avenir de l'humanité sur les siècles à venir, ce qui donc fonde de la perspective dans le futur, les futurologues.

En fait, rien de tout cela ne tient véritablement la route dans la mesure où les choses vont si vite et dans un sens si déterminé qu'il semble aujourd'hui difficile d'en arrêter le cours. La vision plutonienne de René Guénon, c'est non seulement d'énoncer les causes fondamentales de l'accélération du temps, de la perte de l'esprit au niveau de l'humanité.

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