Le cycle Saturne-Uranus, 1988-2032, duo inattendu entre abstraction et incarnation
Couper le monde des idées (Uranus-Ouranos) pour « prendre corps et s’incarner » (Saturne-Cronos) tel est le message qu’envoya le titan Cronos à son père Ouranos. Un message qui prit, dans les usages narratifs et métaphoriques grecs, la forme d’une castration. Cronos, fils de Gaïa-Terre Mère et d’Ouranos-Ciel Etoilé, castra son père, afin qu’une partie de lui, descende sur Terre et s’incarne. De son membre jaillit, dans l’écume des flots, Vénus-Aphrodite. Revoir à ce propos l’exposé de Michel Cazenave sur notre site (cf. plus bas).
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Après une brève présentation de la toile de fond mythologique, Gilles Verrier nous présente ici le choc de ces deux titans, sur un plan non seulement astro-psychologique, mais aussi concret : les enjeux civilisationnels d’aujourd’hui, dans lequel le monde des idées se confronte la matière.


Un cycle de 45 ans qui unit deux générations, « père » et « fils » et qui a pris depuis 1988 une tournure sans aucun équivalent connu. Cela jusqu’en 2032 ?
En se basant sur le cycle que nous traversons actuellement, de 1988 à 2032, marqué par la fin de la Guerre Froide, la prise de conscience écologique (Gaïa, « cette grande oubliée refait surface »), la dématérialisation (Internet/Verseau, « Signe qui se trouve lui aussi sous influence saturnienne »), Gilles Verrier relate le choc que nous traversons actuellement : cette époque où les concepts, par nature abstraits et dématérialisés (Ouranos), se confrontent au principe de réalité : Saturne.
Un dialogue qui prend tour à tour les traits d’une danse cosmique, harmonieuse, ou de soubresauts désarticulés. Père et fils sont néanmoins faits pour s’entendre, et regarder dans la même direction, dans une même verticalité, céleste.
Reste néanmoins pour le fils, Saturne, de comprendre que « les mécanismes de répétitions », par essence transgénérationnels sont implacables. Une « loi d’airain » qui lui est pourtant quasi consubstantielle.
Un exposé qui ravira autant les amateurs de l’œuvre de Carl Gustav Jung que ceux de l’astrologie et qui projette une grille de lecture, claire et inédite, sur les soubresauts que nous traversons actuellement…
Extrait de la vidéo
Bonjour, je vais vous parler aujourd'hui du cycle Saturne-Uranus. Je vais vous montrer les glyphes pour ceux qui ne connaissent pas forcément très bien l'astrologie. Le glyphe de Saturne et le glyphe d'Uranus. On a Saturne ici et Uranus.
Saturne-Uranus, il faut déjà peut-être parler de quelques éléments de mythologie. Saturne-Uranus font partie de la génération des Titans. Uranus, c'est le premier dieu masculin qui arrive dans la cosmogonie grecque. On pourrait dire que c'est un proto-père.
En tant que proto-père, il est né des amours enflammés de Gaïa avec le chaos. C'est le premier élément masculin qui émerge. Dans ce sens, il est ce qu'on pourrait appeler en psychologie jungienne le fils amant. C'est un fils amant, c'est le fils de la grande mère Gaïa.
A partir de là, il va être aussi celui qui va être le père des éternels. Ce père des éternels va engendrer ensuite toute la génération des Titans, puisque c'est le premier des Titans. Sans rentrer dans tous les détails des Titans, en particulier Cronos, Saturne. Ce qui nous intéresse ici, c'est de voir le lien qu'il va y avoir de la filiation d'Uranus à Saturne.
Uranus, c'est un principe spirituel, bien évidemment. C'est un principe spirituel et on pourrait dire, d'une certaine manière, ce principe spirituel, parce qu'étymologiquement, Uranus, ça veut dire simplement ciel étoilé. Donc, Uranus, ciel étoilé. Et donc, dans ce sens, en tant que principe spirituel, il se tenait, d'ailleurs on retrouve ça, ces textes-là, chez Hésiode, il se tenait sur la montagne.
Donc, il se tenait sur la montagne et il observe la terre, Gaïa, et toujours selon Hésiode, il fit descendre sur ses fentes secrètes une pluie fertile. On retrouve cette notion-là aussi. A partir de là, on pourrait dire, va naître toute la génération des titans, des titanides, des cyclopes, des hécatonchires, les géants aux sans-bras, etc. Seulement, le problème qui se pose pour Uranus, c'est que ses enfants, il va toujours les trouver aussi monstrueux et hideux les uns que les autres.
Il dit d'ailleurs, j'ai commis œuvres infâmes. Donc, il ne veut pas accepter que ses enfants viennent au monde et puissent vivre. Et donc, de ce fait, ils vont rester enfermés dans le corps de la terre, donc Gaïa, jusqu'au moment où Gaïa, qui ne peut pas enfronter, souffre et va demander à Cronos, le puiné, disent les textes, donc ce dernier fils, Cronos, Saturne, de commettre un outrage, c'est-à-dire de pouvoir délivrer tous les enfants, la progéniture, et donc qu'une nuit où Uranus vient couvrir la terre toute entière, puisque ciel étoilé, donc ça veut dire aussi en toute inconscience, c'est une procréation, c'est-à-dire qu'Uranus, il est très fertile, il est procréateur, il crée, mais en même temps, c'est très désordonné et il crée des œuvres infâmes, dit-il lui-même, donc qui sont monstrueuses, donc on montre, mais en même temps, qu'il n'assume pas.
Je reviendrai sur cette notion parce que c'est important de comprendre la symbolique d'Uranus à travers ça. Et donc, Saturne, donc Cronos, va commettre l'outrage, c'est-à-dire qu'il va castrer, il va couper le phallus, les couilles, on pourrait dire, pour parler crûment, il va couper le sexe du père, donc de cet Uranus, qu'il va jeter dans les flots, et de là, d'ailleurs, de ce sperme va naître Aphrodite.
Aphrodite, étymologiquement, c'est né de l'écume des flots. Depuis, après, il y a aussi les gouttes de sang qui tombent sur la terre, et donc là, il va naître, effectivement, les Érénies, les Nafs Méliennes, etc. Donc, je ne vais pas entrer dans tous ces détails-là. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir qu'à ce moment-là, il y a un moment donné, il y a un retournement, il y a une castration.
Pourquoi ? Parce que Uranus, d'une certaine façon, il est dans le monde des idées, dans le monde de l'esprit. Et donc, dans ce fait-là, tout ce qui va être incarné et tout ce qui prend corps dans la matière n'est pas forcément au reflet de l'idée qu'il en a au départ. Et donc, dans cette notion-là, ça veut dire que, comme il y a une imperfection, cette imperfection, il ne l'accepte pas.
Seulement, le problème, c'est que dans l'incarnation, on est dans un monde imparfait, quand on pointe sur le plan de l'incarnation. Donc, de ce fait, la castration va couper, on pourrait dire, ce monde des idées pour qu'elle puisse prendre corps. Ce qui veut dire, d'ailleurs, que, c'est un petit détour ça, mais que, astrologiquement, les personnes qui vont être très marquées par la dynamique uranienne, ce que certains appellent les uraniens, ils peuvent avoir, effectivement, toujours des idées plein la tête, ils peuvent avoir, effectivement, des tas de projets, mais avec une difficulté à l'incarner.
C'est-à-dire, comme si, à chaque fois qu'il va falloir passer du plan de l'idée à la plan de la réalisation, il y a toujours une insatisfaction. Ce qui peut être une composante aussi uranienne, c'est que l'uranien peut être aussi un perpétuel mécontent, un perpétuel insatisfait. Et donc, de ce fait, Cronos, Saturne, le fils, là, va venir poser un acte qui va dire, maintenant, il faut faire avec ce qui est, avec les idées qui ont été pondues, entre guillemets, et donc, de tenir compte de la réalité.
Alors, quand on voit ce choc, on pourrait dire des titans, là, des deux, Saturne, Uranus, ils peuvent, au départ, représenter des principes très antinomiques. Donc, Saturne, c'est ce qui donne forme. Saturne, c'est la structure, on pourrait dire, dans un thème, et en même temps, dans un cadre. Dans un cadre, structure, ce n'est pas simplement la forme physique, c'est la forme, c'est la structure, c'est tout ce qui va permettre de structurer les choses.
Uranus, on pourrait dire, ça peut être aussi toute la folie débordante, et donc, de ce fait, prendre les deux ensemble, c'est construire quelque chose de nouveau, construire quelque chose de neuf, à partir du moment où on va remettre en question un vieux système qui n'est plus établi. Alors, on va voir le cycle par rapport à Saturne-Uranus, qui est un cycle qui dure environ 45 ans, et que donc, la dernière conjonction qui s'est faite entre ces deux planètes a eu lieu en 88, 1988.
Et donc, le cycle, 45 ans, ça va nous amener à peu près jusqu'en 2032, où aura la nouvelle conjonction. En 1988, cette conjonction s'était faite dans les derniers degrés du Sagittaire, dans les trois derniers degrés du Sagittaire. Elle s'est faite trois fois pendant l'année 88. Alors, l'année 88, c'est intéressant parce que, en fait, dans cette année 88, on est aux prémices, on pourrait dire, de changements, puisque l'année 1989, où le cycle démarre, vous avez aussi d'autres cycles qui sont intéressants, qui démarrent à ce moment-là, c'est le cycle Saturne-Neptune.
Et donc, ce cycle Saturne-Neptune, dont André Barbeau a beaucoup parlé, par rapport à la construction, à la déconstruction du système communiste, puisque Saturne-Neptune, 1917-1953, les conjonctions 1989.