Comprendre l'Astrologie d'aujourd'hui à travers ses fondements historiques
L’Astrologie a beaucoup évolué au fil de l’histoire, et l’usage que « les puissants de ce monde » ont pu en faire, reflète, sans conteste, un marqueur déterminant dans l’histoire de la pensée, de l’anthropologie, de la philosophie et de la spiritualité. Catherine Gestas nous propose ici de mettre en perspective les fondements historiques de l’Astrologie, afin de mieux évaluer l’acuité que cet Art quinqua-millénaire pourrait apporter à l’homme d’aujourd’hui.
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« Aller de l’avant, mais avec un œil dans le rétroviseur » telle est sa proposition, d’essence prospectiviste. Une exigence épistémologique.


« On ne ressort pas d’une consultation astrologique avec une simple liste de conseils, non. La consultation doit tendre vers une ouverture de conscience, vers cet Eurêka ».
« Religion » en Mésopotamie, devenue « science » pendant la période gréco-romaine puis « outil de prédiction » à la Renaissance : l’Astrologie a évolué au même rythme que la conscience de l’homme. Et de ses rapports aux dieux, à ses rois, prêtres et devins, puis à ses scientifiques et « médecins de l’âme ».


« Il ne faut jamais perdre de vue la graduation inconscient personnel, inconscient trans-générationnel puis inconscient collectif / archétypes » nous-rappelle Catherine Gestas
Cosmos signifie ordre et harmonie. A l’aune d’un soucis de soi qui gagne en ampleur (alimentation bio, yoga, développement personnel), de révolutions scientifiques sans pareil (physique quantique, Internet, biométrie) : quelles influences et quel message les astres, qui planent au-dessus de nous depuis des millions d’années ont encore à nous transmettre ?
Eléments de réponse de Catherine Gestas dans cet exposé enregistré lors du colloque « Parlons Avenir ! » organisé par la FDAF (Fédération des Astrologues Francophones), le 22 février 2020, à Paris.
Extrait de la vidéo
Les fondements et les origines de l'astrologie Écoutez, je suis ravie de vous retrouver tous pour parler d'aujourd'hui d'un sujet un peu différent de ce que j'ai l'habitude de traiter habituellement, à savoir les fondements et les origines de l'astrologie. Je commencerai par dire que la plupart des propos qui concernent l'astrologie se situent bien souvent au niveau des croyances et rarement au niveau des connaissances.
Déjà, Isaac Newton, au XVIe siècle, disait à un détracteur de l'astrologie « La différence entre vous et moi, monsieur, c'est que moi, j'ai appris l'astrologie. » Ne pourrions-nous pas, à notre tour, nous intéresser aux origines et aux fondements de l'astrologie dans ce congrès qui nous parle d'avenir ? Pour aller vers l'avenir, il faut s'asseoir sur un socle conséquent lié au passé. Parole de personnes spécialisées en astrologie transgénérationnelle.
Alors, comment nous allons procéder pour une conférence qui dure 40 minutes ? Pas facile ! Eh bien, nous allons tout d'abord parler de l'astrologie sumérienne et voir en quoi cette astrologie a été basée sur la religion. Ensuite, nous aborderons l'astrologie gréco-romaine dont le fondement était la science pour arriver à l'astrologie de la Renaissance où l'astrologie était liée aux prédictions.
Ce rapide tour d'horizon nous permettra sans doute de nous libérer des idées fausses par rapport à l'astrologie. L'astrologie n'est plus une religion aujourd'hui. L'astrologie n'est pas une science. Déjà, vous vous souvenez quand à chaque fois on participait à des tables rondes avec Michel Cazenave, première question, Madame Gestas, est-ce que l'astrologie est une science ?
Non, l'astrologie n'est plus une science. L'astrologie n'est pas uniquement un outil de prédiction. Libérée de ces idées fausses, nous pourrons aborder sereinement l'astrologie d'aujourd'hui avec ses perspectives pour le futur. Allons à Babylone, les origines sumériennes de l'astrologie.
Regardez ce beau slide. L'astrologie s'enracine dans le regard émerveillé face au ciel étoilé. Et je me souviens des soirées à Diolophie. Tu as connu Gilles et Samuel, les soirées à Diolophie où on observait les étoiles avec Alexandre Ruberti.
Mon amour de l'astrologie date de cette période. Et Yvan était le premier au manette, mais Alex était à côté. Donc l'astrologie s'origine devant ce regard émerveillé. Alors, comme en témoigne une ode aux étoiles, que je ne vais pas vous dire, mais ça commence par la lune qui se lève, argentée, etc.
Une des premières personnes, des premiers astrologues à s'intéresser à l'astrologie, c'est pour dire cet émerveillement devant le ciel étoilé. Et cet homme a pris un stylo biseauté pour écrire l'écriture cunéiforme si caractéristique de cette époque. On est au 3e siècle avant Jésus-Christ. 3e siècle avant Jésus-Christ, naissance de l'écriture et en même temps naissance de l'astrologie.
Comme si, dès que l'homme apprend à écrire, 3e millénaire avant Jésus-Christ, bien évidemment, comme si l'homme, en haut, écrire, c'était parler astrologie. Dès le 3e millénaire avant Jésus-Christ, on repère les premières observations des étoiles, particulièrement les phénomènes irréguliers, les comètes, les éclipses. Très rapidement, les astrologues constatent la répétition de certains phénomènes et l'astrologie va être, dans son fondement, une mise en ordre du monde.
Alors c'est intéressant, parce que le mot cosmos veut dire deux choses. Ouverture à la beauté et le mot cosmos dit aussi mise en ordre. Et qu'est-ce que l'astrologie ? Si ce n'est une mise en ordre du monde avec le langage métaphorique de l'astrologie, une mise en ordre du monde avec le langage de la cosmographie.
Alors, comment se passaient les observations ? Alors, les astrologues de cette époque étaient bien évidemment convaincus d'une ressemblance entre les événements célestes et les événements terrestres, ce qui est la base de l'astrologie. Et les astrologues de cette époque, qui étaient des prêtres, avaient l'habitude de noter absolument tout. C'est-à-dire l'augmentation du prix des grains, les épidémies, les couronnements.
Et à partir de cela, s'est constituée une véritable bibliothèque de la prévision. On est en Mésopotamie. Cette bibliothèque était centralisée à Babylone et il y avait des milliers de tablettes en argile qui étaient reçues. Ainsi, a été vraiment finalisé un premier corpus d'observation de l'astrologie.
Alors, comment procédaient-ils à leur observation ? Cela peut être intéressant. Par l'intermédiaire des ziggourats, qui sont en fait l'ancêtre de nos premiers centres d'observation astrologique. Alors, la ziggourate, là c'est un tableau de Bruegel l'Ancien qui vous montre, c'est une pyramide à sept étages qui correspond aux sept planètes connues dans cette astrologie.
Et naturellement, le prêtre astrologue se tenait sur le gradin central. Cette ziggourate était organisée selon les quatre points cardinaux. Et alors, c'est intéressant de voir que le mot ziggourate veut dire aussi colline de Dieu. Et c'est assez intéressant de voir que qui étaient les astrologues à cette époque ?
Essentiellement des prêtres. Et leur but, quand ils observaient les étoiles, c'était de capter l'intention des dieux, de recevoir l'intention des dieux pour organiser le monde. Magnifique, non ? Et là, vous avez effectivement un saut babylonien de l'époque et qui vous montre un prêtre en train d'adorer le dieu Marduk qui était un dieu de Babylone.
Et vous avez, qu'on ne voit pas très bien, l'idéogramme de l'étoile. Et alors, c'est intéressant de savoir que le mot étoile dérive du mot Dieu et c'est sans doute lié à l'astrologie babylonienne brillée, éclairée. Voilà, donc intéressant. Alors, que reste-t-il de cette astrologie ?
Eh bien, deux choses importantes. Tout d'abord, une mise en ordre du temps grâce aux calendriers. Calendriers, les jours de la semaine liés aux planètes, vous connaissez tous ça. Et des calendriers qui étaient surtout, à cette époque-là, des calendriers pour mettre en ordre les activités agricoles.
Alors, calendriers qui parlaient aussi des jours fastes et des jours néfastes. Et qu'est-ce qu'il reste de cette astrologie ? Bien évidemment, la découverte des constellations zodiacales, cette bande d'étoiles dans le ciel qui, effectivement, cartographie la carte du ciel, la course du soleil dans le ciel. Et c'est assez amusant.
Alors, on retrouvait des signes astrologiques qui étaient un peu différents. Par exemple, le bélier s'appelait l'épi de la Vierge. Le taureau s'appelait le taureau du ciel. Qu'est-ce qu'il y avait encore comme différence ?
Le capricorne s'appelait le poisson, le poisson-chèvre.