François Jollivet-Castelot : de l’alchimie au Communisme spiritualiste
François Jollivet-Castelot né à Douai le 8 juillet 1874, et mort en 1937 dans un accident de voiture, était un occultiste et alchimiste français. Promoteur de l'hyperchimie, discipline associant la métaphysique à la chimie opérative, il a promu une doctrine moniste selon laquelle la matière, l'âme, la vie et l'énergie ne font qu'un.
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Tout dans la nature évoluant et se transformant sans cesse. François Jollivet-Castelot a aussi été profondément influencé par l'œuvre de Charles Fourier et le communisme chrétien.


Le communisme peut-il s'affranchir du matérialisme ? Jollivet-Castelot, pour avoir posé la question, en fut à ses frais...
Jean Vilbas, qui vit et travaille à Douai nous relate ici la vie et l’œuvre de François Jollivet-Castelot. Son exposé se structure en quatre parties
1. Sa biographie
2. Son cheminement inattendu dans l’ésotérisme et les « sciences maudites ».
3. L’ésotérisme et la politique : quelles interactions entre ces deux engagements et quelle cohérence.
A travers le Un, entrevoir l’Universel, n’est-ce pas là la quête que poursuivent tant les utopies sociales que des alchimistes ? Un exposé passionnant filmé lors des dernières rencontres Politica Hermetica.
Extrait de la vidéo
C'est la première fois qu'il s'occupe en particulier de l'héritage de Marceline Desbordes d'Allemande, dans la ville de Douai, qui ne se trouve pas au sud de Toulouse, mais comme certains pourraient l'imaginer, dans le Nord. Et il va nous parler de Jean-Louis Castelot, qui est un, comment dirais-je, qui était du coin de ces gens-là. Oui, c'est un Douaisien, oui. Je ne me trompe, c'est un Douaisien.
Et son sujet, c'est donc des sciences maudites au communisme spiritualiste, cheminement ésotérique et parcours politique de François-Jean-Louis Castelot. Un sujet qui est peu, extrêmement peu, connu, car en particulier au niveau des filles académiques, il existe une thèse de doctorat troisième cycle survenue de Castelot, qui a été soutenue il y a, je crois, 30 ans, facilement, dont je ne sais absolument plus, même les enfants en main, je ne sais absolument plus ce qu'elle valait ou ce qu'elle ne valait pas.
Mais de toute façon, depuis lors, l'académie, ou disons l'université, pour parler français, l'académisme étant évidemment au sens de l'université étant un ambitisme, l'université est restée d'une discrétion formidable concernant les personnages, comme je le disais, Castelot, dont l'impact, la célébrité et l'œuvre, en tout cas en leur temps, ont été beaucoup plus importants que la plupart d'entre nous ne réalisent aujourd'hui.
Je passe donc la parole, sans plus tarder, à M. Dupas. – Je vous remercie de votre invitation et je disais que j'avouais ne pas avoir croisé, jusqu'au moment où j'ai répondu à votre invitation, l'article de Roger Vandeleuw intitulé « De la Rose-Croix au communisme spiritualisme » édité en 2007. Je me suis donc procuré le volume ce matin, mais j'ai quand même pu lire l'article en ligne.
Alors, je m'inscris donc dans d'augustes traces qui me précèdent pour l'exposé de ce matin et j'espère en éviter quelques redites. Alors, mon exposé sera structuré en trois moments. Après quelques rappels biographiques, je vous proposerai une plongée dans l'importante littérature produite par Jolivet Castelot, ça c'est ma touche de bibliothécaire, pour dégager quelques lignes de force sur ses interrogations.
Dans un second temps, j'insisterai sur le caractère improbable des cheminements ésotériques et politiques de Jolivet Castelot au vu de son milieu d'origine. Et ma troisième partie corrigera une faiblesse, me semble-t-il, du titre qui laisse croire que Jolivet Castelot est passé de l'ésotérisme à l'engagement politique, alors que ces deux cheminements sont parallèles, sont imbriqués, se conjuguent et se questionnent mutuellement.
Alors, quelques éléments biographiques d'abord. Voici donc deux représentations de Jolivet Castelot. Un portrait de lui à un âge assez jeune, une vingtaine d'années, au moment où il publie son premier ouvrage qui est La vie de la matière. Et puis un ex-libris, une gravure qu'il représente dans son atelier de la Société Alchimique de France avec des symboles rosicruciens et gnostiques qui l'entourent.
Alors, Jolivet Castelot naît donc à Douai le 8 juillet 1874 dans un milieu bourgeois. Son père, alors je ne sais pas si vous verrez tous les détails de la généalogie, mais à Grottray, son père a été vice-consul à Beyrouth et sa mère, famille originaire de Bretagne, et sa mère vient d'une famille originaire de négociants, originaire de Lorraine, mais établie à Douai depuis plusieurs générations. Il a deux sœurs.
Une sœur qui s'appelle Pauline et qui épousera un avocat douésien. Ce sont les seuls Jolivet Castelot toujours présents à Douai actuellement. Une autre sœur qu'il nomme Thérèse dans son roman autobiographique, mais qui n'est pas attestée dans les généalogies, et un frère qui s'appelle Louis. Il étudie comme tout fils de bonne famille au lycée Saint-Jean de Douai et au cours de ses études, et en parallèle de ses études, je dirais, il va découvrir à la fois l'histoire de l'Égypte, les sciences, la philosophie, la théologie, mais également l'occultisme.
Le premier livre qu'il va publier, c'est donc en 1894 « La vie et l'âme de la matière », et il va ensuite avoir une activité littéraire abondante. Il ne semble pas avoir exercé d'activité salariée, mais il a pu vivre de ses rentes et se consacrer complètement à l'étude. Dans son roman autobiographique, dont je vous parlerai dans quelques instants, il évoque aussi la découverte des plaisirs de la chair, de l'adolescent et du jeune adulte qu'il est, donc son ascèse n'est absolument pas ascétique en ce sens-là.
Et il va épouser deux femmes, une première qui s'appelle Léonie Marpeau, qui est issue du monde ouvrier, et c'est un mariage hors classe qui est très mal vu, bien sûr, par sa famille. Et de cette Léonie, il aura quatre enfants, quatre fils, et ensuite il épousera en 1924, quelques années après la mort de Léonie, Malvina Ducasse, qui est une riche veuve protestante d'origine suisse. L'élément le plus important de la vie d'Olivier Castelot, c'est son initiation dans l'ordre cabalistique de la Rose-Croix en 1896, et dans l'ordre martiniste en 1897.
Il le commente abondamment, il décrit même cette initiation dans son roman autobiographique. Il va être missionné par Papus comme délégué de l'ordre martiniste, être engagé aussi dans la faculté des sciences hermétiques qui fonctionne à Paris, et il va créer à Douai une loge d'Isis et une société alchimique de France qui est présidée par Camille Flammarion, qui a joué un rôle important dans l'évolution d'Olivier Castelot vers l'ésotérisme, et cette société rassemble plusieurs figures douésiennes, Doge et Delassus, qui apparaissent sous des noms légèrement corrigés dans le roman autobiographique.
Autre étape importante de la vie de François-Olivier Castelot, c'est son adhésion en 1920 au Parti communiste français, à la section française internationale communiste, et il en sera exclu en 1926. Il meurt le 22 avril 1937 dans des conditions assez mystérieuses d'un accident de voiture. Il va plonger dans les textes d'Olivier Castelot. L'alchimie occupe, sur la trentaine d'ouvrages publiés par Olivier Castelot, une grande part, à peu près un tiers de ses écrits sont consacrés à l'alchimie.
Le premier livre dont je vous parlais tout à l'heure, La vie et l'âme de la matière, un des derniers livres, Études d'hyperchimie, chimie et alchimie, tous les deux publiés à Paris, le premier en 1894, le second en 1928. L'ensemble de cette production autour de la question de l'alchimie démontre une démarche scientiste qui est celle de Jolivet Castelot. Pour lui, la chimie et l'alchimie ne sont qu'une seule et même science avec une seule et même méthode pour les découvrir.