Rodolphe Milliat : « Mon parcours en yoga »

Rodolphe Milliat évoque dans cet entretien les grandes étapes et les rencontres marquantes qui ont façonné « son parcours en yoga ». Une trajectoire qui démarre dans ses jeunes années, par les arts martiaux et la course de fond. Sa découverte d’un premier yoga, très postural suivi d’une réconciliation, inattendue, avec ses racines judéo-chrétiennes, par l’intermédiaire de Marie-Madeleine Davy

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S'il commence par la méthode Iyengar, reconnue pour sa rigueur posturale, il explique comment son parcours a évolué d'une pratique purement physique vers une recherche de sens. Pour lui, le corps n'est pas une fin en soi, mais un outil alchimique permettant d'accéder à des états de conscience subtils, et modifiés.

Frédéric Blanc, Interview de Rodolphe MilliatRodolphe Milliat - Interview yoga, BAGLIS TV

« En regard de mon parcours dans l’athlétisme, le yoga m’a permis d'accéder à des états de conscience modifiée beaucoup plus durables. Et volontaires, surtout »

La rencontre avec le « Yogi Silencieux » de Madras. Un point central dans son parcours est sa relation de vingt ans avec son maître, Sri Sri Sri Saccidananda Yogi de Madras. Rodolphe Milliat souligne l'importance de la transmission directe, le lien maître disciple, ainsi que le rôle du silence.

Il décrit comment ce maître, qui avait fait vœu de silence pendant 40 ans, a transformé sa compréhension du yoga, l'éloignant du bavardage intellectuel pour l'ancrer dans une expérience vécue et vibratoire.

Le yoga comme science du souffle et de l'équilibre (Samatvam)

Loin des clichés du yoga « gymnastique », et des modes éphémères qui en découlent, l'entretien met en avant une pratique complète intégrant le Pranayama (contrôle du souffle) et les Mantras (sons sacrés dont la répétition, créé un effet profond dans le corps – un autre entretien* est prévu spécifiquement sur les Mantras).
Rodolphe Milliat définit le yoga comme l'art de l'équanimité : rester égal à soi-même dans le succès comme dans l'échec. Son engagement à travers son école (CEFYTO) et sa maison d’édition (India Universalis) vise à préserver cette liberté spirituelle et cette authenticité millénaire face aux intempestives perturbations du monde moderne.

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Editions India Universalis : deux livres viennent de paraitre
Vers l’Inde à pied
Benjamin Viatte
Une quête spirituelle qui a poussé Benjamin Viatte à marcher pendant 6 ans 1/2 pour atteindre l’Inde, 14000 km parcourus et 18 pays traversés.
Lien : https://www.cefyto.fr/livres/livre/vers-linde-a-pied/

Allers-retours entre l’Inde et la France
Rodolphe Milliat
Treize années d’expériences et de voyages entre la France et l’Inde. autant d’articles sur le yoga, sa pédagogie, sa signification contemporaine, le Tantrisme et le Shaktisme…
lien : https://www.cefyto.fr/livres/livre/allers-retours-entre-linde-et-la-france/

Liste de nos entretiens collection "Yoga éternel" :
Entre tradition et modernité : quelle transmission du yoga ?   Yann Le Boucher, Rodolphe Milliat, Anne Bouillon (animatrice)
Le corps comme voie de transformation spirituelle ? Regards croisés entre Orient et Occident - Jean-Marc Vivenza, Anne Bouillon (animatrice)
Une histoire du yoga : 3 500 ans d’adaptation et d’évolution pour un message atemporel et universel - Rodolphe Milliat, Frédéric Blanc (animateur)
Corps énergétique et kundalini - Christian Tikhomiroff, Sandrine Cilia (animatrice)
Vivre sa vie comme une œuvre d’art via le tantra (hindouisme et bouddhisme en miroir) - Jean-Marc Vivenza, David Dubois, Anne Bouillon (animatrice)
Rodolphe Milliat : « mon parcours en Yoga » - Rodolphe Milliat, Frédéric Blanc (animateur)
Advaita vedanta et "non-dualité" : approches plurielles, ou unifiées ? Yann Le Boucher, David Dubois, Frédéric Blanc (animateur)
Christian Tikhomiroff, un shivaïte d'aujourd'hui - Christian Tikhomiroff, Sandrine Cilia (animatrice)
La dimension alchimique du Yoga : le Corps Yogique - Rodolphe Milliat, Frédéric Blanc (animateur)
Idéalisme magique et tantra - Jean-Marc Vivenza, David Dubois, Anne Bouillon (animatrice)    
L'Adhyatma Yoga de Swami Prajnanpad - Yann Le Boucher Frédéric Blanc (animateur)
Tantra d’hier et d’aujourd’hui - Rodolphe Milliat, David Dubois, Nicolas Noldus (animateur)
Le Banquet de Shiva - Christian Tikhomiroff, Sandrine Cilia (animatrice)
Abhinavagupta et le Shivaïsme du Cachemire - David Dubois, Nicolas Noldus (animateur)
Les mantras et leurs objectifs selon B Bhattacharya - Rodolphe Milliat Frédéric Blanc (animateur)
Les « élements » du natha yoga - Christian Tikhomiroff, Sandrine Cilia (animatrice)
Le monde du Tantra de B. Bhattacharya - Rodolphe Milliat, Frédéric Blanc (animateur)

Extrait de la vidéo

Bonjour Rodolphe Milliat, vous avez passé une grande partie de votre vie à vous passionner pour le yoga, que vous avez étudié, que vous avez pratiqué, que vous enseignez d'une certaine manière, sur lequel vous écrivez. Quand et dans quelles circonstances avez-vous été amené à vous intéresser au yoga ? J'ai d'abord une enfance et un passé sportif.

J'étais un enfant malingre, un malade de système nerveux, donc j'ai dû renforcer tout ça dans des exercices multisport. Puis je me suis spécialisé dans la course à pied, mais aussi dans les arts martiaux japonais. Je me suis lassé un petit peu des arts martiaux japonais et là j'ai commencé vers les 18-20 ans aussi. Parallèlement aux arts martiaux japonais, je me suis intéressé aussi au bouddhisme d'extrême-orient, le zen japonais, mais aussi, qui n'était pas tout à fait à la mode encore, le bouddhisme tibétain, le lamaïsme. Et ce n'est que plus tard, vers les 23 ans, que je me suis véritablement intéressé au yoga. Alors c'est sûrement pas un hasard, mais en tout cas, c'est pas vraiment une recherche personnelle. C'est-à-dire que je recherchais, dans la commune où j'habitais, dans la banlieue nord de Paris, c'était à l'époque c'était à Soisy-sous-Montmorency, je recherchais un cours de haïkido, donc encore dans la mouvance arts martiaux japonais.

Je n'ai pas trouvé, mais j'ai trouvé une affiche dans un gymnase qui m'a stupéfié.

C'était un jeune professeur de yoga qui avait fait des très belles photos en noir et blanc, et là, stupeur et tremblement, je suis tombé en admiration. Et moi qui avais un passé, un lourd passé de sport, je me suis dit, oh là là, derrière, il y a du travail. C'est comme ça que je suis rentré dans la voie du yoga, par la porte qui m'était la plus accessible, c'est-à-dire par le sport, donc par un yoga très physique, très technique et très physique, à savoir celui de M. BKS Ayengar, dont mon premier professeur, même mes deux premiers professeurs, qui étaient de jeunes professeurs, qui avaient mon âge à peu près, revenaient de deux longs séjours chez M. Ayengar à Pouna. Et donc j'ai appris par leur intermédiaire, et assez rapidement, avec mon premier professeur, qui s'appelait Sylvain Brunier, nous sommes allés, ma femme, Sylvain et moi-même, en Inde, chez Ayengar.

Je l'avais déjà rencontré à Paris, parce qu'il venait régulièrement, chaque année, faire des, non pas des conférences, mais des ateliers.

Vous êtes parti en Inde, vous êtes resté combien de temps ?

Pas longtemps, je suis resté trois semaines, trois semaines intensives auprès de ce maître, et puis j'ai continué dans cette voie-là, puisque je ne connaissais que celle-ci, dans l'univers du yoga, pendant sept, huit ans, sept, huit années.

Et là, vous étiez intéressé exclusivement par l'aspect renforcement physique ?

Non, non, non, pas exclusivement, mais c'était ce qu'on me donnait à manger.

Oui, d'accord.

La technique, la précision, sont des choses qui m'ont été très utiles par la suite, mais que je me suis fait fort d'oublier le plus vite possible par la suite.

Et quand est-ce que le yoga est devenu autre chose ?

Plus que...

Non, c'est-à-dire que dès le premier jour où j'ai franchi la porte de ce gymnase, où l'on enseignait le yoga, c'est devenu le centre de mon existence.

Je ne parle pas de mon existence familiale, avec ma femme, mes enfants, ma profession.

Le cœur même de mes inspirations tournait à ce moment-là, à partir de ce moment-là, autour du yoga.

D'accord.

Mais c'est fort, ça.

Pourquoi est-ce que c'est devenu...

Vous cherchez un cours d'aïkido, vous trouvez ça, et dès que vous entrez, ça devient le cœur de votre existence.

Qu'est-ce qui vous a tellement touché ?

Je vous dirais une réponse très simple.

J'étais habitué à la souffrance physique, mais c'était la souffrance dans le mouvement.

Quand on est coureur à pied de demi-fond, de fond, on sait souffrir.

Mais je n'avais encore jamais rencontré la souffrance immobile.

Et avec Ayengar, j'étais servi.

Évidemment, ça s'est transformé progressivement, beaucoup moins de souffrance et beaucoup plus de jouissance.

Donc là, vous découvrez un autre type de souffrance, mais ce n'est pas ça qui explique que ce soit devenu instantanément le cœur de votre existence.

Mais si, parce que c'est une expérience profonde, une expérience immédiate, intérieure.

La première fois que j'ai fait du yoga, c'était une expérience physique, on va dire, mais aussi psychophysique.

Et donc ça, ça a été ma voie jusqu'à aujourd'hui, ma voie de base, si je puis dire, dans le yoga.

Est-ce que vous pouvez développer sur le côté psychophysique ?

Oui, c'est-à-dire qu'on est amené à vivre des changements d'état de conscience quand on pratique véritablement le hatha yoga.

Et ça, ça devient une drogue dure.

C'est-à-dire que c'est quelque chose que l'on cherche à cultiver, que l'on cherche à reproduire par la technique, par l'expérience et par la répétition.

Donc ça devient très important dans son équilibre personnel.

Et donc ces changements d'état de conscience, puisque vous aviez pratiqué intensément d'autres formes de sport, donc si j'ai bien compris, la course à pied, différents arts martiaux, etc.

Ça, vous ne l'aviez jamais expérimenté dans aucune autre forme de sport ?

C'est pas la même chose.

Et avec le yoga, ce sont des sensations beaucoup plus durables, beaucoup plus stabilisées et volontaires.

Et est-ce que vous pouvez préciser, si vous le pouvez, le type de changement d'état de conscience ? En donner un exemple concret pour ceux qui nous regardent.

Les premières expériences énergétiques sont étonnantes pour ma part, mais je pense que c'est, peut-être pas universel, mais je pense que c'est largement partagé.

Les premières expériences énergétiques se font dans le bas du corps.

C'est un petit peu comme des expériences sexuelles.

C'est ce qu'on appelle la Kundalini aussi.

Alors avec le Hatha Yoga, ce sont des expériences relativement contrôlées.

Ça monte, ça descend, ça monte, ça descend, oui c'est contrôlé.

Et donc, ces expériences-là, je m'en souviens très bien, la première fois que ça nous arrive, c'était dans le ventre, c'était dans le bas du dos, et puis peu à peu, avec les pratiques différenciées, ça a commencé à monter dans le corps, ça a commencé à envahir le corps et les membres, voire au-delà, même quelques dizaines d'années plus tard, jusqu'au niveau de la tête.

Donc ça, c'est la lente expérience contrôlée de la Kundalini à travers la pratique du Hatha Yoga.

Donc j'aimerais qu'on revienne à la chronologie, donc vous découvrez ce cours de yoga dans la tradition d'Ayangar, et on en est intéressé à vous pratiquer pendant 7-8 ans.

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