Approches quantiques de la conscience
La physique quantique peut-elle contribuer à expliquer le mystère de la conscience ? Comme, en son temps, le magnétisme, puis les rayons X, puis les ondes électromagnétiques : les dernières découvertes en physique quantique ouvrent-t-elles de nouvelles voies explicatives des phénomènes inexpliqués du Psi* ? Précisons d’emblée que Pierre Uzan n’appartient pas à cette vague d’auteurs new-âgeux dont les livres surfent avec les termes de quantique, de conscience, le tout nappé dans un épais brouillard d’approximations.
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Non, sa démarche se base sur une épistémologie sérieuse, qui part des sciences « dures » (quantique, neurosciences) et s’approche progressivement de certaines, plus « molles », (phénoménologie, parapsychologie) en ayant bien soin de distinguer leurs lignes de crêtes respectives.


Théorie quantique des champs et percepts conscients
Pierre Uzan soulignera ainsi que la compréhension du phénomène de la conscience se heurte, depuis de nombreuses années à deux difficultés majeures :
- d’une part, comment rendre compte du fait que plusieurs régions du cerveau, pourtant éloignées les unes des autres, parviennent, apparemment de manière inexplicable, à se synchroniser pour aboutir à la construction de ce que l’on appelle des « percepts conscients ». Pierre Uzan nous montrera ainsi que certains modèles, utilisant une propriété fondamentale de « la théorie quantique des champs », peuvent être une explication à ce phénomène.
- d’autre part, et sur un plan plus conceptuel, comment rendre compte du fossé explicatif qui existe entre l’expérience subjective d’un sujet, à savoir « ce qu’il peut ressentir en lui », d’une manière en quelque sorte « privée », et les corrélats neurophysiologiques que la science peut décrire de manière objective, en observant son cerveau de l’extérieur.


Là encore, Pierre Uzan tentera de nous démontrer que certaines approches développées dans le cadre d’une théorie quantique généralisée peuvent permettre de surmonter ce fossé explicatif. Et donc d’ébaucher des réponses !
Une conférence publique filmée à l’IMI, Institut Métapsychique International que nous remercions.
* rappelons que la dénomination Psi vient des britanniques Thouless et Wiesner qui ont introduit, en 1942, l’expression "Phénomène psi" (et non "psy" !) qui se veut être un terme neutre simplement destiné à désigner le "facteur inconnu" dans les expériences de parapsychologie, en opposition avec les communications sensori-motrices habituelles. Le terme psi signifie ainsi de façon générale une communication anormale avec l’environnement (perceptions extra-sensorielles ou psychokinèse). On utilise fréquemment en parapsychologie les expressions de « sujet psi », de « perceptions psi » et de « phénomènes psi ».
Extrait de la vidéo
Je vous remercie de votre présence, et je remercie les amis de l'invitation, et Monsieur Desbames en particulier. Je vais donc vous parler des approches quantiques de la conscience qui ont été développées, qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées, et qui ont été développées.
Je vais donc vous parler des approches quantiques de la conscience qui ont été proposées, qui ont été développées depuis la naissance de la physique quantique, ou un petit peu après, donc à peu près depuis le milieu du XXe siècle. Ce que je vais vous raconter est tiré essentiellement du livre « Conscience et physique quantique » édité aux éditions Vrin, et je compléterai évidemment, puisque depuis 2013, il y a 50 qui se sont écoulées, je compléterai par des recherches ultérieures que j'ai effectuées, qui sont publiées dans plusieurs revues de philosophie des sciences et de philosophie de l'esprit.
Alors, mon exposé va se dérouler de la façon suivante. Je vais commencer par introduire la problématique, conscience physique quantique. Donc de poser la ou les questions, et de dire comment à partir de la théorie quantique on peut dire des choses sur la conscience, ce qui n'est pas admis de façon tout à fait unanime, il y a même des controverses, je vous en parlerai brièvement. Puis je procéderai à un état des lieux entre conscience et physique quantique de cette problématique, donc sur plusieurs plans.
Sémantique déjà, parce que le mot conscience veut dire plusieurs choses, donc déjà il faut savoir de quoi on parle. Philosophique, car toute recherche sur la conscience se réfère et fait appel à une conception particulière de la relation du corps et de l'esprit. Donc c'est un état des lieux philosophique et neurobiologique, je vous parlerai des modèles qui sont développés actuellement par les neurobiologistes pour comprendre la conscience, pour expliquer la conscience du monde.
Ceci nous mènera à répertorier deux grandes questions qui sont laissées en suspens par les approches contemporaines et les approches classiques philosophiques. Et c'est là la deuxième partie, je vous parlerai des approches quantiques de la conscience, le thème c'est comment la théorie quantique peut nous aider à résoudre les questions laissées en suspens par les recherches actuelles et par les recherches classiques depuis Descartes et même avant, la problématique de la relation entre le corps et l'esprit par exemple.
Il y aura deux approches quantiques qui utilisent la théorie quantique. Donc la première utilise vraiment la physique quantique, c'est une physique, elle utilise la théorie quantique comme une théorie de la matière, la physique quantique c'est sa vocation initiale, c'est là pour décrire la matière et ses propriétés, donc l'utilisation de la physique quantique mais aussi la théorie quantique qui est utilisée pour son pouvoir expressif, c'est-à-dire pour ses concepts comme le concept d'intrication, de complémentarité et aussi pour le formalisme qui permet d'exprimer ses concepts qu'on ne peut pas faire avec la physique classique ou avec la neurobiologie classique.
L'intrication c'est inconnu. Je vais développer ces deux approches, enfin je vais vous dire quelles sont les conclusions auxquelles peuvent aboutir ces deux approches. Donc on va commencer par un état des lieux. Avant l'introduction, je pose la question quel est l'apport de la théorie quantique à la compréhension des phénomènes de la conscience ?
Malgré d'importantes avancées dans ce domaine, on n'a pas de consensus et on a même une controverse depuis le début, depuis les propositions de physiciens quantiques ou de neurobiologistes qui s'intéressaient à la physique quantique. Comme exemple, j'ai pris la phrase de Jean Delacour dans son livre « Conscience et cerveau » qui nous dit, voilà, c'est très méchant, les propositions pour utiliser la physique quantique pour construire une théorie de la conscience sont vagues et insuffisantes et ne constituent qu'un avatar de la résistance de l'étude scientifique de la conscience.
Quand on a vu ça, on se dit, est-ce qu'on continue ? On arrête tout. Jean Delacour, c'est quelqu'un de connu. Bon, en fait, il fait allusion surtout aux approches dualistes quantiques dont je vous parlerai en détail.
Mais je réponds à ce jugement de valeur un peu rapide que si certaines des propositions pour utiliser la théorie quantique semblent en effet ne rien apporter, comme les approches dualistes quantiques dont je parlerai tout à l'heure, eh bien d'autres s'avèrent très prometteuses et je vais vous parler principalement de ces approches qui sont prometteuses tout en faisant allusion aux autres aussi, en passant, bien sûr.
Donc la théorie quantique, comme je vous l'ai dit, peut être utilisée en tant que physique pour expliquer, en termes de synchronie neuronale, la cohérence à grande échelle du fonctionnement du cerveau, car on en a besoin pour expliquer la conscience. On a besoin de dire que le cerveau fonctionne de façon synchronisée, de façon cohérente. Donc pour ça, les chercheurs qui ont développé cette voie utilisent des résultats de la théorie de la matière condensée qui est une branche, une application de la théorie quantique d'échanges, donc c'est le dernier développement de la physique quantique.
Donc là, pour cette première approche, on va explorer le paradigme matérialiste, on ne va pas en sortir, on va juste rajouter la physique quantique, la théorie quantique d'échanges. Par contre ici, on va utiliser la théorie quantique pour son pouvoir expressif, concept et formalisme, pour traiter une question philosophique millénaire qui est la question du fossé explicatif entre d'une part l'expérience subjective, ce qu'on ressent, et d'autre part la description des processus neuronaux, cérébraux, dans le regard de la science, de la neurobiologie aujourd'hui à la troisième personne.
Donc comment concilier ce qu'on ressent à la première personne et ce que décrit la science, la neurobiologie à la troisième personne. On a ce qu'on appelle un fossé explicatif, comment on passe de l'un à l'autre. La théorie quantique, comme je vais vous le montrer, permet en effet une approche systémique des corrélations psychophysiques, c'est-à-dire qu'on ne va pas se demander comment on passe du physique au mental ou du mental au physique, non, on va apprendre tout ça globalement, on va avoir une approche systémique et on va utiliser des concepts comme celui d'intrication, de couple et de mentalité.
Un état des lieux, de la problématique de la relation entre cerveau et conscience, un état des lieux sémantiques tout d'abord, parce que le mot conscience ça veut dire plein de choses, ça peut désigner tout simplement déjà un état de vigilance, si on est en état d'éveil, en état de sommeil, en état de coma, si on est en état de conscience altérée parce qu'on a pris de la drogue, etc. Mais aussi, on a d'autres aspects, comme l'aspect phénoménal, c'est l'expérience subjective, on l'appelle l'aspect phénoménal, parce qu'on a affaire à un phénomène qu'on ne comprend pas très bien, donc on l'a appelé comme ça, tout simplement, par défaut, et qui est encore différent des aspects cognitifs, c'est-à-dire comment je vais aller chercher une information, un souvenir dans mon passé, par exemple, et qui est aussi différent de l'aspect réflexif, c'est-à-dire la capacité d'un sujet à réfléchir sur ses propres pensées et sur soi-même, à se prendre pour objet d'étude, quoi.
Bon, évidemment, les aspects cognitifs, réflexifs et phénoménaux sont fortement imbriqués, comme nous l'explique la psychanalyse, elle nous parle, par exemple, de défense psychologique, pour aller chercher un souvenir, et bien on ne peut pas, des fois, parce que ça nous fait mal, parce qu'il y a un traumatisme qui est associé à ce souvenir, donc ça montre bien qu'il y a