Romans grecs, romans à mystères ? Un état des lieux

Il nous est parvenu du monde grec un grand nombre de textes écrits sous la forme de romans, mais dont le fond met en lumière les mystères et les dieux de leur temps. Allant du simple roman de formation au roman d’amour : mariages, défis, quiproquos, morts et résurrections y sont omniprésents. Le surnaturel, l’association précise d’un dieu à un mythe, aussi. Ces liens sont-ils à la fois fonctionnels et intentionnels ? Ces différents niveaux de lecture cacheraient-ils un message que seuls les initiés de cette époque pouvaient comprendre ?

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Romain Berthes, Docteur en littérature grecque, présente ici son étude des écrits de deux auteurs grecs : Achille Tatius (IIe ap. J.-C.) et Héliodore (IVe ap. J.-C.), l’auteur des « Mystères du Nil ».

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« Ces romans mettent en relation le sacré et l’érotique, le sexuel et le spirituel, le charnel et le transcendant »

Resituer la rédaction, l’accueil, d’un récit dans le contexte de son époque (approche synchronique, qui diffère de la diachronique) est une science, un art de l’interprétation. Car historiens, archéologues et philologues ont parfois des hypothèses divergentes, comme nous le rapporte Romain Brethes à travers les échanges épistolaires de l’allemand Reinhold Merkelbach (1919-2006, philologue et historiens des religions) et le français Robert Turcan (1929-2018, archéologue).

Près de deux millénaires se sont écoulés, et ces textes conservent encore une part de leurs secrets...

Le déclin des civilisations, les occupations guerrières ou commerciales, le prosélytisme de certains prêtres ou rhéteurs ont favorisé ce que l’on nomme une « appropriation culturelle » de ces textes. La mort, la résurrection n’allaient-elles pas entrer « de plain-pied » dans le champ religieux juste après cette époque ?

Ce qui fait dire à Romain Berthes que « certains de ces textes sont de vrais tracts religieux performatifs ».

Et de poursuivre : « d’autant que la vitalité du paganisme de cette époque s’enrichissait, par ses tendances syncrétiques à assimiler de nouveaux éléments religieux dans les structures existantes, avec de la théologie spéculative, des tentations allégoriques et des expériences spirituelles sous l’égide du néo-platonisme ou du néo-pythagorisme ».

Si Emile Zola avait affirmé au siècle précédent « la littérature française est faite pour le roman, et la grecque pour l’épopée », Romain Berthes lui apporte la contraction et nous le démontre : le roman vient d’Orient !

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Enregistrement effectué à l’INHA, Paris, le 20/09/2018. Colloque international "Les mystères au IIe siècle de notre ère : un mysteric Turn ?" organisé par Nicole Belayche (EPHE, PSL / AnHiMA), Philippe Hoffmann (EPHE, PSL / LEM) et Francesco Massa (Université de Genève), auxquels nous adressons nos remerciements.

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