Occident et Orient : un patrimoine architectural commun
Dans cet exposé, Christian Lochon nous emmène à la découverte du patrimoine d'Orient et d'Occident. Il analyse les similitudes et les emprunts de certains monuments, tout en abordant les transformations que connurent les édifices religieux au cours des siècles.
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Les photographies sont signées Christian Lochon et Hubert Lecoq.
Extrait de la vidéo
C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'éthique, il n'y a pas d'idée, il n'y a pas d'idéologie, il n'y a pas d'éthique, il n'y a pas d'idéologie, il n'y a pas d'éthique. Notre propos, c'est de montrer qu'une grande partie, mais vous le savez déjà, de tout ce qui touche aux symboles, y compris les symboles religieux, est venu d'Orient, en amont de Mazdéisme, et puis ensuite, le christianisme et l'islam, qui sont nés, naturellement, dans ces contrées, et qui ont véhiculé un certain nombre de traits particuliers culturels et de symboles, et ce soir, ce sera les symboles architecturaux que nous essaierons de voir ensemble.
Mais ça ne nous empêchera pas de voir un peu plus loin, puisque qui dit architecture, naturellement, dit culture également. Nous partons toujours de la Mésopotamie à deux moments. D'abord, en ce qui concerne l'Antiquité, et dans l'Antiquité, nous nous rappelons que la Mésopotamie, c'est à peu près 6000 av. J.-C., l'Égypte sera 5000 av.
J.-C., donc on a un ensemble de symboles, comme on va le voir peu à peu, qui vont passer de Mésopotamie en Égypte. Nous n'avons pas tous les éléments, parce qu'une partie de la Mésopotamie est sous l'eau, dans le golfe Persique. Mais actuellement, la situation n'a jamais été très favorable. Il faudrait faire de l'archéologie sous-marine pour pouvoir voir des choses qui n'apparaissent pas toujours.
Ce sont les relations entre la Mésopotamie et l'Égypte. Ensuite, d'Égypte, on le sait très bien, c'est la Grèce. On sait bien que Platon, par exemple, un grand nombre de penseurs sont venus se ressourcer en Égypte. Et là, ils ont passé le relais vers l'Europe.
Si l'on regarde une deuxième grande période, c'est la période abbaside. C'est-à-dire celle qui est de 750 à 1250. Et il y a, si vous voulez, comme centre culturel exportateur de symboles, d'idées, de faits religieux, c'est Bagdad. Bagdad qui, pratiquement au IXe siècle, va développer un monde extraordinaire.
C'est une des grandes villes. Cette propension de Bagdad a rassemblé toute la science qui vient d'Asie centrale, qui vient de l'Inde, avec notamment les mathématiques indiennes, le zéro, entre autres. Les commentateurs disent certains que cela a été inventé en Chine. Beaucoup de choses ont été inventées en Chine.
On le localise à peu près vers le IIIe, IVe siècle, en sanscrit, dans des ouvrages sanscrit. Donc, IIIe, IVe siècle après Jésus-Christ. Et puis, l'un des premiers auteurs qui va utiliser le zéro, c'est El-Khawarizmi, c'est-à-dire celui dont le nom a donné Algorithme. El-Khawarizmi, qui était originaire de Bukhara, qui est une oasis près de Bukhara.
Cet afflux de symboles va à nouveau se rendre en Andalousie et de l'Andalousie dans toute l'Europe. Donc, nous avons l'art littéraire et nous allons essayer peu à peu de le montrer. Nous commençons avec un édifice que tout le monde connaît, qui est la Tour de Babel. Ici reconstituée par les autorités irakiennes avec, comme vous le voyez, une rampe extérieure.
C'est ce qui représente le Temple avec un certain nombre de fonctions dans les différents étages. Et puis, au septième étage, il y aura au niveau du ciel, si l'on peut dire, le culte. C'est Ardok, qui est donc le grand dieu à cette époque-là de cette civilisation mésopoétamienne. Et puis là, nous avons la Ziggurat, c'est-à-dire cette Tour de Babel.
La Ziggurat, c'est celle d'Argadrouf qui se trouve à peu près à 150 kilomètres au sud de Babylone. Babel, c'est bien sûr Babylone. Et alors, nous sommes toujours et là, nous nous apercevons de quelque chose qui est extrêmement intéressant. C'est le minaret de Samarra, à 100 kilomètres au nord de Bagdad.
C'est à peu près vers, disons, la El Moutawakil, c'est à peu près 860-870 que le calife qui était sous pression à Bagdad, décide de construire une ville qui serait quand même libérée des manifestations populaires, une sorte de Versailles, si vous voulez, avant l'heure. Et il va s'installer donc dans une ville qui va être construite, Samarra, qui est une ville assez particulière puisque c'est là que le douzième imam des chiaïdes va disparaître.
Donc elle est chargée de symboles. Et là, nous retrouvons un minaret qui est la reproduction, finalement, avec sa, disons, sa rampe extérieure, qui est la reproduction des anciennes ziggurats. C'est-à-dire que nous avons un architecte qui reprend le symbole de l'ancienne ziggurat, le minaret étant précisément le lieu où la prière monte vers le ciel. Alors, sous une forme hélicoïdale, et là, c'est extrêmement intéressant parce que nous allons voir la suite.
Et nous arrivons ici à une mosquée qui est célèbre au Caire. Je ne sais pas qui a été au Caire ici. Vous avez pratiquement tous été au Caire. Et vous avez donc ici la mosquée d'Ibn Touloun.
Alors, la mosquée d'Ibn Touloun est extrêmement intéressante parce que elle a des éléments. Vous voyez, il y a un mur extérieur et puis le mur de la mosquée. Ibn Touloun était le gouverneur abbasside, donc le gouverneur pour le califat de Bagdad. Il était le gouverneur au Caire.
Et donc, son idée, c'est de construire également une mosquée qui ressemble à celle de Samarra avec également un minaret dont nous verrons que l'accès est hélicoïdal. Alors, ce qui est intéressant, voyez-vous, c'est le premier mur. C'est extrêmement intéressant parce que le premier mur n'existe pas dans d'autres mosquées. On rentre dans une mosquée directement.
Mais autour des Ygorath, il y avait un, si je puis dire, un no man's land, quelque chose qui était interdit à la population. Et c'est exactement ce qui