Voyage historique en pays cathare avec Charly Samson

Fin connaisseur du pays cathare, de son histoire, observateur critique de ses récupérations mercantiles et syncrétiques: Charly Samson nous propose ici sa vision du catharisme. Une spiritualité sans concession, certes, mais pétrie d’un esprit de tolérance avant-gardiste pour son temps. En effet, au cœur du haut moyen-âge, les idéaux cathares préfiguraient avec trois siècles d’avance l’esprit de la Renaissance….

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Mais "trop en avance sur leur temps", leur souhait de retourner à un christianisme originel, et cette détestation absolue des dorures et du pouvoir, rencontrèrent les foudres des mêmes adorateurs de tout ce qu’ils méprisaient : Rome escortés de ses prélats belliqueux ainsi que de cette féodalité environnante, sanguinaire et opportuniste…

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Les châteaux cathares : vestiges ou cicatrices du passé ?

Avec un grand souci d’objectivité, et ce malgré son amour inconditionnel pour ces "bonhommes", Charly Samson nous emmène ainsi dans ce premier volet, à la rencontre de ces gens, de leurs terres et de leur mode de vie. Avec la sagesse qui émane de son âge avancé – et de son expérience sur ce sujet – Charly Samson nous donne à méditer la raison profonde de l’anéantissement de ces premiers mystiques, fous de Dieu et non violents : ils furent les premiers bouc-émissaires (cf René Girard décédé en 2015) d’un jeu pervers de géostratégie.

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En effet, indépendamment de leur spiritualité "à part", les cathares représentent les premières victimes innocentes de ce qui allait accoucher plus tard du royaume de France, de ses rapports pour le moins ambitus avec Rome, de la création de sa police de la pensée, l’inquisition, et des guerres fratricides qui allaient ensanglanter un siècle plus tard les Templiers puis nos voisins européens… Cette décadence sanguinaire qui commença au XIIIème puis perdura jusqu’au XXème siècle posa ainsi les strates successives du limon qui constitue "notre monde moderne" …
A noter que le livre de Charly est disponible ici.

Extrait de la vidéo

Et bien bonsoir à tous, merci de nous retrouver pour cette nouvelle émission, ce soir nous allons parler de catharisme, on va faire un voyage initiatique dans le pays cathare, on a la chance de recevoir Charlie Samson, bonsoir Charlie. Bonsoir, bonsoir Jocelyn. Alors Charlie vous êtes écrivain, vous êtes journaliste aussi, conférencier, vous êtes auteur dramatique, vous avez de nombreuses casquettes, vous avez écrit sur de nombreux thèmes qui ont plus ou moins tous ou presque trait au mystérieux, vous vous intéressez beaucoup à l'ésotérisme, au symbole, au symbolisme, à la numérologie, donc ce soir on parle de votre, à partir disons de votre livre, les hauts lieux cathares, vestiges actifs de fortes intemporelles qui est paru aux éditions trajectoires, que je montre ici.

Oui il est paru au mois de juin. Voilà donc un livre tout à fait récent qui est très intéressant, qui nous parle bien sûr de l'aspect historique de ce qu'étaient les cathares, donc ça raconte l'histoire que vous allez nous décrire brièvement, puisqu'on parle donc d'épisodes qui se sont placés au Moyen-Âge, mais vous agrémentez ce récit aussi de tout ce qui justement concerne le côté spirituel et un peu éventuellement ésotérique, un peu mystérieux, qui est lié à cette histoire-là.

Pour commencer, on peut peut-être rétablir certaines petites choses qui font débat, qui font polémique. On parle de château cathare, c'est une appellation qui est elle-même une forme d'hérésie, on pourrait dire, qui est en tout cas une espèce de raccourci historique et surtout touristique. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus ? C'est très récemment qu'on a inventé le pays cathare, le pays cathare, les châteaux cathare, on peut dire les rotisseries cathare, et mieux que ça, j'ai connu à Esperaza, ça n'y est plus maintenant, mais il y a dix ans ça y était, les pompes funèbres cathare, et les pompes funèbres cathare proposaient pas mal de services, y compris les crémations.

Absolument. On ne peut pas faire mieux. Il y a l'image dans votre livre effectivement qui rappelle. Je l'ai photographié évidemment, ça valait la peine.

Donc il faut dire que le département de l'Aude, dans lequel se trouve la plupart de ses vestiges, de ses ruines malheureusement, ce département est un peu coincé entre l'Ariège avec le tourisme de la haute montagne, avec le ski, etc. Et puis en bas, il y a la Méditerranée avec les plages, etc. Et dans l'Aude, qu'est-ce qu'ils avaient ? Alors c'est le conseil général, on peut le dire, qui a eu l'idée, c'est eux qui ont donné l'expression, de trouver une marque commerciale qui définisse bien la région, et ils l'ont appelé le pays cathare.

Voilà. Donc c'est un endroit où vécurent les cathares, ils y ont vécu, ils avaient l'adhésion de la population, ils étaient bien sûr, on peut dire, des gens très respectables, qu'on a traités d'hérétiques, on verra pourquoi on a pris un prétexte, parce qu'il y avait d'autres raisons pour aller leur faire du mal, et automatiquement, on se rend compte que les paillettes de notre XXIe siècle ne nous permettent pas d'aborder avec beaucoup de respect comme ils mériteraient ces vestiges, ces cicatrices du passé, qu'on nomme château cathare.

Alors tout de suite, faisons le point, les cathares étaient des spiritualistes, pour eux, dans leur religion, Dieu avait créé l'esprit, dont l'âme, et le diable, sous d'autres noms, avait créé la matière, y compris le corps. Et les cathares dédaignaient tout ce qui était matériel, dont il n'y avait pas de château, il n'y a pas eu de château cathare. Par contre, les cathares poursuivis, et les cathares qui étaient en lutte avec une invasion contre eux, ben eux étaient recueillis par des châtelains, ces châtelains qui n'étaient pas forcément cathares, mais qui étaient sympathisants.

On va voir comment ça s'est articulé. Voilà, donc ces châteaux existaient avant. Alors avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à dire à nos internautes qui nous suivent, qu'ils pourront poser leurs questions dans la deuxième partie de l'émission, dans environ 45-50 minutes. On remercie au passage les équipes de Bagliss TV qui rendent cette émission possible.

Et donc effectivement, vous disiez, les châteaux cathares, en fait, sont des châteaux forts du Moyen-Âge, dans lesquels se sont finalement réfugiés des cathares, voilà, qui étaient persécutés, alors par qui ils étaient persécutés ? Par les barons du Nord, parce qu'à l'époque la France n'existait pas, vous le dites bien dans votre livre, il y avait des baronnies du Nord, sous le contrôle du roi, et il y avait une alliance, une sorte d'alliance entre ces barons du Nord et la papauté.

C'est-à-dire qu'il y avait pratiquement deux civilisations face à face, et la Loire constituait en quelque sorte une frontière naturelle. Il y avait la civilisation du pays d'Oy, il y avait la langue d'Oy, dont c'était une civilisation de guerriers, de gens qui cultivaient les honneurs vraiment de la force, des combats, etc., et qui depuis Clovis avait pratiquement créé une civilisation qui était sous l'emprise de l'église de Rome.

Au sud de la Loire, il y avait une autre civilisation, c'était ce qu'on appelle maintenant l'Occitanie. Là, on parlait la langue d'Oc, la langue d'Oc était parlée au sud de la Loire, et on peut dire que quelqu'un qui était de Toulouse, cette civilisation se prolongeant, était complètement considérée comme chez lui quand il était à Barcelone. En revanche, quelqu'un qui venait de Paris et qui arrivait à Toulouse était un étranger, avec deux langues différentes.

Donc c'était deux civilisations différentes, et en bas, en Occitanie, on favorisait surtout le commerce des marchandises, avec une bourgeoisie importante, et le commerce des idées. Et alors en plus de cela, ce qu'il faut quand même considérer, et là j'insiste particulièrement là-dessus, c'est plus intéressant que tout ce qu'on pourra dire d'autre, en Occitanie, on vivait dans le quotidien, tous les jours, les vertus de liberté, d'égalité, de fraternité et de tolérance.

Vous voyez que c'était déjà, en plus, les gens étaient désignés, ce n'étaient pas des monarchies héréditaires, les capitules, ou ceux qui dirigeaient les villes, étaient désignés dans la bourgeoisie. C'était déjà un embryon de démocratie, et on peut dire que la civilisation occitane, en plein Moyen-Âge, elle annonçait déjà ce que serait la Renaissance quelques temps après. D'accord, oui, c'est cette conclusion républicaine que vous avez mis dans votre livre, effectivement.

Alors la langue d'oc, on la parle toujours. Oui, bien sûr, c'est une langue avec sa grand-mère, une langue qu'on pratique même en Roumanie, il y a beaucoup de gens, j'ai connu un poète qui s'exprimait en roumain, en langue d'oc, c'était une langue vraiment constituée, une langue constituée, qu'on parlait depuis le sud de la Loire jusqu'à Barcelone, c'était quelque chose vraiment de très très très important.

Et je pense que ce qui s'est passé avec le prétexte de combattre

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