Surréalisme et Franc-maçonnerie

A priori, il semble audacieux de rapprocher surréalisme et Franc-Maçonnerie. En effet, pour Patrick Lepetit, le surréalisme est avant toute chose une école de pensée qui cherche à renverser la tyrannie d’une raison ayant conduit, appuyée sur ses deux piliers que sont le capitalisme et le nationalisme à l’horreur des deux guerres mondiales qui ont « haché menu les classes dites dangereuses » et définitivement assis le pouvoir de la bourgeoisie.

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Pour ce faire, le surréalisme préconise d’ouvrir les vannes de l’inconscient et de travailler à l’élaboration d’une nouvelle déclaration des droits de l’homme ainsi qu’à la construction d’un mythe nouveau pour le XXème siècle. La Franc-Maçonnerie, pour sa part, travaille, de diverses manières selon les obédiences et les rites, au perfectionnement, sous toutes ses formes, de l’être humain. Elle a recours, pour atteindre ces objectifs, aux pratiques rituéliques et au symbolisme, en particulier. Or, il s’avère que les amis de Breton ont souvent utilisé le vocabulaire ou les symboles des maçons.

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Nombre de surréalistes ont même été Francs-Maçons, parfois de très haut niveau, et les principes et les modes de fonctionnement qui guident et structurent leur mouvement présentent de troublantes similitudes avec ceux de la Maçonnerie. D’ailleurs, un des plus proches compagnons de Breton (lui-même refusa cependant d’être initié), ne fut-il pas Pierre Mabille, haut dignitaire du Droit Humain ?
Et puis, il y a cet intérêt manifesté par Breton pour les figures de Martinès de Pasqually, le fondateur de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers, Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu qui donnera son nom au Martinisme ou René Guénon que dans les années 50 encore, il regrettait de n’avoir pas pu compter au nombre des premiers surréalistes ! Pour ne rien dire de son amitié avec des personnalités telles que Robert Ambelain ou Robert Amadou, bien connues dans les Ateliers …
Souhaitez-vous découvrir ces liens passionnants qui unissent "Surréalisme" et "Franc-maçonnerie" ? Réponses de Patrick Lepetit (auteur de "Surréalisme, parcours souterrain" Ed Dervy, 2012) dans cet exposé de 30 minutes enregistré au Forum 104.

Extrait de la vidéo

Je le dédie à Charles Béjameux, à Jean-Pierre Lassalle et à Bernard Rogé. Héritière putative de nombre de traditions occidentales devenues souterraines, l'afro-maçonnerie, la transfiguration de l'Église, l'abandon de l'Église, l'abandon de l'Église, l'abandon de l'Église, l'afro-maçonnerie, la transfiguration moderne de l'ancien hermétisme, selon l'opinion quelque peu réductrice de Svalvirt, n'est pas oublié dans la quête surréaliste d'une connaissance faisant exploser les limites de la raison folle qui avait conduit au cataclysme de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale.

Et ce n'est en rien solliciter les textes que de faire observer que certaines expressions et comparaisons qui surgissent sous la plume de Breton, grand horloger de la révolution surréaliste selon Jean Schuster, sont pour le moins troublantes. Qu'on en juge. Second manifeste du surréalisme, je cite « Rappelons que l'idée de surréalisme tend simplement à la récupération totale de notre force psychique par un moyen qui n'est autre que la descente vertigineuse en nous, l'illumination systématique des lieux cachés et l'obscurcissement progressif des autres lieux.

» Du surréalisme dans ses œuvres vives, 1953, je cite « La définition du surréalisme donnée dans le premier manifeste ne fait en somme que recouper un des grands mots d'ordre traditionnels qui est d'avoir à « crever le tambour de la raison résonante » et d'en contempler le trou, ce qui mènera à s'éclairer les symboles jusqu'alors ténébreux. » Objectif que Joseph-Pierre rappelle encore en 1990 dans Le Belvédère mendiague, lorsqu'il écrit, je le cite « Il est un autre moyen d'échapper au conflit de toute espèce qui se presse sur notre chemin que de tenter de mettre en balance la nuit avec le jour, la passion avec l'intelligence, ce qui est en bas avec ce qui est en haut, sur la voie de ce point de l'esprit qu'évoquait Breton et d'où tous les contraires cessent d'être perçus contradictoirement.

» Cet autre moyen, c'est la descente en soi à la recherche de cette sorte de fil d'Ariane qui nous permet de circuler en toute quiétude dans les mille replis du labyrinthe. Victor Crastres, un compagnon de route, ne dit pas autre chose dans le drame du surréalisme. Quand il fait observer à propos de Breton, je le cite, dans chacune de ses œuvres, du Second Manifeste à Arkane XVII, c'est toujours en creusant dans le sens de l'ésotérisme qu'il fouillera, Breton, les profondeurs du soi-disant inconnaissable.

Bientôt même, c'est une méthode de récupération totale de notre force psychique qu'il nous propose, et cette méthode est celle la même qui fut toujours employée par les penseurs ésotériques ou mystiques. La descente vertigineuse en nous, l'illumination systématique des lieux cachés et l'obscurcissement progressif des autres lieux sur les phases de la saise mystique. Guy Gérard, Dans l'ombre et la demande, projection surréalisme, publié en 2005 par l'atelier de création libertaire à Lyon, mentionne quant à lui, je cite, l'exploration des zones obscures du psychisme et la remontée vers la vie immédiate d'un être autrement éveillé.

Fin de citation. Descendre en soi, illumination des lieux cachés, éclairage jeté sur les symboles, éveil, nous sommes ici indiscutablement en présence du langage de l'initiation. Un langage qui n'est pas sans rapport avec celui tenu à l'apprenti maçon, à qui il est demandé de descendre en lui-même dans la perpendiculaire, le fil à plomb, ce fil à plomb que tient dans une de ses mains le grand transparent de Jacques Herold.

Analyse qui vient encore renforcer cette phrase de Michel Carouge, je le cite, le surréalisme est à mon tour d'une immense forme de rupture. On n'y entre pas par la voie des examens, mais par une mutation brusque de l'esprit qui bouleverse toutes les façons de sentir et de penser, fin de citation, précisément ce que les maçons disent de l'initiation. Pierre Mabir est pour cause, mais nous y reviendrons, se fait plus explicite encore.

Dans le miroir du merveilleux, dont il aurait voulu faire, selon ses propres mots, un traité d'initiation, il donne en termes à peine voilés cette définition lumineuse de celle-ci. En effet, les êtres que le destin a conduits à s'écarter de la voie ordinaire et à franchir les obstacles ont été si profondément transformés dès leur entrée dans l'édifice merveilleux qu'il ne leur a pas été possible de revenir par la suite vers la foule pour lui confier leurs impressions et lui dire ce qu'ils avaient vu.

Au changement de mentalité s'est ajouté un changement de langage qui aurait rendu la communication impossible quand bien même elle aurait été souhaitée. Mais il faut toutefois garder à l'esprit les propos à l'allure de Bémol tenus par Artaud dans Elio Gabal et qui soulignent que c'est à l'initié lui-même qu'il incombe de faire le travail. Je le cite « On n'est jamais initié d'ailleurs qu'à des opérations et à des rites, à des sites extérieurs, à des passes hiéroglyphiques qui nous mettent sur la voie du secret.

» Cette indicible transformation c'est très exactement ce qui se produit chez l'apprenti maçon qui reçoit la lumière avant de s'engager sur le chemin. Et cela mérite d'être rapproché de cet extrait de l'autobiographie de Sarane Alexandrian dont le père était franc-maçon d'origine écossaise ancienne et acceptée. Je le cite « Être surréaliste c'était entrer dans une société secrète mondiale ayant pour but d'établir sur terre le règne de la beauté convulsive et dont les membres s'aimaient fraternellement et se comprenaient à demi-mot en se contestant parfois appremant au nom des plus hautes exigences de perfection.

» On trouve du reste beaucoup de loftons c'est-à-dire de fils de maçons parmi les premiers surréalistes. C'est le cas d'Aragon par exemple dont le père, le préfet Andrieux avait été un maçon notoire. Les recherches récentes gentiment effectuées par Pierre Mollier sur ma demande à partir de renseignements fournis par Jean-Pierre Lassalle un homme qui a beaucoup travaillé sur les liens entre surréalisme et franc-maçonnerie et qui fut lui-même membre du groupe surréaliste de la fin des années 50 à la mort de Breton dont en revanche pas permis d'établir l'appartenance du père de Breton au Grand Orient de France.

En revanche tout comme Octavio Paz qui revendique un grand-père paternel franc-maçon Michel Léris dans l'âge d'homme confit je le cite Ma mère m'emmenait parfois au cimetière du père Lachaise sur la tombe de ses parents où étaient exposés sous un globe de verre les insignes maçonniques de mon grand-père haut fonctionnaire de la Troisième République qui avait été disciple d'Auguste Comte et vénérable de l'analoge La Rose du Parfait Silence.

En tout état de cause autour de Breton et même parmi les membres des groupes de l'étranger figurent des maçons de rang parfois très élevé. Passons sans souci d'être exhaustif sur Philippe Soupault

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