Un concert du VIème siècle avant notre ère : Kataulein, Eros par l’ensemble Melpomen
La musique accompagnait tous les moments importants de la vie de nos anciens : célébrations, rituels, défilés, festivités et combats. Si archéologues et chercheurs en musicologie ont retrouvé les pièces « en dur » de ces instruments (os, métal), nos connaissances sur ces instruments et les sons qu’ils produisaient demeurent fragmentaires : toutes les matières organiques (peaux, bois, cordes etc) n’ayant pas résisté à l’épreuve du temps.
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Comment, dès lors, peux-ton reconstituer précisément ces instruments, recréer ces sons ?


Le Suisse Conrad Steinmann, son ensemble Melpomen, et l’atelier Paul J. Reichlin ont recréé ces instruments du VIème siècle avant notre ère !
Nous découvrons ainsi ces instruments, imaginées il y a plus de deux milles cinq cents ans sur les rives de la méditerranées : aulos, rhomboi, tympanon, lyre, barbitos, cythare, kymbala, krotala et seistron…


« Kataulein » : Platon, déjà, vantait les pouvoirs d’état de conscience altérée dus à l’Aulos, supérieurs au vin et à la philosophie
Sur scène : Conrad Steinmann, Arianna Savall, Giovanni Cantarini, Martin Lorenz. Introduction par Anne-Françoise Jaccottet (Université de Genève, Sciences de l’Antiquité)
Titres, voix et instruments :
Début : akoúsate/kroúsis: aulos et rhomboi
Psaphrodita 7’39‘‘ - 14‘25‘‘ aulos, voix (Arianna Savall) et tympanon
Kythera 14’25’’-17‘54‘‘ voix (Giovanni Cantarini), lyra et tympanon
Bíos 18’40’’ – 21‘02‘‘ voix (Arianna et Giovanni) et barbitos et kithara
Embubu 21‘03‘‘ – 22‘32‘‘ aulos sumérien
Eros 23‘05‘‘ – 23‘41‘‘ voix (Arianna) et tympanon
Máter 23‘41‘‘ – 26‘53‘‘ voix (Arianna) et aulos
Lýkos 26‘56‘‘ – 30‘19‘‘ voix (Giovanni) et tympanon
Órigmos 30‘19‘‘ – 31‘01‘‘ aulos
Eléna 31‘02‘‘ – 35‘10‘‘ voix (Arianna), aulos et barbitos
Naí 35‘19‘‘ – 39‘08‘‘ aulos et tympanon
Diálogos 39‘12‘‘ – 40‘42‘‘ aulos et barbitos
Dóra 40‘42‘‘ – 43‘10‘‘ voix (Giovanni et Arianna), aulos et tympanon
Théognis 43‘10‘‘ – 48‘28‘‘ voix (Giovanni), kithara, aulos et kymbala
Makróteros 48‘28‘‘ – 51‘33‘‘ tympanon
Móna 51‘42‘‘ – 55‘‘03‘‘ voix (Arianna) et barbitos
Ónar 55‘04‘‘ – 58‘33‘‘ kymbala et voix (Giovanni)
Gaía 58‘35‘‘ – 01.0‘1‘‘ aulos, tympanon et voix (Arianna et Giovanni)
Téttix 01.01‘55‘‘ – voix (Arianna et Giovanni), krotala et seistron
Liste des instruments, par ordre d’apparition :
Aulós (anche battante) d’après l’aulos de Paestum (Museo Nazionale de Paestum), vers 480 av. n. è par Paul J. Reichlin
Auloí de type flûtes, d’après des modèles des environs de 500 av. n. è., par Paul J. Reichlin
Kálamos- Aulói (anche battante), d’après des modèles égyptiens et des représentations vasculaires attiques du 6ème s. av. n. è. par Paul J. Reichlin
Bárbitoi d’après des représentations vasculaires attiques et des vestiges de Paestum vers 480 av. n. è., par Paul J. Reichlin et Anastasios Koumartzis
Lýra D’après la lyre Elgin au British Museum, vers. 480 v. Chr., par Chrestos Terzis
Kithára d’après des représentations vasculaires (New York et Berne) vers 500 av. n. è. par Julian Behr
Seístron d’après le sistre de la tombe de Toutankhamon (1326 av. n.è., musée égyptien du Caire), par Markus Uhl et Paul J. Reichlin
Krótala d’après des représentations vasculaires attiques vers 500 av. n. è. par Paul J. Reichlin
Kýmbala, d’après un original du Lorestan (collection privée), vers 800 v.Chr., par Markus Uhl
Kýmbala, d’après un original de Dimitsana/Peloponnes (Musée national d’Athènes) vers 500 av. n. è., par Markus Uhl.
Rhómboi, d’après un modèle de Chios, vers 500 av. n. è., par Thomas Brupbacher
Remerciements aux sponsors qui ont rendu possible ce concert :
Université de Genève, département des sciences de l’antiquité, Fondation Schmidheiny, Fondation Famille Sandoz.
Concert enregistré à l’INHA, Paris, en septembre 2018, colloque international « Les mystères au IIe siècle de notre ère : un mysteric turn ? » organisé par Nicole Belayche (EPHE, PSL / AnHiMA), Philippe Hoffmann (EPHE, PSL / LEM) et Francesco Massa (Université de Genève), auxquels nous adressons nos remerciements.
Extrait de la vidéo
et bienvenue à ce concert, qu'allons-nous entendre ce soir ? C'est une question qui a plusieurs réponses. D'abord, nous allons entendre l'ensemble Melpomès, qui va donc nous faire un concert ce soir, un ensemble qui est composé de musiciens professionnels, qui a déjà enregistré des CD, dont un a été récompensé par un diapason d'or, donc vous dire que c'est vraiment des musiciens qui sont connus et reconnus.
Ensuite, qu'allons-nous écouter de la musique grecque du VIe siècle ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que vraiment on va écouter de la musique grecque du VIe siècle ? Alors, il faut comprendre pour ça la démarche de l'ensemble Melpomès, et notamment celle de Konrad Steinman, qui a fédéré cet ensemble.
Il a travaillé depuis plus de 25 ans maintenant avec Paul Reichlin, qui est un luthier de la région d'Intertour, ensuite, et à eux deux, ils ont décidé d'essayer de reconstituer les instruments de l'antiquité, donc ils ont fait beaucoup de musées, beaucoup de recherches aussi sur les images, sur les textes aussi. Donc ils sont allés visiter les vestiges que l'on a des Aoloï, aussi les vestiges de Myr.
On trouve les carapaces avec des trous qui permettent d'imaginer comment les choses étaient articulées pour former l'instrument antique. Et donc, entre ces recherches théoriques, pratiques, et l'archéologie expérimentale finalement, ou de la lutterie expérimentale, essayer de faire en sorte qu'avec les données qu'on a, on ait un instrument qui résiste à l'attention et qui fasse des sons, dans le respect de tout ce que l'on connaît.
C'est le défi qu'ils ont relevé à eux deux pendant plus de 25 ans. La minutie avec laquelle ils ont reconstitué les instruments de musique garantit que les sons que vous allez entendre sont vraiment très très proches, très vraisemblablement très très proches des sons qu'ont pu entendre les anciens, 6e, 5e, 4e siècle peut-être aussi. Vous savez qu'actuellement encore on copie des Stradivarius, des Bonamini, etc.
Parce que quand on copie l'instrument, ses proportions exactes, on obtient un son très très proche. Et donc c'est dans la même optique qu'ils ont vraiment copié minutieusement ce que l'on avait, restitué ce qu'on n'avait pas, avec la vraisemblance de la technique, pour obtenir ces instruments. Alors, les sons que vous allez entendre sur les divers instruments sont véritablement, comme on disait, proches de ce que l'on pouvait entendre à l'époque.
Alors après, la musique. Vous savez qu'on n'a pas grand chose, en tout cas pas au 6e, 5e siècle, de vestiges musicaux, on a quelques théories, mais on ne peut pas prétendre retrouver la musique qui a accompagné les textes poétiques. On a certes la prosodie, le rythme des textes antiques, et c'est avec ces éléments-là que Konrad Scheinman a travaillé, mais aussi avec une part assumée de création. Partons du principe que leur démarche c'est musicienne avant tout, notamment leur démarche avec les instruments, une fois reconstituées, et d'explorer toutes les possibilités de ces instruments.
Partons du principe que les musiciens, quand ils avaient les instruments dans les mains, essayaient de produire le plus de sons possible avec ces instruments et d'expérimenter le plus de techniques possibles. Donc c'est tout cet ensemble de choses qui va vous être présenté ce soir. Donc une musique recomposée ou composée par Konrad Scheinman, une musique historiquement informée, mais une musique créative et vraie création, la musique étant toujours vivante, c'est-à-dire avec ce particulier qu'il a travaillé.
Donc écoutez les sons. Pour tous ceux qui ont participé au colloque organisé par Michael Belaïc, Francesco Massa et Philippe Haussmann sur les missiles, c'est peut-être ça qui nous intéresse aussi, les sonorités qui ont pu accompagner les rituels, et les rituels mystériques en particulier. Vous allez pouvoir les entendre, entendre quelque chose d'extrêmement proche. Quant à la musique, laissez-vous verser par les créations que l'on va entendre.
Il me reste trois choses à vous dire avant de laisser vraiment la musique dans la grande possession de cet espace. Tout d'abord, je voudrais remercier les fondations qui ont permis ce concert, c'est-à-dire les institutions de fondation. L'Université de Genève, tout d'abord, par le biais du département des sciences de l'antiquité, du décanat de la faculté des lettres et du rectorat. La fondation Ernest et Lucie Schmidhaini, merci.
Je les remercie en votre nom aussi d'avoir permis d'accueillir l'ensemble même pas mal ce soir. On parlait de sons vraisemblables des instruments, il y a des sons qui seraient vraiment anachroniques, c'est des sonneries de téléphonie portable. Il me reste à vous souhaiter une excellente soirée, et place à vous. Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org Accusate, accusate, accusate, accusate...
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