Sorcières ! L’exposition
Une société se structure autour de coutumes, de croyances et de mythes. Si anthropologues, historiens et philosophes étudient, chacun selon leurs angles spécifiques, un pan de cette structure, force est de constater que, quelques soient les régions, les groupes d’humains ou les époques considérées, certaines « constantes » perdurent… .Pour le meilleur comme pour le pire. Parmi celles-ci, trouve-t-on une pépite, inattendue, qui scintille dans notre tamis d’alchimiste-orpailleur, sondant les méandres de la psyché humaine. Elle se nomme « la peur de la sorcière ».
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Célibataire, fine connaisseuse des herbes, des astres, et des hommes, la sorcière a toujours été redoutée, ostracisée voire persécutée…


Des artistes contemporains s’emparent de cette question
La ville de Bourg-en-Bresse a eu l’heureuse idée de de créer une exposition* sur cette thématique. Nos caméras suivent ici sa commissaire, Marie Deparis-Yafil, nous présenter ces œuvres, pour le moins étonnantes.


Du miroir noir au collier de pattes de taupes.
Si l’exposition débute sur un exemplaire de l’ouvrage du XVème siècle du Malleus Maleficarum (« Le Marteau des sorcières », véritable bréviaire des inquisiteurs) et s’achève sur la tentative de l’italien Jean-Baptiste de Porta (XVIeme) de faire admettre au Vatican l’existence d’une « Magie naturelle », l’exposition se concentre principalement sur des œuvres contemporaines.


Des femmes libres, et indépendantes... Refoulé, avez-vous dit refoulé ?
Au détour des cinq salles de l’exposition, nous découvrons ainsi les œuvres de Katia Bourdarel, Lidia Kostanek, Lola B Deswarte, Lionel Sabatté, Dalila Dalléas Bouzar, Léa le Bricomte, Hélène Barrier , Charlène Favier, Alexa Brunet. Certains des artistes évoqueront la vision qu’ils se font de la « Sorcière » et dans quelle mesure, cet archétype, constitue une source d’inspiration dans leur création…
Plus d’informations sur cette exposition : le PDF
Le lieu H2M
Extrait de la vidéo
I'm sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry, I'm so sorry On va déambuler dans l'espace en fonction de la présence des artistes qui vont chacun se présenter, dire un petit mot sur leur travail et sur l'oeuvre qui est présentée dans le cadre de l'exposition.
Vous êtes montés par l'escalier sous la volée de corbeaux de Catia Bordarell, c'est un travail qui tourne beaucoup autour de la représentation féminine mais qui travaille aussi énormément sur les contes de fées, sur les légendes, sur les mythes, forcément on est dans des dimensions magiques, dans des dimensions mystiques, dans des dimensions de mystère. L'exposition sorcière est principalement une exposition d'art contemporain mais comme souvent dans les expositions que je commissarie, j'aime bien d'une part m'insérer ou réfléchir au contexte local et ici le contexte prête un travail sur les sorcières parce qu'on est dans une région où il y a eu énormément de chasse aux sorcières et j'aime aussi proposer des choses, des objets, des oeuvres parfois, proposer une espèce de transversalité dans l'histoire et dans l'histoire de l'art et donc j'ai trouvé intéressant de montrer des ouvrages anciens et un des ouvrages vraiment emblématiques de la chasse aux sorcières c'est le Maléus Maleficarum qui est vraiment l'ouvrage de référence qui a servi au juge pour reconnaître les sorcières et les combattre, les condamner et les brûler.
Et ce Maléus Maleficarum en fait qui est un ouvrage extrêmement misogyne, extrêmement violent qui porte vraiment une charge très très forte contre les femmes et cet ouvrage là appartenait aux Augustins du monastère royal de Broux, ça veut dire que c'est un ouvrage qui avait vraiment une utilité, vraiment un usage, dont on se servait, qu'on lisait et voilà donc c'était important pour moi de le montrer et d'ouvrir l'exposition pratiquement par ce livre qui est vraiment une pierre fondamentale dans l'histoire de la sorcellerie.
Alors lorsque les visiteurs arrivent dans l'exposition en fait ils voient d'abord cette cabane donc en fait il y a bien sûr toute l'imaginaire qu'il peut y avoir autour de la cabane qui est le lieu secret, le lieu clos, le lieu de l'enfance. Katia Bourdaret le définit aussi comme lieu utérin en fait, lieu où il y a une transformation, lieu du mystère. On s'approche de la cabane et là on entend en fait des voix de femmes en train de chuchoter, on ne sait pas exactement ce qu'elles disent en fait donc si on essaye d'écouter très attentivement on va entendre des mots, le mot d'amour par exemple.
Elle a fait lire en fait à des femmes avec des voix comme ça superposées un extrait du banquet de Platon, le moment où les différents convives se demandent mais de quoi va-t-on parler au cours de ce banquet, on a déjà parlé de plein de choses etc donc de quoi va-t-on parler et si on parlait de l'amour c'est à dire le sens premier de l'existence, le sens premier de la vie, comment on peut définir l'amour ?
Et donc en fait l'idée c'est que cette cabane est effectivement quelque part comme ce monde utérin dans lequel se créent, se transforment et se créent en fait les choses et le vivant. Bonjour je m'appelle Lydia Kostanek, je suis une artiste d'origine polonaise, je travaille beaucoup autour de l'identité féminine avec les techniques très variées, ces moments c'est surtout la sculpture en céramique ainsi que la gravure, le dessin, un peu des collages.
Depuis quelques années je travaille avec la terre, avec l'argile, j'utilise une technique qui s'appelle du raku, c'est une technique qui ressemble pas mal de rituels sorcières parce que c'est la terre qui monte en température très vite, ensuite on sort les pièces à l'extérieur et ça prend de feu avec le papier, avec les copeaux, avec le foin, on ajoute tous les matériaux. Souvent la femme dans l'art a été montrée comme un objet joli, une muse et j'essaye plutôt changer cette approche et montrer la sexualité des femmes assumées et pas subies, ce qu'on a vu nous pendant des siècles en traitant des femmes soit sorcières, soit hystériques juste parce qu'elles voulaient être libres et vivre comme les hommes.
L'oeuvre qu'on a ici à côté de nous c'est une oeuvre d'une jeune artiste américaine new-yorkaise qui s'appelle Roxane Jackson, c'est une artiste qui s'intéresse beaucoup à l'iconographie, à la fois kitsch populaire, gothique et aussi à la magie noire, elle crée des céramiques un peu hybrides, monstrueuses et cette oeuvre qui est comme ça, cette espèce de main monstrueuse qui est la main de la sorcière comme on peut l'imaginer dans nos pires cauchemars et puis cette dimension comme ça un petit peu mystique, un petit peu magique avec cette bougie, elle parle de cette oeuvre et de cette bougie comme c'est le stigmate donc qui peut être compris comme le stigmate d'une malédiction peut-être quand on est sorcière ou en tout cas du malheur et de la violence donc ici on est dans la seconde salle de l'exposition et en fait toute toute cette salle en fait s'organise autour d'un tableau d'une oeuvre majeure qui a été emprunté au monastère royal de Brouck qui est le tableau de Gustave Doré, Viviane et Merlin.
Dans cette oeuvre on a cette dimension de nature, de forêt, de mystère, de magie etc et donc j'ai voulu orienter en fait tout le choix des oeuvres de cette salle autour de ça et j'ai voulu mettre en regard de cette oeuvre cette oeuvre de Brankica Zilovic, Brankica Zilovic est une artiste serbe qui travaille essentiellement le textile, elle a appelé cette oeuvre Pagan Bride, la mariée pagaine. J'aime