Théâtre et technique du soi : Daumal et Artaud
Dans cet exposé de 38 minutes enregistré lors du "Colloque René Daumal" organisé par le CIRET (Centre International d'Etudes et de Recherches Transdisciplinaires), Marcello Gallucci évoque la métaphysique expérimentale comme champs naturel de la création poétique appliquée aux oeuvres d'Antonin Artaud et de René Daumal, et notamment l'influence qu'y excerça Roger Gilbert-Lecomte.
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
Extrait de la vidéo
Le rapport entre Duhamel et Artaud dans la séance sur la vérité promocée en 1932 par Jean Paulin est le moment le plus intense. S'origine dans une défiance commune à propos de la pensée occidentale. Défiance synthétisée par Roger Gilbert-Lecamp dans sa proposition sur la métaphysique expérimentale. Gilbert-Lecamp évoque ici la voyance rambodienne.
Ah non, je vais parler en italien. Excusez-moi, je vous en prie. L'émotion est très forte. Roger Gilbert-Lecamp, dans sa proposition sur la métaphysique expérimentale, évoque la voyance rambodienne, vue comme un méthode pour atteindre l'état mythique, les concepts concrets et les symboles ultimes de la réalité, pour atteindre leur force créatrice.
Intervenant à l'extrême du dualisme typique de la pensée occidentale, la métaphysique expérimentale se propose comme un champ naturel pour l'authentique création poétique. Bien. J'évoque donc ici la voyance rambodienne, vue comme méthode pour atteindre l'état mythique, les concepts concrets et les symboles ultimes de la réalité, de façon à atteindre, dans leur force créatrice, de façon à puiser à leur force créatrice.
En intervenant aux extrêmes du dualisme typique de la pensée occidentale, la métaphysique expérimentale se propose comme champ naturel pour l'authentique création politique. Le théâtre, comme lieu député, est l'application de la métaphysique expérimentale, car le théâtre est le banc de preuve pour la mise en question de tous les dualismes occidentaux. La proximité faite d'énergies et d'émotions entre Roger Gilbert Lecomte et Antonin Artaud s'interrompt ici, et au lieu de Lecomte, il y a René Domal.
Pourquoi cela s'est passé ? C'est une question que j'adresse volontiers à Emmanuel Rubio et à Olivier Pennola-Cassagne, qui m'ont fait réfléchir d'abord sur cette condition. Quant à moi, je crois que ce qui s'est passé, c'est l'intervention de Salzman. Le rapprochement fait d'émotions entre Artaud et Gilbert Lecomte s'interrompt ici.
À Lecomte, succède comme interlocuteur privilégié René Domal, pour que ceci se produise. Pourquoi ? La raison pour laquelle cela s'est produit, c'est une question que je poserai volontiers à Olivier Pennola-Cassagne et à Emmanuel Rubio. Ce sont les premiers, en effet, qui m'ont obligé à réfléchir sur cet état de fait.
Quant à moi, je pense qu'il y a quelque chose qui soit de l'ordre de... Quelque chose, quelque chose qui... Quelque chose qui s'est produit, soit justement l'éruption de Salzman dans le contexte dont nous sommes en train de parler. Il est difficile de suivre.
Les matériaux dont nous disposons suggèrent qu'il tendait à disparaître dans les œuvres, ou mieux, qu'il tendait à apporter l'œuvre d'un statut impersonnel. C'est presque le résultat de l'application d'un canon intime et commun à tous les participants. Cela s'est démontré cohérent avec les principes de la tradition extra-théâtrale d'où il provient et dans lesquels il fondait ses roots. Même si son engagement n'était jamais circonscrivable à l'exclusif dessin des lumières, il refusait pour lui-même la définition d'un réalisateur, en faveur de celle plus artisanale et pertinente, de Maître de la lumière, dont l'accent chamanique devait l'attirer peu à peu.
Et Maître Salzman le fut sans doute aussi comme provocateur de pensées ardentes et de pratiques innovantes. Mais la lumière n'était pas le seul horizon de ses recherches. La lumière était ce que nous recherchions, selon la définition qu'avait donnée en parlant du travail à Ellerau. Mais en considérant comment l'Orfeo et l'annonce réalisées à Ellerau se fondaient sur la perspective ouverte de la collaboration avec Appiat et Jacques Dalcroze, il est facile de dire qu'il s'agissait en réalité d'une tentative de redéfinir le travail du théâtre dans son intérêt.
Maître Salzman n'agissait aussi jamais seul. Pour Taïroff, il disparaissait même, laissant que le cartel de l'exposition n'enregistre pas son nom. A Ellerau, il était inscrit à l'intérieur de la triade Appiat-Jacques-Dalcroze-Salzman. A Paris, son contribution, spécialement pour Pelléas et Mélisande, faisait partie du travail conjoint d'Hébertaut, Lugnepot, Salzman.
Retournant à l'annonce, il devait être le troisième entre Clodel et Martin Buber. Le dissidium entre Costoro aurait vanifié, au moins en partie, son projet. Mais, si l'on considère aussi bien l'orphée que l'annonce faite à Marie a été fondée sur la perspective ouverte par la collaboration avec Appiat et Jacques Delcroze, il est facile de dire qu'il s'agit en réalité d'une tentative de redéfinition du travail théâtral dans son ensemble.