En effet, l’orateur remet le jeu de tarot dans son contexte initial : venant de Chine, puis passé dans le monde arabe, il parvient, au 15ème siècle, à la cour italienne, représentant des personnages sans connotation symbolique : il s’agit d’un exercice destiné aux esprits éclairés, où la société est représentée, et qui permet de développer sa mémoire à partir d’images, afin d’obtenir une éventuelle réflexion philosophique.

Le tarot des tailleurs de pierresLe tarot des tailleurs de pierresCe n’est qu’au 19ème siècle que s’instaure un aspect ésotérique et divinatoire. Le jeu est, certes, celui du décryptage des signes, des incitations et des projections ; cependant, la cohérence n’est pas dans les cartes mais à l’intérieur de nous : ésotérique, non ; initiatique, oui !
Jean-Michel Mathonnière nous parle longuement du magnifique tarot du tailleur de pierres, Hugues Gartner, qu’il a accompagné d’un propos engageant à conserver un esprit critique et une distance par rapport à toute affirmation. La tradition se perpétue et se respecte mais attention à l’imaginaire qui peut en dévier le sens.
Le conférencier se réfère à Pythagore, Villard de Honnecourt, Jacques de Voragine, Court de Gibelin…mais pour rappeler que l’iconographie des cathédrales est avant tout religieuse et parfois connotée d’alchimie. L’orateur va donc insister sur l’ignorance qui peut se cacher derrière la tradition orale, les lieux communs derrière l’étrange.
Nous n’avons pas le sentiment d’une désacralisation du jeu de tarot mais nous comprenons que nous devons toujours conserver une intelligence critique face à ce qui peut être considéré comme dogmatique et affirmation péremptoire….