Le tarot de Marseille, une tradition universelle ?
Cet exposé de 24 minutes est la suite du volet : "Vers une tradition universelle ? Le scénario" dans laquelle Jean-Louis Brun expose une clef de lecture inédite, iniatique, issue du Yi Jing, permettant de comprendre l’ordonnancement de plus d’une quinzaine de mythes et légendes. Dans ce volet, l’auteur analyse les 22 arcanes majeurs du Tarot de Marseille (Philippe Camoin) et retrouvent une succession de 3x7 arcanes (22 moins une, l’Arcane sans nom,=7 x 3) et retrouve le scénario universel de la Tradition tel qu’il l’a établit.
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A travers un scénario de huit pictogrammes associant deux trigrammes issus du Yi-Jing, Jean-Louis Brun nous donne à méditer une représentation cohérente du monde sensible et de ce qui l’a précédé… Sommes-nous en présence d’un schéma représentant la Tradition Primordiale ? D’archétypes ?
Le tarot de Marseille, une tradition universelle ?


Est-ce que l’auteur a trouvé la clef qui, comme l'écrivait Cornelius Agrippa (XVème siècle) : « celui qui saura allier les nombres de l’énumération avec les nombres divins, et qui saura les harmoniser, celui-là connaîtra d’admirables secrets » ?... A vous de vous faire une idée.


Extrait de la vidéo
Alors de quoi allons-nous parler ? Nous allons parler d'un scénario que l'on trouve dans des légendes et des mythes sur tous les continents depuis au moins 41 siècles. Nous allons parler d'une histoire qui est racontée par une simple succession de huit symboles. Six ans de recherche.
Au départ, le I Ching. Le I Ching, c'est une sorte de dictionnaire en désordre, mais un désordre qui est toujours le même depuis 24 siècles. Or, il y aurait des milliards de milliards de possibilités pour donner un ordre à ce livre. Il y en a en fait autant que de grains de sable d'un tiers de millimètre de diamètre que l'on pourrait faire entrer dans toute la sphère de l'univers connu.
Et bien, parmi toutes ces possibilités, un seul ordre s'est imposé, presque constamment, depuis 24 siècles, sans qu'on sache pourquoi. Par hasard, alors que je travaillais sur les hexagrammes, j'ai trouvé une propriété particulière, une propriété mathématique remarquable dans l'ordre du I Ching. Ce qui m'a permis de proposer une méthode pour le reconstruire, pour expliquer la totalité de cet ordre. Et j'ai publié en juin 2009 un livre qui relate cette recherche, ce démontage, ce remontage, et le contenu ésotérique que révèle cette structure, que j'ai publié donc aux éditions Vega.
Ce scénario de huit symboles, ce n'est pas seulement la clé qui permet de démonter le I Ching et d'expliquer son ordre, son scénario. Je me suis rendu compte ensuite que cette clé ouvre, de la même manière, une sorte de scénario sous-jacent dans des mythes et des légendes sur tous les continents. Et là, les plus vieux auraient au moins 41 siècles. Dans cette séquence, nous allons voir comment ce scénario se retrouve dans les arcanes majeures du tarot de Marseille.
Quel est mon tarot de référence ? Le tarot, je l'ai étudié avec Philippe Camoin, qui est descendant de la plus vieille famille de cartiers, c'est-à-dire de fabricants de cartes, à Marseille, et qui a travaillé à une restauration, que je trouve remarquable, du tarot de Marseille, avec Alexandro Jodorowsky. J'illustre ici cette présentation avec un tarot plus ancien, qu'avait fait le père de Philippe Camoin, mais qui est surtout le produit de son ancêtre Nicolas Convert, en 1760, et qui a été réédité par la maison Camoin.
Alors, le tarot, ce que vous voyez sur cette illustration, ce sont les arcanes majeures. Il y a 22 cartes. Alors, comment un scénario en huit étapes peut-il correspondre à 22 cartes ? Eh bien, d'abord parce qu'il y a une carte qui n'a pas de numéro, donc en fait il y en a 21, ce qui fait 3 x 7.
3 x 7, chaque fois on revient sur les mêmes étapes, on répète un cycle. Alors, vous voyez sur cette illustration, il y a trois cycles superposables, et vous verrez que chaque fois, un symbole correspond à trois cartes. Par exemple, un symbole correspondra à la carte numéro 1, mais aussi à la numéro 8, 7 plus 1, 8, et à la numéro 15, 8 et 7, 15, et ainsi de suite, avec la 2, la 9, etc. Alors, allons-y.
Première étape. La première étape du scénario universel de la tradition que je présente, cette première étape représente une coupe au-dessus de l'eau. C'est une coupe vidée, une coupe qui se vide, puisque l'eau est en dessous. C'est symboliquement une sortie de l'illusion et de la dualité.
Alors, regardons la carte numéro 1 du tarot de Marseille, qui s'appelle le batteleur. Qu'est-ce que c'est qu'un batteleur ? Tout simplement, c'est un illusionniste. Donc, on a bien une situation caractérisée par l'illusion.
La carte numéro 8, donc 7 et 1, 8, c'est la carte qui correspond à la même étape sur la spire suivante, c'est la justice. Qu'est-ce que c'est que la justice ? Regardez-là, elle a une épée dans la main droite, donc elle peut se servir de cette épée. Elle peut trancher dans un monde de dualité, puisqu'elle a les plateaux d'une balance dans la main gauche.
Trancher dans un monde de dualité, c'est sortir de l'illusion et de la dualité. Et enfin, la troisième carte qui exprime le même tableau symbolique, c'est la carte numéro 15, donc 8 et 7, 15, c'est le diable. Le diable se tient dans une coupe, regardez bien, on peut tout à fait voir une coupe, et l'eau est plus basse que la coupe, ce qui fait que l'eau n'est pas dans la coupe, elle est plus basse que la coupe, exactement comme dans le tableau symbolique où l'eau est en dessous de la coupe.
Vous voyez donc que le même symbole, le même tableau symbolique est exprimé de manière différente, de manière plus ou moins nette, mais toujours avec une parenté évidente, par les trois cartes qui correspondent à la première étape, chacune sur sa spire. La deuxième étape du scénario universel, c'est le feu en bas, la foudre en haut. Il y a l'idée d'arrivée de lumière, il y a l'idée d'éveil, de voile qui se lève, puisque éveil c'est enlever le voile, et de troisième oeil.
Sur la carte numéro 2, puisqu'on est à l'étape numéro 2, vous voyez la papesse, le voile se lève, il suffit de la regarder. Sur la carte numéro 9, donc 2 plus 7 égale 9, vous avez l'ermite qui présente en haut une lanterne, il tient une lanterne en haut, arrivée de lumière en haut, et puis vous avez le feu en bas. Alors pourquoi le feu en bas ? Regardez bien le bâton de l'ermite, il est en forme de colonne vertébrale.
Si c'est une colonne vertébrale, le sacrum est en bas, et le sacrum est le lieu du feu de l'Eros, qu'offère d'ailleurs la médecine traditionnelle, entre autres la médecine chinoise. Donc on a bien le feu en bas. En outre, les bâtons dans le tarot sont associés à l'élément feu. Donc on a bien l'arrivée de lumière en haut et le feu en bas.
Et puis on a même la colonne vertébrale qui peut représenter la montée de la foudre. Pourquoi ? Parce que qu'est-ce que c'est que la foudre ? C'est une colonne d'électricité entre ciel et terre.
Qu'est-ce que c'est que la colonne vertébrale ? C'est une colonne qui véhicule un message électrique, puisque c'est le système nerveux, entre la terre, entre nos entrailles, et le ciel, c'est-à-dire notre voûte crânienne. Enfin, la troisième carte, donc deuxième étape de la troisième spire, la carte numéro 16 qui est la maison de Dieu. Et bien vous voyez, c'est une tour analogue à un corps humain puisqu'elle est dressée.
Le feu arrive en haut, c'est la foudre, elle est frappée par la foudre en haut. Dans certaines versions, dont la version restaurée par Philippe Camoin, comme par hasard, on se rend compte qu'il y a du feu à l'intérieur de la tour, la couleur jaune dans la porte ouverte de la tour, mais pas sur cette version. Et puis, l'arrivée d'un troisième œil, et vous avez bel et bien un troisième œil sur la tour, puisque cette tour est pourvue de trois fenêtres.
La troisième étape du scénario universel de la tradition ou de l'initiation, c'est le vent sur le lac,