Le rêve comme enseignement initiatique des profondeurs de l’Inconscient

Les rêves de l’homme naquirent lorsque naquirent ses jours ! En effet, depuis l’aube des temps, les nuits de chaque personne, quelque-soit son origine, ses croyances ou son niveau de conscience, sont peuplées d’évènements et de symboles bien étranges, auxquels il peine bien souvent à donner une claire signification. Un invariant d’ordre universel, atemporel et on-ne-peut-plus naturel, qui, comme toutes les lois de la Nature, « se donne, sans rien demander en retour »…

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Néanmoins, tenter de connaître l’origine de ces visions, savoir si elles seraient pourvues d’un sens, être des clés de compréhension à nos interrogations existentielles, voire même, dans certains cas, représenter une voie de guérison, continuent d’animer au XXIème siècle une large partie de l’humanité. Celle qui s’interroge, du moins, et réfute tous ces cadres mécanistes, rigides et matérialistes.

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Une humanité debout, vivante, à l’écoute de chaque signe imperceptible que son environnement immédiat lui envoie et qui :

si elle n’hésite à puiser abondamment dans le sein nourricier de Dame Nature, demeure consciente de la part de mystères qui entoure cette source….

Une démarche de connaissance totale de l’Homme qui entre en contradiction frontale avec un certain état d’esprit moderne qui conteste systématiquement, ou raille, toute force supérieure à lui.
Une mentalité malheureusement très présente, notamment en France, qui au lieu d’accepter l’invitation de monter dans cette montgolfière pour visualiser les hauts-sommets de son Existence, préfère rester dans son bac-à-sable, en bas, avec sa pelle et son seau.
Une image pour dénoncer la résultante de la résignation de certains à la dictature de son petit « Moi », lui qui vous « édicte la conception que vous-vous faites de la réalité».

« Raconter ses rêves ou se mettre à leur écoute ? »

Pierre Trigano a fondé « l’Ecole du Rêve et des profondeurs », il y a vingt ans, à Montpellier. Philosophe, analyste jungien, grand connaisseur des textes fondateurs de la pensée judéo-chrétienne, il nous livre dans cette interview sa compréhension de l’origine des rêves, ainsi que la place du processus de Transfert/Contre-Transfert dans une analyse. Un aller-retour entre le thérapeute et l’analysé où l’interaction du couple Anima-Animus favorise l’émergence de cet « Autre, qui sommeille au plus profond de notre Inconscient » : le Soi.
Un entretien* riche et pédagogique, où Pierre Trigano revient sur les différences, notables, qui séparèrent Jung de Freud quant à l’interprétation des rêves et qui ne manquera pas, aussi, de vous mettre en garde sur le nombre exponentiel des mièvreries œdipo-narcissiques qui prolifèrent actuellement sur Internet…

*issu de la postface de son second tome « Psychanalyser Jung » (Ed. du Réel, 2018).

Extrait de la vidéo

Pierre Trigano, bonjour. Nous vous recevons à l'occasion de la sortie du deuxième tome de votre ouvrage « Psychanalyse et Jung » pour vous présenter rapidement, pour rafraîchir la mémoire de nos spectateurs qui vous ont peut-être vu, on a déjà fait une émission autour du premier tome, donc vous êtes philosophe, vous êtes psychanalyste, bien sûr, et vous vous intéressez de très près à la spiritualité juive et notamment à la cabane.

On pourrait élargir « judéo-chrétienne ». Et surtout, vous êtes, en fait, ce qui nous intéresse plus particulièrement, vous êtes le fondateur de l'école du rêve et des profondeurs et j'aimerais que vous nous en disiez deux mots en début d'émission. Oui, dans le coup, nous sommes deux, moi et Agnès Vincent qui est mon associé, ma collègue et ma compagne. Nous avons créé cette école en 1999 à Montpellier.

Et donc nous insistons beaucoup, comme vous le remarquez dans mes livres, nous insistons beaucoup sur l'importance du rêve. Et en fait, le mobile de la création de cette école, la motivation première, c'était de constater qu'en quelque sorte le rêve était le parent pauvre des formations de psychothérapie. La plupart de nos élèves sont des psychothérapeutes, déjà en exercice. Et en fait, nous nous sommes rendus compte que le rêve était le parent pauvre, c'est-à-dire qu'en fait, on apprenait aux futurs thérapeutes surtout à ramener le rêve à ce que dit la théorie, quelle que soit l'école de psychothérapie.

Et finalement, on expédie beaucoup le rêve. Et là, y compris même dans certaines formations qui font une place à Young, vous voyez, il y a un, comment dire, un profil type de la séance de thérapie que nous voulions réformer, ce profil. Pendant les trois quarts de la séance, il y a une thérapie verbale où l'analyste dit mais qu'est-ce que vous me racontez aujourd'hui ? Et l'analysant dit ce qui lui tient à cœur.

Et puis, le dernier quart de la séance, le thérapeute lui dit vous avez rêvé ? Et en fait donc, l'analysant raconte le rêve. Mais le thérapeute, en trois coups de magie verbale, ramène le rêve à tout ce qui a été dit avant. C'est-à-dire le rêve n'est pas au centre, alors que pour Young, le Young de la maturité, celui dont je parlerai beaucoup dans le tome 3 de mon livre, pour le Young de la maturité, le rêve est le véhicule central du processus thérapeutique.

Il est le point de vue direct de ce qu'il appelle le soi, c'est-à-dire ce centre transcendant de la psyché qui est un centre de guérison intérieure en quelque sorte. Donc il est très essentiel de se ramener toujours au rêve. D'où le nom de notre école, l'école du rêve et des profondeurs. En réalité, il s'agit de nous mettre à l'école du rêve.

C'est ça. Dans ce qui m'a beaucoup intéressé dans votre postface, au début de votre postface, vous définissez votre école, donc notre école, l'école du rêve et des profondeurs, enseigne une psychanalyse héritée de Young et vous ajoutez plus loin, le soi continue à nous former et on a l'impression que vous ne vous contentez pas de vous inspirer de l'œuvre de Young et de ses continuateurs mais vous semblez avoir en quelque sorte accès à une source directe et vivante, à la source d'inspiration du mouvement Youngien.

En fait, c'est ce que préconisait Young, de toujours se ramener à ce processus initiatique qui vient des profondeurs de l'inconscient, quitte même à remettre en question les, disons, les premières élaborations qui étaient celles de Young. Young a toujours encouragé à reprendre à nouveau frais la contemplation symbolique qui nous vient de l'inconscient et donc, oui, notre source principale d'enseignement, nous sommes des formateurs mais en réalité nous sommes toujours des élèves du soi, nous sommes toujours des élèves à l'école du soi et à l'écoute de ce processus initiatique qui nous traverse tous, qui traverse, vous savez, il y a comme un inconscient collectif de notre école, comme de toute école ou comme de toute entreprise, il y a un inconscient collectif qui nous réunit, qui nous traverse, le soi travaille à l'intérieur et pour nous les rêves de nos élèves et nos propres rêves en tant que formateurs sont des éléments essentiels de l'enseignement vivant que nous voulons transmettre et répercuter.

Alors justement, en fait, on va s'intéresser à votre approche spécifique des rêves dans, vous le savez comme moi, dans le langage courant on dit j'ai fait un rêve, on utilise le verbe faire et ceux d'entre nous qui vont, qui consultent un psychanalyste disent qu'ils vont l'analyser et vous, vous utilisez des termes assez différents, vous dites que les gens reçoivent un rêve et vous les invitez à le contempler.

Alors j'aimerais qu'on s'arrête en fait de manière un peu approfondie sur ce, sur ces questions de vocabulaire qui sont pas, qui sont pas neutres, j'aimerais que vous, déjà que vous me disiez la différence entre faire un rêve et recevoir un rêve. Oui, faire un rêve c'est une vision qui vient beaucoup de la source de la psychanalyse freudienne parce que pour Freud le rêve est en fait, dans le rêve s'exprime le soubassement inconscient du moi, en réalité c'est le moi pour Freud qui fabrique le rêve, le moi dans sa zone de soubassement inconscient en quelque sorte et donc on va sans cesse dans le rêve chercher les, ce qui se ramène directement au discours du moi et alors que recevoir un rêve c'est intégrer qu'il y a dans notre psychisme une altérité intérieure, nous recevons le rêve d'un autre qu'on peut, on peut écrire avec un grand A, cet autre intérieur que Jung appelle le soi et donc il

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