L’Église et le sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin

Louis-Claude de Saint-Martin, le fameux philosophe illuministe du XVIIIème siècle, fut-il un hérétique en déniant les pouvoirs sacerdotaux de l’Eglise Catholique ? C’est la question qu’aborde Jean-Marc Vivenza dans son nouveau livre qui nous rappelle combien la philosophie de Saint-Martin fut jugée révolutionnaire à son époque puisqu’elle fut dénoncée par l’Inquisition espagnole !

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En effet Louis-Claude de Saint-Martin s’opposa aux dogmes des églises fixés par les conciles pour tenter de revenir à un christianisme originel fondé avant tout sur la Voie du Cœur (voie cardiaque) ayant comme seules pratiques la prière et la méditation intérieure. Mais contrairement à Luther, il ne voulut pas fonder une nouvelle église, ni même un nouvel Ordre initiatique, mais simplement rassembler autour de lui des amis ("La société des Intimes").

Louis-Claude de Saint-Martinvivenza eglise philosophie de Saint-Martin Jean-Marc Vivenza nous rappelle aussi que Louis-Claude de Saint-Martin fut un véritable gnostique avant la lettre en restant fidèle aux conceptions de son Maître, Martinez de Pasqually, qui enseignait à ses disciples que l’univers matériel aurait été créé par un démiurge comme prison pour punir les anges et les hommes de leur rébellion contre Dieu (un point de vue évidemment condamné par l’Eglise !).
Toutefois Saint-Martin s’écarta des doctrines de son Maître Martinez, en jugeant ses pratiques théurgiques "dangereuses et inutiles" puisque seul le Christ peut être le Réparateur menant à la Réconciliation entre Dieu et l’Homme: une opinion partagée aussi par Jean-Marc Vivenza qui se livre à une critique assez virulente des Ordres Martinistes et Martinézistes actuels qui, d’après lui, se sont éloignés de la pensée spirituelle de Louis-Claude de Saint-Martin.
Un point de vue que certains de nos téléspectateurs jugeront peut-être un peu extrêmiste, mais qui a le mérite de relancer le débat !
Êtes-vous tenté de percevoir les arcanes de cette "Eglise invisible" vers laquelle tendent autant d’illuministes ?
Eléments de réponse de Jean-Marc Vivenza, soumis ici à "la question" par Jean Solis…

Extrait de la vidéo

L'Église et le sacerdoce, selon Louis-Claude de Saint-Martin, c'est le titre du dernier livre de Jean-Marc Vivenza, aux éditions de la Pierre Philosophale, et c'est à partir de ce titre et de ce propos que va se tenir l'entrevue d'aujourd'hui. Alors, si j'ai bien compris, c'est-à-dire que l'Église et le sacerdoce, selon Louis-Claude de Saint-Martin, c'est le titre du dernier livre de Jean-Marc Vivenza, aux éditions de la Pierre Philosophale, et c'est à partir de ce titre et de ce propos que va se tenir l'entrevue d'aujourd'hui.

Alors, si j'ai bien compris, c'est-à-dire que l'Église et le sacerdoce, selon Louis-Claude de Saint-Martin, c'est le titre du dernier livre de Jean-Marc Vivenza, aux éditions de la Pierre Philosophale, et c'est à partir de ce titre et de ce propos que va se tenir l'entrevue d'aujourd'hui. Alors, si j'ai bien compris, ça part de ce fait essentiel, et d'ailleurs assez atypique pour l'époque, d'un penseur chrétien qui s'en prend, en quelque sorte, à l'Église et lui dénie sa fonction sacerdotale.

Est-ce qu'on peut dire ça comme ça ? C'est-à-dire, en quelques mots, une présentation immédiate, en effet, et c'est ce qui fait la radicalité de Louis-Claude de Saint-Martin. C'est quelqu'un qui se situe dans le milieu dit de l'illuminisme chrétien, ésotérique et initiatique du XVIIIe siècle, mais qui va diriger le feu de sa critique contre l'Église institutionnalisée, pour différentes raisons et on verra lesquelles tout à l'heure, et qui ne va pas hésiter à le faire avec une plume serrée, une radicalité rare pour l'époque.

Et même chez lui, d'ailleurs. Oui. Sauf pour les philosophes, on va dire, des Lumières, qui eux vont attaquer l'institution, comme Voltaire, comme Diderot. Dans le cadre des penseurs initiatiques, c'est un cas d'espèce.

C'est un cas d'espèce parce qu'il faut le rappeler, c'est un penseur chrétien. Oui. Ce n'est pas justement un Voltaire ou un Diderot qui sont aux prémices de l'athéisme moderne. Non, là on a un penseur chrétien qui s'en prend finalement à ce qui pourrait paraître naturellement comme sa chapelle le plus naturellement du monde.

Oui, donc elle est cette chapelle naturelle pour lui parce qu'il évolue dans un milieu très dévot. Il est natif de Blois et il a un environnement culturel dans lequel il se trouve à l'aise. Il n'est pas d'ailleurs fâché contre la liturgie de l'Église, qu'il trouve quelques vertus, quelques qualités. Mais son idée, c'est que les prêtres ne possèdent plus les éléments de leur sacerdoce.

Ils n'ont plus de légitimité. Ils n'ont plus de légitimité. Le sacerdoce chrétien a perdu ce qui faisait le critère de qualification de l'exercice de son ministère. La raison, c'est qu'à travers l'Histoire, les enseignements qui définissaient la valeur de ce sacerdoce chrétien dans les premiers siècles du christianisme, de par la prise en main par l'État et en particulier de la décision des empereurs de convoquer des conciles pour fixer des définitions de ce qui est à croire, à ne pas croire, voire à rejeter, a peu à peu créé une distance, un champ immense qui est en réalité un vrai désert spirituel, désert spirituel qui aujourd'hui, pour saint Martin, triomphe, s'impose, fait valoir ses positions, ses lois, sa règle et stérilise la vie intérieure des âmes dans leur légitime aspiration vers le divin.

Donc, résultat, il faut dénoncer ce mode de fonctionnement pour ce qu'il est, à savoir une situation de captation, d'appropriation de l'énergie incréée à l'intérieur de l'homme au profit de l'institution ecclésiale et, de l'autre, la définition de conception dogmatique qui réduisent le christianisme à une portion congrue qui laisse dans l'oubli toute sa dimension mystique et mystérique qui en fait pourtant la richesse et la dimension authentique.

Alors, on remarque quelque chose, il y a d'autres films d'ISTV qui en parlent suffisamment pour qu'on ne s'étende pas trop sur le sujet, mais il y a une praxis de saint Martin qui est la prière intérieure, la méditation, la contemplation et donc une pratique qui est extrêmement simple et qui, on va en parler tout à l'heure évidemment, va finalement permettre de conférer le sacerdoce à tout un chacun en voie directe.

Pour moi, et vous allez me dire si c'est une vision exacte, cette pratique en tant que telle tranche énormément avec le rite de la liturgie que vous dites avoir été appréciée cependant par saint Martin, mais à l'époque on est tridentin, la messe est quelque chose d'extraordinairement compliqué et saint Martin, est-ce que ça a un rapport avec la démarche de fond, lui, met en avant une pratique qui est très simple, très épurée.

Alors, l'idée de fond de saint Martin, c'est que la venue du divin réparateur selon l'expression qu'il lui donne, c'est-à-dire en réalité du Christ, a déchiré, a ouvert le haut en bas, le rideau, le voile du temple qui nous séparait du sanctuaire. À partir de là, si l'accès au sanctuaire est aujourd'hui désencombré, tout ce qui viendrait rajouter des barrières, des empêchements à cet accès immédiat et direct doit être regardé comme un obstacle et cet obstacle doit être levé parce qu'il réédifie des espaces de séparation, des clôtures, là où en théorie elles ont été abolis, elles ont été effondrées.

Donc il prend très au sérieux la déclaration, les déclarations des évangiles sur le fait que s'il doit y avoir une attitude d'adoration ou de contact avec l'invisible, c'est le discours du Christ.

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