Sous-jacent un double mouvement : en premier lieu, ouverture inconditionnelle vers l'infini et, dans le même temps, retour vers l'individu reconnu comme seul pivot de l'appropriation de cette ouverture.
Rien n'interdit donc de voir dans ce tableau une illustration du sentiment religieux cher à l'écrivain Friedrich Schleiermacher, l'un des principaux artisans de la révolution romantique en termes religieux. Pour lui, il est crucial pour l'individu de trouver un point fondamental d'où peut être découvert son rapport à l'infini. Un point d'ancrage que Novalis comparait à la materia prima chère aux alchimistes.
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En même temps, Friedrich Von Schlegel, considère que ce centre vital ne peut être trouvé que par un être humain ayant parachevé son accomplissement intérieur. Dans la religiosité romantique cet accomplissement est donc la condition même de la transmutation. Une transmutation qui vise, à l'instar de l'hermétisme, "au miracle d'une seule chose". Face à l'indigence d'un univers vu selon l'optique matérialiste, la religiosité romantique perpétue et réactualise la vision du monde chère à l'Hermétisme. Elle tend donc à dépasser l'opposition entre la foi et la raison insistant davantage sur l'expérience intérieure et sur la connaissance gnostique qui en émane.
La question fondamentale pour Françoise Bonardel est de savoir si le fait de réveiller et d'exalter le sens et le goût de l'infini conduit inévitablement vers un panthéisme ou si ce réveil peut tout aussi contribuer à une réévaluation salutaire du Christianisme.
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Mais aussi de quelle façon les romantiques négocient le passage, toujours risqué, entre la religion instituée, catholique ou reformée, vers une individualisation du sentiment religieux?
En quoi consiste le chimisme romantique et quels rapports entretient-il avec l'alchimie traditionnelle? Pourquoi les romantiques souhaitent-ils le retour au chaos primordial ? Réponses de Françoise Bonardel dans cette conférence 70 minutes organisée par
Jean-Pierre Laurant pour Politica Hermetica