L’initiation, une porte vers les grands et petits mystères
Les rituels initiatiques ont de tout temps accompagné les pas de l’homme. Cette réalité, tant historique qu’anthropologique, a perduré pendant des milliers d’années aux quatre coins du globe, bien avant l’apparition de l’imprimerie, de l’électricité ou de l’internet…. Ces rituels, plongeant leurs racines dans des traditions aussi anciennes que le chamanisme, le pythagorisme ou le taoïsme ont-ils, de nos jours, disparu ?
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La réponse à cette question est non ! Nous sommes allés à la rencontre de Pierre-Yves Albrecht, et de son second, Etienne van der Belen, tous deux créateurs de l’Académie Aurore, une école qui propose des initiations pratiques, mêlant rituels, arts martiaux, méditation et sagesse antique.


L’Initiation favorise une mutation effective et profonde de l’être : canaliser les forces, parfois très archaïques, qui sommeillent au fond de nous. Les harmoniser, mais ne pas les refouler.
Pierre-Yves Albrecht, philosophe, anthropologue, (maïeuticien, NLDR) a formé et enseigné de nombreuses personnes. Il répond ici aux questions d’Eric Marchal, lui aussi ancien éducateur pour jeunes. Pour Pierre-Yves Albrecht : devenir homme n’est pas une faculté innée, cela passe par un épanouissement des trois dimensions que nous avons en chacun de nous : corps, cœur, esprit.
Trois dimensions qui rappellent la tripartition alchimique des trois œuvres : noire, blanche et rouge et qu’il nomme respectivement paysan, chevalier puis mage.
« Réunifier ces trois fonctions, c’est atteindre une forme de royauté : retrouver son âme et défendre son Maitre Intérieur » nous dit-il. L’objectif de sa formation et des rituels qu’il propose.


Si les petits mystères unifient, clarifient et harmonisent l’individualité, l’accès aux grands mystères créent un recentrement durable et inaltérable de la personne, une compréhension illuminative, où le moi s’estompe au profit du tout.
Souhaitez-vous découvrir les enseignements que proposent Pierre-Yves Albrecht et Etienne van der Belen au sein de leur académie ?
Les dangers et recommandations que tous deux mettent en avant ? Eléments de réponse dans cette table ronde enregistrée chez Pierre-Yves Albrecht, dans le Valais suisse.
Extrait de la vidéo
Bienvenue sur BaguizTV pour un entretien autour de l'initiation et peut-être plus particulièrement autour des petits mystères et des grands mystères et pour ça aujourd'hui nous allons pouvoir discuter avec Étienne Van Der Bellen qui est un des responsables de l'académie Aurore qui est aussi un homme de théâtre et avec Pierre-Yves Albrecht écrivain, philosophe, anthropologue, thérapeute qui a sur ses sujets en particulier écrit de nombreux livres avec Annick de Sousenel par exemple aux éditions Le Relier, L'Initiation également au coeur des Zaoïas qui est une initiation en Afrique du Nord et c'est aux éditions Philorora.
Également Entrons dans la Trance aux éditions Vega et puis aussi un livre un tout petit peu plus ancien et très complet qui s'appelle Trance et Prodige. Alors peut-être si on est sur cette question de l'initiation et des petits mystères des grands mystères, Pierre-Yves Albrecht peut-être tu peux nous dire un petit peu ce que tu entends par initiation et est-ce que tu as déjà travaillé sur ce sujet depuis longtemps ?
Oui, bon d'abord de dire que l'initiation ce n'est pas un mot très mystérieux donc c'est devenu un mot très ésotérique, qui fait peur, etc. Il faut savoir que jusqu'à l'ère moderne toute la surface de la planète pratiquait l'initiation, tous les peuples, toutes les civilisations. Donc la modernité est une exception dans l'histoire de l'humanité, c'est la seule à ne plus pratiquer l'initiation avec les conséquences que l'on connaît.
Donc l'initiation c'est en fait très banal. À l'époque d'Aristote et de Platon, celui qui n'était pas initié n'existait pas, donc c'était quelque chose d'absolument banal. Peut-être encore maintenant en Afrique du Nord, au Mali, chez les Dogons, il y a encore cette idée que celui qui n'a pas de nom d'initié, eh bien on l'appelle machin, donc il n'a aucune responsabilité dans sa tribu. Je dis ça parce que lorsqu'on prononce le mot initiation actuellement, ça fait tellement peur à nos politiques, mon dieu mais c'est terrible.
Non, finalement c'est les gens qui n'ont pas d'initiation qui sont sectaires. C'est plutôt voir ça comme ça, donc c'est exceptionnel. Notre époque est exceptionnelle en ce sens qu'elle est dans une sorte de contre-initiation ou d'esquive de l'initiation remarquable. Alors l'initiation qu'est-ce que c'est ?
C'est l'expérience d'un nouvel état de conscience qui va marquer durablement la personne au niveau ontologique, dans son être, au niveau épistémologique, dans sa connaissance, au niveau psychologique, dans ses rapports avec l'autre, dans ses rapports avec lui-même, avec le cosmos et avec Dieu. Donc c'est une transmutation, un peu si on devait prendre un exemple biologique, un peu ce qui se passe pour la chenille lorsqu'elle rentre dans une chrysalide, et qu'elle doit passer après aux papillons.
Donc c'est vraiment une mutation importante. Donc les systèmes traditionnels partaient du principe que pour devenir homme, c'était absolument nécessaire de vivre cette mutation-là, que l'homme n'était pas, donc l'enfant, le petit qui naît n'était pas accompli a priori mais qu'il y avait une sorte de cheminement, une voie initiatique qui allait progressivement, degré par degré, le conduire à son état d'homme.
Alors on l'a appelé cet état d'homme chez les crétois par exemple, c'était chez les grecs, c'était l'homme complet. Dans le taoïsme, c'était l'homme vrai. Dans l'hellénisme, c'était l'homme parfait. Dans l'islam, c'était l'homme parfait aussi, etc.
Donc vous avez chaque fois des termes très spéciaux pour dire à quel degré se trouve l'individu au fil de son évolution. Donc le but, retenons bien ça, c'est de permettre à l'enfant, à l'homme, de devenir un homme. Déjà vous pouvez saisir l'énorme différence qui se passe avec ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui. Donc où il semblerait que tout soit normal, tout est accompli dès le départ.
Non, on doit aller vers l'homme, on doit aller vers l'homme, vers cet humain véritable qu'est chacun d'entre nous. Donc chacun a cette semence, et c'est ça qui est extraordinaire, mais qui est développée par ce catalyseur qu'on appelle l'initiation. Tu insistes beaucoup sur cette initiation, sur la notion de trance. Quel lien tu fais, c'est pas évident, on pourrait imaginer qu'il y a des initiations sans la trance, mais tu insistes beaucoup sur la trance.
C'est aussi un mot qui est mal compris et qui peut faire peur. Est-ce que tu peux nous l'expliquer ? Oui. Ce qu'on pourrait dire c'est qu'il n'y a pas d'initiation sans un processus transitique, c'est-à-dire sans un processus de trance.
C'est-à-dire qu'il faut raisonner en termes de, quand on parle de transformation initiatique, il faut raisonner en termes de modification des états de conscience. Donc forcément quand on passe une initiation, il y a une modification d'un état de conscience, donc il y a une trance. Et à chaque degré initiatique, il y a naturellement des trances spécifiques. Donc lorsqu'on passe, Étienne pourra nous le dire après, lorsqu'on vit une initiation, voilà, notre état de conscience est différé.
Lorsqu'on vit une initiation chamanique, par exemple, l'état de conscience est encore autrement différé. Lorsqu'on vit une initiation mystérique, des grands mystères, l'état de conscience est encore qualitativement autre. Donc à chaque degré initiatique correspond un degré de trance. Mais ça veut dire tout ça pour les gens qui nous écoutent, que l'on ne peut pas rester dans un état normal qu'on appelle l'état de conscience de veille.
Ça c'est en tout cas sûr. La notion de trance fait souvent référence à des états de conscience altérés. Et là on va chercher des états de conscience plus élargis. Voilà.
Alors c'est clair que dans ces états de conscience qu'on appelle globalement trance, il y a plusieurs catégories, il y en a en tout cas trois, mais j'en mets deux pour simplifier la discussion. Il y a ce qu'on peut appeler les trances actives et les trances passives. Donc la trance active c'est lorsque le moi qui vit l'expérience vit effectivement une expérience transcendante, mais il garde un contrôle sur cette expérience.
Donc le chaman par exemple, quand il