« Cette période est particulièrement intéressante puisqu’elle marque la confrontation entre la foisonnante philosophie grecque d’essence païenne, avec l’Empire Romain, et son mémorable désir d’unification, d'organisation… » nous-confie Mauro Bonazzi.

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La philosophie peut-elle faire l’économie de la théologie, des mystères et des révélations ultimes ?

On dit de Plutarque qu’il est l’un des rares penseurs grecs à être parvenu à conjuguer « l’héritage hellène » avec « l’action de Rome », ou encore d’avoir été le premier à sortir la Grèce de la Philosophie Antique.

Lui, qui cumula les fonctions de prêtre (à Delphes !) et de philosophe, insuffla dans cette période marquée par le syncrétisme et les superstitions, l’acceptation d’un Dieu unique tout en admettant que les traditions puissent être diverses.

Il affirma que le but de la philosophie « c’est de faire la lumière sur les Mystères » et critiqua les stoïciens, stigmatisant leur inclinaison à « faire de leur théologie, une physique » soulignant au passage les dangers d’une « systématisation » des Mystères.

Il tenta d’élargir une philosophie limitative car ne s’articulant qu'exclusivement autour de la tripartition « Logique, Ethique, Physique » en lui adjoignant non seulement un « volet pratique » mais aussi une réflexion quant aux « principes ultimes »….

Une démarche qui, partant de Platon (le Phèdre, notamment) interrogera sans relâche la question de la Mort et de l’Initiation ; et trouvera son Acmé dans les différents cultes à mystères, « où les ultimes secrets s’échangeaient verbalement de Maitre à disciple » (acroamatiques et époptiques) …

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Un exposé enregistré à l’INHA, Paris, en septembre 2018, colloque international « Les mystères au IIe siècle de notre ère : un mysteric turn ? » organisé par Nicole Belayche (EPHE, PSL / AnHiMA), Philippe Hoffmann (EPHE, PSL / LEM) et Francesco Massa (Université de Genève), auxquels nous adressons nos remerciements.