Hélène de Laguérie

Au sortir du lycée de Bourges, Hélène de Laguérie est entrée à l’Ecole des Beaux-Arts de cette ville, dans l’atelier de Louis Thibaudet. Mais la nécessité de gagner sa vie l’a orientée vers les études de Lettres en vue du professorat. Elle a suivi simultanément les cours de la Sorbonne et, en celle-ci, ceux de l’Institut des Professeurs de Français à l’Etranger.

Après un bref début à Marseille et à Nice, et des cours saisonniers donnés dans cet Institut, elle a enseigné la littérature française à Elmira College (N.Y.) C’est au retour des Etats-Unis qu’elle a passé l’agrégation, et a été nommée à Saint-Germain-en Laye en marge du Lycée International pour créer des cours de littérature, destinés primitivement aux membres du SHAPE, et ouverts à d’autres résidents étrangers, puis à des français (sur sa demande).

Ces cours, dont les programmes changeaient tous les ans, d’abord répartis selon des pistes littéraires (telles que le théâtre, ou le rapport avec la pensée) se sont diversifiés et ont évolué vers ce qui sera plus tard appelé le « développement personnel » : non seulement par l’appel à la sensibilité artistique (dans une perspective tout autre qu’historique), mais en proposant des exercices d’imagination, d’un intérêt avoisinant celui des thérapies. Parallèlement à ces créations de pistes nouvelles, des cours donnés en d’autres disciplines ont été offerts, grâce au concours de collègues  en philosophie, peinture, langues étrangères, etc…

Ces développements successifs répondaient à l’intérêt que prouvait le nombre grandissant d’inscriptions et suscitait son accroissement, en retour… Si bien que l’administration, dépassée dans ses prévisions, choisit de supprimer ces cours en 76. Le nombre d’inscrits nominaux dépassait alors 730… (chacun pouvant suivre plusieurs cours…)

Les élèves d’Hélène de Laguérie, dont certains suivaient ses cours depuis dix ans, ont formé une association qui existe toujours, I.R.I.S. « Initiatives et Recherches concernant l’Imagination et la Sensibilité dans l’éducation ». Après un congé d’études nécessaire au lancement de l’association, puis une brève réintégration dans le cadre du lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie, Hélène de Laguérie a pris une retraite anticipée, tout en continuant de réunir chez elle un groupe de travail, jusqu’à ces toutes dernières années.

Elle s’est un peu remise à la peinture, favorisée en cela par la calligraphie chinoise : connaissant les difficultés matérielles du peintre T’ang, elle avait formé un cours où il l’enseignait.

Elle était entrée depuis plusieurs années au Centre de Recherches sur l’Imaginaire créé à l’Université de Savoie par Gilbert Durand. Outre la participation à deux colloques dont un sur T’ang, elle s’était engagée en une recherche sur l’œuvre de Proust dont l’approfondissement se poursuit. C’est ce qui a suscité l’organisation du Colloque tenu le 27 mars 2010 au Collège des Bernardins.

Toutes les vidéos de Hélène de Laguérie