L'influence des moines irlandais dans la France du Moyen-Âge
Quelle influence exercèrent les moines irlandais en France du VIème siècle jusqu'au Moyen Âge? Quels rôles tinrent-ils lorsque le christianisme se développa et que les cathédrales s'érigèrent? Quels ont été les apports de ces navigateurs, druides, savants qui furent, bien avant l'empire romain, en contact avec les civilisations grecque et égyptienne ?
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Autant de questions auxquelles tente de répondre Jean Conquet.
Extrait de la vidéo
Il faut savoir que les navigateurs irlandais, depuis le 5e siècle avant Jésus-Christ, étaient arrivés au Moyen-Orient.
Qu'allaient-ils faire là-bas ?
Eh bien, c'était la fameuse route de l'Étain. Ils emportaient l'Étain de Cornouailles pour faire du bronze.
L'Étain transitait soit par la Gaule et la Vallée du Rhône, mais aussi par le détroit Gibraltar.
Et à bord de leur bateau, ils avaient avec eux les navigateurs irlandais, ils avaient les druides, ils avaient des militaires, ils avaient des savants.
Et tous ces gens-là sont donc arrivés là-bas à des époques tout à fait intéressantes, puisque dès le 6e siècle, ils ont touché en Grèce Pythagore, et par Pythagore nous ont rapporté le nombre d'or, puisque Pythagore travaillait, paraît-il, sur le nombre d'or, et était élève des prêtres d'Égypte.
Ils ont touché ensuite l'Égypte, d'où ils nous ont rapporté la déesse Isis.
On nous dit habituellement que c'est l'armée romaine qui nous a apporté la déesse Isis.
Mais il semblerait qu'eux l'avaient apportée avant.
La déesse Isis est intéressante parce que c'est la première vierge mère et noire connue.
Et partout en France, en Europe, partout où il existe des vierges noires, ou des vierges qui ne sont pas noires, mais qui sont dites de dessous terre, comme celle d'Orcival, elle n'est pas noire, comme celle de Chartres, qui n'est pas noire non plus, eh bien, c'est la déesse Isis qui a précédé leur implantation.
C'est évident. Et il y a des marques, souvent, que le clergé catholique romain s'était forcé de cacher, de le faire disparaître.
Moi, je me souviens de l'époque où la vierge noire du Puy-en-Velay était dans une chapelle au nord, en entrant.
On entrait dans cette chapelle par une petite porte basse, ce qui fait que le clergé a dû juger que les gens pouvaient se taper la tête dans le linteau, alors ils ont sorti de cette chapelle pour l'installer dans la nef, et le linteau de cette chapelle était « décoré », mais la décoration consistait en des « i » et des « s » qui étaient alternés, retournés, si bien qu'on pouvait lire, soit de gauche à droite, soit de droite à gauche, Isis, Isis, Isis.
Voilà la décoration qui était là-bas.
Au sujet de la déesse Isis, il y avait tout près d'ici, de Bénévent, une vierge de deux souterres à La Souterraine, à 25 km de Bénévent.
Alors, on nous dit aujourd'hui « La Souterraine, ça s'appelle comme ça parce qu'il y a une église souterraine. » Eh bien, non.
Les églises souterraines, il y en a partout.
Mais à La Souterraine, il y avait une vierge dite de deux souterres, La Souterraine, dont l'effigie en bois a été brûlée au moment de la Révolution française, mais dont la copie du XIIe siècle, en granit, figure au-dessus du Porsche Sud.
Ce sont des vierges qui sont assises sur des sièges à dossiers droits, des cathédres, et qui portent l'enfant Jésus dans leur giron, comme on dit.
Et alors, cette vierge de La Souterraine, j'ai un ami qui connaît les langues anciennes, qui est professeur d'anglais, qui a travaillé sur l'église de La Souterraine, et qui m'a dit un jour, dans l'église souterraine de La Souterraine, il y a une fausse épitaphe sur marbre blanc.
Alors, voilà ce qu'il y a écrit sur cette épitaphe, en latin, en majuscule, « Au Dieu man d'un tel, un tel », nom et prénom, « Au Dieu man d'un tel, un tel, de son père un tel, un tel, de son grand-père un tel, un tel, moi, un tel, un tel, je fais graver cette épitaphe. » Mon ami a dit, j'ai jamais vu l'épitaphe comme ça.
Et en regardant de plus près, il s'est aperçu qu'il y avait trois mots qui mélangeaient majuscules et minuscules, et qui se lisaient ainsi, « Isis », « Dupôle », et « La Force ».
C'est la déesse Isis qui fait tourner le monde.
Voilà donc pour Isis.
Alors, nos navigateurs, continuant leur route vers le fond de la Méditerranée, arrivent en Palestine à l'avènement du christianisme.
On leur dit ici, et il y a un individu qui dit que la mort n'est pas la fin de tout, mais que c'est au contraire le commencement d'une nouvelle vie.
Mais eux disent, moi, il y a longtemps qu'on sait ça.
Il y a longtemps qu'on sait ça, puisque nos ancêtres, les Gaulois, n'oublions pas, se prêtaient des sommes d'argent remboursables dans l'au-delà.
Alors, du coup, ils se sont convertis au christianisme sans problème.
Ils ont dit, ben, en voilà un qui a raison.
Il pense comme nous.
Alors, revenus en Irlande, ces druides convertis au christianisme ont patiemment attendu que l'empire romain s'effondre.
Parce que les Romains ont occupé à peu près l'Europe, et une partie de l'Angleterre jusqu'au 5e siècle environ.
Et puis là, on commençait à évacuer sous la poussée des Vandales et des tribus qui arrivaient de l'Est.
Les Romains avaient persécuté les druides.
Parce que les druides, c'est eux qui avaient le savoir et le pouvoir.
Et par expérience, on sait ce que les occupants font, des gens qui ont le pouvoir et le savoir.
Alors, ils ont dû attendre ces druides convertis au christianisme pour revenir sur le continent.
Parce qu'on les avait laissés tranquilles.
Les Romains n'ont jamais occupé l'Irlande, n'ont jamais occupé l'Écosse, ni même la Cornouaille.
Alors, dès l'effondrement de l'empire romain, ils sont revenus et ont réoccupé tous les anciens lieux de culte celtique où ils ont installé la religion chrétienne.
Mais un christianisme un peu spécial, teinté de celtisme, mais qui a pris racine et qui a bien prospéré, surtout dans les campagnes.
Dans les villes, il y avait les évêchés, mais dans les campagnes, il y a eu les monastères, il y a eu ces moines ermites de l'église celtique qu'on retrouve partout.
La très belle église du Dora, qui est à une cinquantaine de kilomètres de Bénévent, a eu à son origine, comme fondateur, un moine irlandais.
D'autres églises, une église qui est un sanctuaire marial à Sauvagnat, entre l'Agenchère et Hambazac, a eu comme fondateur un moine ermite écossais.