L’homme ne peut connaitre que ce qu’il peut nommer » nous-dit Marc Halévy, «c’est le regard qui crée l’objet et non l’inverse, donc ce qui existe est nommé, c’est parce qu’on le nomme qu’il existe et ce que l’on ne peut pas nommer n’existe pas. Les lettres ainsi décrivent le monde et Dieu peut se dire en lettres (…) ce qu’il y a de fondamental avec la kabbale, c’est qu’elle délimite la connaissance de l’émanation et les différents mondes qui la compose par l’homme vu à l’état d’homme». C’est un système complet qui allie observation et métaphysique.

Pour Michael Sebban, tout homme de foi s’interroge à tout moment de son existence: comment servir Dieu ? Ce désir, cette soif peut se représenter métaphoriquement par un puits. Tous les hommes s’abreuvent au même puits, mais certains ne laissent leur seau qu’en surface (niveau extérieur, religieux)… et d’autres vont plus en profondeur (niveau intérieur, mystique).

kabbalKabbalePour nos deux auteurs, la Kabbale est « tout sauf une doctrine : c’est un moyen pour aller de l’ignorance vers la connaissance ». Cette approche vers la connaissance passe principalement par la méditation, l’ouverture du cœur où siège l’intelligence vraie, et secondairement par les lectures qui favorisent le mental, le savoir.

« Lire, c’est savoir… méditer, c’est s’approcher de la connaissance ! » nous dit Marc Halévy.

Voie initiatique par excellence, la Kabbale invite l’homme à parcourir le chemin de l’émanation en sens inverse à celui de la Création : il part de la dixième Séphirah, le Royaume (Malkut) pour rejoindre la première Séphirah, la couronne (Kéther).

KabbaleKabbale

Entre « le Royaume » et « la Couronne », qui incarne le Roi ? Est-ce l’homme initié, en chemin ? Ou bien le chemin lui-même? L’important n’est pas d’atteindre son but, c’est d’avancer sur le chemin : acquérir une vision précise et ne pas s’éparpiller « par les généralités absorbantes ».

S’imprégner de Kabbale permet d’affiner son discernement, c’est un outil que les maitres kabbalistes recommandent à leurs disciples de la façon suivante « sers-t-en et fais ton chemin par toi-même».

Pour Marc Halévy: « Le sens et la valeur de l’homme ne sont pas en l’homme mais au dessus de lui. L’homme n’est pas sa propre fin et au contraire il ne prend son sens que par ce qui le dépasse ».
Est-ce une exhortation à reconsidérer le monde actuel ?

Devrions-nous modifier l’appellation de « post moderne » en celle de « post prométhéen » ? A vous de vous faire une idée dans cette table ronde de 65 minutes, enregistrée au Forum 104.