Le Veda, le pouvoir transcendant de la parole sacrée

Il y a plus de trois mille ans des hommes d'une haute conscience élaborèrent une langue d'une profondeur incommensurable. On ne conçoit pas cette langue, d’ailleurs, comme pouvant être créée par l’homme : "elle était déjà là au moment où l'on s'en est servi". Véda veut dire "vision" ou "connaissance"….

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C’est la langue des dieux, des héros et des brahmanes.

En compagnie de Michel Angot et de Georges-Jean-Pinault, interviewés par Daniel Shoushi, souhaitez-vous mieux connaitre les origines et fondamentaux de notions telles que le "Rig-Veda" ou le "Sama-Veda"… ?

Eléments de réponse ici de nos deux intervenants !

Extrait de la vidéo

Bonjour à tous, bienvenue sur Salamandre TV, je rappelle que nous sommes en direct et que Salamandre TV est parrainé par Baglis TV, Baglis TV nous offre également tout le support technique pour faire cette émission et cette émission est vraiment exceptionnelle puisqu'on va parler des Vedas, la parole transcendante des Vedas, je vais laisser place maintenant à nos invités, monsieur Ango que nous avons ici présent, je vous laisse vous présenter puis ensuite on passera à Georges, Jean, Pinot.

Très bien, écoutez, c'est quelques mots pour me présenter, je dirais que fondamentalement j'ai étudié les textes sanscrits, je les ai étudiés en rapport avec la tradition indienne, j'étais beaucoup plus intéressé par savoir, pour savoir ce que les indiens pensaient de leurs textes que pour savoir ce que les européens, ce que les occidentaux connaissaient de leurs textes, donc j'ai travaillé fondamentalement et très longtemps avec les érudits, les érudits locaux, les érudits brahmins car les textes sanscrits ont ceci de particulier qu'ils sont à la fois anciens et ils continuent à avoir, à constituer une partie de l'activité, de l'actualité, appelons-la religieuse si vous voulez, de certaines catégories de gens qui vivent fondamentalement en Asie du Sud, au Népal, en Inde, bien sûr, aussi à Bali, anciennement dans d'autres régions d'Asie du Sud mais aujourd'hui essentiellement au Népal et en Inde.

C'est tout à fait surprenant parce qu'évidemment nous avons l'habitude occidentaux d'être les maîtres de textes qui font partie d'une littérature morte. On étudie les hiéroglyphes égyptiens par exemple mais il y a longtemps que Pharaon n'est plus. Tandis que là avec les textes védiques, vous voyez, vous avez encore les descendants de la phase du Purusha pour parler, il y a encore les descendants de ceux qui ont été, il y a maintenant trois mille ans, qui ont été les auteurs de ces textes et ces gens-là continuent à étudier ces textes, à les faire vivre dans une nouvelle religion.

Personnellement je me suis beaucoup, j'ai beaucoup travaillé avec eux, j'ai appris à réciter le Veda et j'ai enseigné cette littérature, la récitation ainsi que les textes philosophiques mais comme on ne parle aujourd'hui que du Veda, donc je me concentre dessus, j'ai enseigné ceux-ci, ces textes védiques, partout dans le monde, aussi bien aux Maoris de Nouvelle-Zélande qu'aux Hurons ou aux Canadiens, partout, sauf en Afrique, on ne m'a jamais demandé d'aller là-bas.

Et j'ai enseigné comme moi-même on m'avait enseigné, comme on continue à enseigner aux jeunes enfants, au Kerala en particulier où je travaille encore, les enfants apprennent les textes par cœur et pendant une dizaine d'années, admettons, et de génération en génération, ils les transmettent à leurs propres enfants. Alors autorisé par ces Brahmans, j'ai fait en adaptant à notre mode d'être parce que nous ne sommes pas des Brahmans, nous ne voulons pas l'être, nous ne pouvons pas l'être, j'ai transmis ces textes pour que ceux qui me le demandent.

Et bien entendu j'ai fait d'autres études, des études qui portaient sur les textes philosophiques en sanscrit, médicaux, etc. Mais ma contribution à l'étude du Veda a été fondamentalement liée à la récitation, à la prononciation de ces quatre Vedas dont M. Epinot parlera certainement. Je lui laisse le plaisir de se présenter.

Bien, alors oui, brièvement, moi je suis enseignant-chercheur, je suis directeur d'études à l'école pratique des hautes études, je suis linguiste en fait, donc je suis linguiste et comparatiste, historien des langues, je me définirais. Je suis venu au sanscrit, à la suite d'études classiques de latin et de grec, et donc le sanscrit a été la première langue que j'ai étudiée en dehors du monde classique.

Je ne parle pas des langues vivantes. Ensuite j'ai étudié d'autres langues adeuropéennes. Le Veda est resté au cœur de mon travail, de recherche et aussi d'enseignement. J'ai eu la possibilité d'enseigner l'explication des hymnes védiques régulièrement.

Donc je suis aussi comparatiste, indo-européaniste comme on dit. Et donc pour un indo-européaniste, le Veda dans son ensemble, je préciserai de quoi il s'agit, mais le Veda est un des tests les plus importants, parmi les tests préservés dans les langues adeuropéennes en général, et un des plus anciens. Pouvons-nous estimer sa date, pas écrite, mais vraiment dans sa transcription orale ? Oui, c'est une question d'estimation là, mais on peut estimer la partie la plus ancienne, c'est-à-dire le rite Veda, ou pour être précis, la Samhita, je vous expliquerai ces termes plus tard.

La collection ou Samhita des hymnes du rite Veda peut remonter à 1500, certains disent même 1700, disons 1500 avant notre ère, et ont été élaborés pour aboutir à la collection actuelle environ jusqu'à 1000 avant notre ère. Mais ce sont des estimations. Il y a une preuve indirecte de cette chronologie, c'est qu'il y a des vestiges de vocabulaire et de phraseologie védique, issus de la langue du Veda, au Proche-Orient, et notamment sur le territoire de la Turquie actuelle, en Anatolie, dans le royaume du Mitanni.

Ce royaume a connu sa phase de prospérité du XVIIe au XIIe siècle environ. Au XIVe siècle, on a les témoignages du fait que l'aristocratie de ce royaume était composée de gens qui avaient transmis la phraseologie védique ancienne. Et ça, ça remonte à 1380, au XIVe siècle avant notre ère. Donc ça nous donne quand même un repère approximatif.

Puisque si cela est documenté au Proche-Orient au XIVe siècle,

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