La vie de Pierre Teilhard de Chardin
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) a été tour à tour théologien, métaphysicien, savant, phénoménologue, évolutionniste, poète, humaniste chrétien et mystique. Dans cette conférence vidéo de 42 min., Maurice Ernst rend compte des grandes étapes de la vie de cet immense penseur et homme d'action qui tentera sa vie durant de concilier dans son oeuvre la science et la foi chrétienne.
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Né à Orcines, près de Clermond-Ferrand, il entre dans la compagnie de Jésus à Aix-en-Provence en 1899. Contraint de quitter la France à cause des lois d'exception d'Emile Combes, il entreprendra plusieurs voyages. Il sera professeur de physique au Caire en Egypte, chercheur en géologie et paléontologie dans le Sussex en Angleterre. Il est ordonné prêtre en 1911.
Caporal-brancardier pendant la Première Guerre mondiale, il sera décoré de la Médaille militaire et de la Légion d'Honneur.
Diplômé en sciences et géologie, il enseigne à l'Institut catholique de Paris. Subventionné par le Muséum d'histoire naturelle, il part en Chine pour une expédition de fouilles. Il effectue une mission en Somalie française et en Ethiopie.

En 1931, il est le géologue de l'expédition Haardt-Citroën, plus connue sous l'appellation légendaire de "Croisière jaune".
Elu membre de l'Académie des sciences en 1950, il voyagera l'année suivante en Afrique du Sud pour des recherches anthropologiques, puis se fixera à New York.
Interdite de publication par la hiérarchie catholique, la plus grande partie de son oeuvre, dont "Le phénomène humain", "Le milieu divin", "Genèse d'une pensée", sera publiée au moment de sa mort grâce à son assistante Jeanne Mortier qui créera au début des années soixante une Fondation et une Association.
Extrait de la vidéo
La vie de Teilhard de Chardin Je vais vous présenter aujourd'hui la vie de Teilhard de Chardin. C'est un homme qui a ses origines en Auvergne, région à laquelle il est toujours resté très attaché. Il y a des lettres de lui alors qu'il parcourait la Chine où il évoque les paysages d'Auvergne avec beaucoup de chaleur. Pierre Teilhard de Chardin est né le 1er mai 1981 à Sarsena.
Le département du Puy-de-Dôme, c'est un petit château situé près de la localité d'Orsines, à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, et d'où on a des vues sur l'alignement des Puy-de-Dôme. Je vais vous présenter sa vie en la décomposant en un certain nombre de périodes caractéristiques. Première période, son enfance, c'est-à-dire de sa naissance jusqu'à l'âge de 17 ans. Il a un père qui a fait l'école des Chartes, qui est passionné d'histoire locale et de sciences naturelles.
Par ailleurs, il vit dans cette propriété, un peu sur le mode de ce qu'on appelait en Angleterre les gentlemen farmers. Sa mère est curieusement une arrière-petite-fille d'une soeur de Voltaire. On cite toujours cette caractéristique parce que Voltaire est un personnage dans lequel on ne s'attendait pas à trouver dans sa descendance un père jésuite. Donc c'est une arrière-petite-fille d'une soeur de Voltaire et c'est une femme trépieuse.
C'est auprès de sa mère que Pierre-Théâtre Chardin a eu sa formation religieuse d'enfance. Il a une famille de 11 enfants, ce qui à l'époque n'était pas extraordinaire, mais parmi lesquels il y a eu des coupes sombres. Il a 4 soeurs et 6 frères, mais 3 de ses soeurs sont mortes assez jeunes, l'une en bébé, l'autre à 13 ans, l'autre à 30 ans, et 3 de ses frères également, dont 2 pendant la guerre de 14-18.
Et si bien qu'en 1918, à la fin de la guerre, au moment où il va vraiment entamer sa carrière, il n'a plus qu'une soeur qui est malade et 3 frères qui auront des descendances que l'on connaît encore aujourd'hui. Il a une enfance très classique dans ce petit château avec ses parents. Il a très vite un goût pour les pierres et pour les métaux. Il aime ce qui est consistant.
Et on raconte d'ailleurs, dans les anecdotes qu'on porte sur son enfance, on raconte qu'il était désespéré le jour où il a vu qu'un bout de métal qu'il avait collectionné se rouillait et donc s'abîmait. On raconte aussi que très petit, il a fait un jour une escapade et on a eu du peine à le rattraper sur la route. Il voulait voir de près les volcans. Ça a été raconté dans un article de Claude Aragonès sur l'Auvergne littéraire.
C'est une anecdote qu'on raconte volontiers. À 11 ans, il entre dans un collège pensionnaire à Montgré, qui est à Villefranche-sur-Saône. Donc ça n'est pas tout près et il ne rentre pas chez lui tous les week-ends. Il reste là jusqu'à son bac, qui passe normalement à 16 ans pour la première partie et deuxième partie à 17 ans, où il passe à la fois le bac philo et le bac maths.
C'est un brillant sujet. Il a un frère, Alberic, qui mourra d'ailleurs très vite et qui lui-même est officier de marine et qui lui conseille de préparer le concours de polytechnique. Mais ça n'est pas son affaire. En fait, dès 18 ans, il décide d'entrer dans la compagnie de Jésus, chez les jésuites, et il commence donc une formation qui est assez longue.
C'est un peu la deuxième période dont je voudrais parler. Vous savez que la formation des jésuites est assez longue. Il y a le novicia, le juvénat, la régence. Ce sont des choses qui durent plusieurs années.
Donc il fait d'abord son novicia d'un an à Aix-en-Provence. Ensuite, son juvénat, qui est une période qui dure deux ans à Laval, en 1900-1901, mais qui se poursuit ensuite à Jersey, parce que dans l'intervalle, il y a eu l'expulsion des congrégations religieuses. Cette période assez difficile pour les congrégations et pour l'Église, où la France a une politique assez sectaire vis-à-vis de l'Église. Donc il est à Jersey en 1901-1902, et c'est là qu'il passe une première licence de lettres à Caen.
En Jersey, il est en Angleterre, il ne peut pas passer par des examens, mais c'est tout près de la Normandie. Alors ensuite, pendant trois ans, il fait des études de philosophie à Jersey, et ça dure de 1902 à 1905. Et là, évidemment, il apprend la philosophie scolastique, mais il a des discussions fiévreuses avec ses camarades, qui tous ont vu de rénover, de réformer l'Église. Et il y a en particulier deux noms qui ressortent à ce moment-là, c'est le père Charles, dont on parlera au cours de sa vie, et le père Valencien.
Dès ce moment-là, pendant ces années de philo, il montre un très grand intérêt pour la géologie et l'histoire naturelle. Et si bien, d'ailleurs, qu'il a des doutes sur sa vocation religieuse, en se demandant si c'est bien sa voie. Heureusement, il a un excellent conseiller parmi les maîtres qu'il a à Jersey, qui lui dit « si, si, vous pouvez très bien concilier tout ça », il lui donne des exemples, il est rassuré, et donc il continue dans sa voie de formation jésuite,