Cagliostro, initié Rose-Croix

Vie et personnalité de Joseph Balsamo (1743-1795), alias comte de Cagliostro, thaumaturge et initié Rose-Croix. Disciple du comte de Saint-Germain, alchimiste et aventurier mystérieux, il a importé la Franc-Maçonnerie égyptienne en France où il est taxé de sorcellerie en 1786. Emprisonné et libéré pour l'affaire du collier de la Reine, il s'exile en Italie où il est arrêté par la Sainte Inquisition pour pratique maçonnique et incarcéré jusqu'à sa mort.

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Brillant charlatan ou homme de connaissance ? Réponse dans cet exposé de Philippe Deschamps.

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Qu'est-ce que l'exposé sur Cagliostro ?

J'ai le plaisir aujourd'hui de vous présenter une conférence sur Cagliostro, l'un des plus grands mystiques du XVIIIe siècle.

Lors de cet exposé, nous aborderons plus spécifiquement Cagliostro en tant que grand initié de la Rose-Croix.

Pendant cet exposé, toute la première partie sera plutôt centrée sur une biographie de Cagliostro.

Nous l'accompagnerons au cours de ses voyages en Europe durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Et en fin d'exposé, nous aborderons plus spécifiquement les rapports que Cagliostro a pu avoir avec les Rose-Croix à son époque.

Tout de suite, en introduction, on peut dire que le matérialisme et le spiritualisme s'affrontent toujours autour du personnage le plus énigmatique de l'histoire du XVIIIe siècle.

En effet, considéré d'un point de vue strictement historique, la jeunesse de Cagliostro reste enveloppée de mystères, ce qui permet à certains de la peupler d'histoires scandaleuses et d'intrigues criminelles sans preuve.

Nous allons donc suivre son existence, pas à pas, depuis l'heure où sa vie est historiquement connue, en Angleterre, en 1776, à l'âge de 33 ans environ, jusqu'à son dernier jour.

La jeunesse de Cagliostro est mouvementée. Il voyage de bonheur en Europe occidentale, mais aucun témoignage palpable de ses travaux, aucune référence nette de ceux qui l'ont connu à cette époque, ne nous est parvenu.

Enfin, en aucun de ces lieux, il n'accomplit d'œuvres analogues à celles qui vont le faire connaître plus tard.

Le comte de Cagliostro, tel qu'on le connaît en Europe, de 1776 à 1789, physiquement, c'est un homme de taille peu élevée, plutôt en dessous de la moyenne, aux épaules carrées, à la poitrine large, donnant une impression de vigueur et de santé.

Une tête puissante, couverte de cheveux noirs, ondulé, flottant, rejeté en arrière.

Et en plus, un embonpoint naissant ne lui enlève absolument rien de sa vivacité.

Sa démarche est toujours alerte, voltigeante, révélant une richesse de vie et une énergie toujours prête à se dépenser.

Je vais citer maintenant un certain Morande, un journaliste, à Londres, en 1776.

Cagliostro, dit-il, vécut en exploitant la naïveté de joueurs à qui il avait fait croire qu'ils possédaient la science de prédire des numéros et de faire de l'or.

Par ces moyens, il leur extorqua de belles sommes.

Cependant, comme aucun d'eux ne voyait s'accomplir ses désirs, ils découvrirent enfin l'imposture, dénoncèrent l'escroc et le firent emprisonner plusieurs fois.

Donc cette histoire, composée par ce fameux Morande, ennemi de Cagliostro, est celle que l'on retrouve souvent dans les biographies de Cagliostro.

Nous différons d'opinion sur un point, cependant, concernant le récit de Morande, l'innocent, opprimé et Cagliostro.

Les escrocs sont ses soi-disant victimes.

En fait, voici l'exposé des faits.

Arrivé à Londres en juillet 1776, sans recommandation, apportant avec lui, tant en bijoux qu'en argent, plus de 3000 livres sterling, eh bien Cagliostro descend avec sa femme chez Mme Juliette, au 4, Whitcomb Street, où il va louer un appartement.

Cagliostro, tant pour venir en aide à des malheureux que pour expérimenter un système de calcul qui l'intéresse, va indiquer plusieurs fois des numéros gagnants à la loterie d'Angleterre et tous, par des supplications, des cadeaux, vont essayer d'en obtenir davantage et le harceler de visite intéressée.

Deux personnages vont lui causer de graves problèmes.

Un certain M. Scott et sa compagne, Mlle Frey, à cause, justement, de ces fameux numéros de loterie.

Et à dater du 10 février 1777, va commencer une lutte sans cesse renouvelée où Cagliostro est accablé tous les jours de menaces, d'arrêts, de saisies, tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre, et chaque fois avec des garanties à fournir, des sommes à verser.

Cagliostro va décider de quitter l'Angleterre et d'en finir avec ses nombreux tracas.

Il va noter, d'ailleurs, je le cite, « Je résolus de fuir pour jamais un pays où l'on méconnaissait ainsi les droits de la justice, de la reconnaissance et de l'hospitalité. » Cagliostro se rend ensuite aux Pays-Bas, puis en Belgique, courant 1778.

Après être passé par Dantzig et Königsberg, le 25 février 1779, bien Cagliostro s'arrête en Courlande, une terre d'élection de l'opultisme à l'époque.

Au XVIIIe siècle, la Courlande est une région située sur la Baltique, dans l'actuelle Lettonie.

C'est un État indépendant à l'époque, sous le protectorat de la Prusse, jusqu'à son annexion par la Russie en 1795.

Cagliostro va demeurer plusieurs mois en Courlande.

Cette principauté a pour prince le prince-duc de Biren, le successeur du prince Charles de Saxe.

Il séjourne dans un palais entouré de jardins, dans la ville de Mitao, l'actuelle Yelgava.

Deux mages, chefs de sectes et noms des moindres, opèrent dans cette petite ville.

Siforte, qui fait des évocations et prononce souvent des présages effrayants, et un certain Weisshaupt dont le renom est vif.

Adam Weisshaupt, professeur de droit canon et de philosophie à Ingolstadt, a fondé en 1776 la secte des très influentes, à l'époque des très perfectibles, devenue plus tard la secte des Illuminés.

Apôtre de la vertu, du progrès intellectuel, moral, Weisshaupt utilise les noms de l'Antiquité, se faisant parfois appeler Spartacus.

Et son programme politique consiste à vouloir renverser les monarchies pour les remplacer par des républiques.

Il est condamné par l'Église en 1783, et très probablement Cagliostro assiste à une tenue de son groupe qui invoque la vertu, la sagesse et la liberté.

La position révolutionnaire de la secte est réprouvée de tous, et nous verrons plus tard que l'Inquisition ne manquera pas de retenir ce fait contre Cagliostro.

Porteur de lettres de recommandations chaleureuses auprès de trois spiritualistes militants, le maréchal de Médème, son frère, ainsi que le chambélan von der Owen, et bien Cagliostro se voit ouvrir les portes, et il est reçu notamment dans le salon de la baronne de Reck de Biren, sur laquelle il va faire une excellente impression.

Elle devient sa disciple et ne le quitte plus.

C'est à Mitao que Cagliostro va accomplir ses premiers faits paranormaux, plus particulièrement dans trois directions, la divination et la voyance, les évocations et les guérisons.

D'après Hervé Masson dans son dictionnaire initiatique, c'est bien à Mitao en 1779 que Cagliostro fait usage pour la première fois de rite magique.

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