La voyance peut-elle s’apprendre ?
Peut-on « apprendre » la voyance, s’affranchir ainsi des barrières habituelles de l’espace et du temps, au sein d’une école et aux côtés d’autres élèves ? C’est la question à laquelle Lucie Luth, chercheuse et enseignante à Sciences Po Aix, a voulu répondre. D’abord sceptique, mais curieuse des sujets que la science officielle rechigne à étudier, elle a entrepris de pousser la porte de cette école.
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Son enquête l’a conduite à rencontrer Maud Kristen, voyante connue en France et à l’international depuis plus de trente ans, et à suivre pendant un an les enseignements de l'école qu'elle a créée, l'École du 6e Sens.
De cette expérience est né le livre À l’école du 6e sens (Éditions Animae, septembre 2026), un ouvrage coécrit par Maud Kristen et Lucie Luth. Elles viennent ici présenter leur ouvrage lors d’une soirée organisée à Paris par l’Institut Métapsychique International, au Forum 104.


La voyance serait davantage une affaire de ressenti que de vision
L’un des constats surprenant qu’elles partageront avec le public concerne la place de la vue : paradoxalement, ce serait le sens le plus distant, celui qui nous tient à l’écart des perceptions. D’autres sens seraient davantage sollicités : l’ouïe, le toucher, l’odorat et les sensations corporelles. Selon Maud Kristen, ces autres sens contribueraient à faire émerger les perceptions associées à la clairvoyance.


Un processus comparable au retour d’un lointain souvenir, qui se précise peu à peu
Maud Kristen résume sa méthode ainsi : « ce sont les autres sens qui permettent de voir. » Celle-ci ne repose ni sur les chakras ni sur les auras, mais sur une « mémoire expérimentale » qui mobilise le corps et les émotions pour faire émerger des informations. Elle compare ce processus au retour d’un souvenir : par vagues successives, celui-ci se précise peu à peu.
Entre la présentation des protocoles élaborés pour son école et leur mise à l’épreuve sur un plan scientifique au péril de la reproductibilité — risque que Maud Kristen a toujours recherché —, cette conférence invite à interroger notre façon de mobiliser nos sens et à réfléchir à ce que la voyance pourrait révéler de nos capacités de perception. Alors Lucie, quelles conclusions en avez-vous tirées ?