La magie spirituelle aux rituels complexes entourant les cérémonies de l'ordre le laisse dubitatif. En revanche, il adhère avec passion à la philosophie (gnose ?) de la réintégration. Une philosophie qui le marquera à vie.
En 1771, il quitte l'armée pour devenir le secrétaire particulier de Martinès de Pasqually. Grâce à son énergie, l'ordre s'organise avec efficacité et le maître profite du talent de son jeune assistant pour avancer dans l'écriture de ses textes, dont l'emblématique Traité sur la réintégration des êtres.
Quel a été l'apport de Saint-Martin dans les différentes versions de cet ouvrage?
De nouvelles découvertes ont-elles été faites récemment concernant la gestation du Traité?

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Après le départ de Martinès de Pasqually pour Port-au-Prince, en 1772, Saint-Martin débute avec Jean-Baptiste Willermoz son activité de professeur des Elus Coëns. C'est à cette époque qu'il écrit son premier ouvrage, Des erreurs et de la vérité, qu’il signa « Un philosophe inconnu ».
En 1780, l'ordre des Elus Coëns cesse officiellement ses activités. Après une fugace passion pour le mesmérisme, Saint-Martin prend alors connaissance de l'oeuvre de Jacob Boehme qui le bouleverse. A partir de cette découverte, sa quête s'intériorise et le caractère théorique de ses premiers écrits s'estompe au profit d'une dimension plus poétique.
En 1790 il décide de rompre avec toutes ses affiliations antérieures : Ordre des Elus Coëns et franc-maçonnerie.
Cette évolution portera-t-elle Saint-Martin a abandonner aussi la philosophie développée par Martinès de Pasqually? Peut-on comprendre son oeuvre sans la lecture préalable du Traité sur la réintégration des êtres? La question est ouverte, mais une chose est certaine, par ses livres, comme Des erreurs et de vérité (1775), le Tableau naturel (1782)..., le Philosophe inconnu a largement contribué à assurer la pérennité des idées de Martinès de Pasqually.
Cet exposé de 33 minutes a été filmé lors du colloque du tricentenaire de Martines de Pasqually, organisé par l'Institut Eléazar et la revue Renaissance Traditionnelle, à Marseille, en septembre 2010.