Saint-Yves d'Alveydre
Alexandre Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909), poète et écrivain, est un ésotériste chrétien qui influença Papus, Stanislas de Guaita et René Guénon. Fasciné dans sa jeunesse par Victor Hugo et Antoine Fabre d'Olivet, il puise dans l'œuvre philosophique et historique de ce dernier les germes qui devaient décider de sa future orientation littéraire, teintée d'occultisme.
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Cherchant à réconcilier religion et science, il crée ainsi le concept de synarchie qu'il décline longuement dans ses principaux ouvrages : "Mission des Souverains" (1882), "Mission des Ouvriers" (1883), "Mission des Juifs" (1884), "Mission de l’Inde en Europe" (1886), "La France vraie" (1887) et "L'Archéomètre - Clef de toutes les religions et de toutes les sciences de l'Antiquité - Réforme synthétique de tous les arts contemporains" (1909).
Il décède alors qu'il commence à travailler sur l'Archéomètre, une clef universelle permettant de jauger l'Antiquité et de déterminer la valeur de chaque système philosophique, scientifique ou religieux, afin de l'intégrer à l'arbre universel de la science ou de la tradition.
Extrait de la vidéo
Ce soir, je vais vous parler d'un écrivain peu connu qui s'appelle Saint-Yves d'Alveydre.
Je vais donc vous parler en premier lieu, en première partie, de sa vie, de sa biographie.
En deuxième partie, je vous parlerai de son œuvre, je dirais, socio-politique, qui est la scénarchie, et les ouvrages, bien sûr, qui la défendent.
Et en troisième partie, de son œuvre philosophique et ésotérique, qui est l'Archéomètre.
Et je pense que ces trois volets d'un triptyque permettront de, peut-être, de faire connaissance avec cet homme particulièrement intéressant.
Il a pris à compte au courant toutes les idées historiques et philosophiques de son siècle.
Son siècle était un siècle positiviste, matérialiste, 19e siècle est ainsi, et lui, au contraire, recherchait dans l'Histoire les bases philosophiques spiritualistes qu'on pouvait y trouver.
Alors, ce monsieur, qui était né, comme on a dit, en 1842, et pour les astrologues, je peux signaler qu'il était du signe du bélier, ascendant au lion, donc de signe de feu, et ça s'explique beaucoup, tant on le connaît, et qu'il a eu une enfance, non pas difficile, mais une enfance rebelle.
Rebelle, pourquoi ? Parce qu'il n'aimait pas l'école. Il s'est ennuyé, en fait.
Mais ça, il y a beaucoup de gens comme ça. Il s'est ennuyé, et on dirait de nos jours qu'il était peut-être surdoué.
Ça n'existait pas encore à l'époque. Il était fils d'un praticien, d'un médecin.
Ils l'ont appelé à l'époque un aliéniste. Maintenant, on dit un psy.
Mais enfin, c'est la même chose, avec des moyens différents, bien sûr.
Ce père était chef de service à l'hôpital Saint-Anne, qui déjà avait la vocation de soigner les problèmes de dérangement cérébraux.
Et il avait voulu de son fils, il aurait aimé que son fils puisse avoir la même vocation et faire comme lui.
Mais Alexandre Saint-Yves... Au départ, il s'appelait Alexandre Saint-Yves. Point final.
Alexandre Saint-Yves avait de son côté d'autres idées. Il aimait l'histoire, il aimait la philosophie.
Et quand son père, après le bac qu'il a quand même obtenu, l'a envoyé faire des études de médecine navale à Brest, il a continué à s'ennuyer profondément. Et au bout d'un an, il a tout laissé tomber.
Et il est parti, devinez où ? À Lernezé. Pourquoi à Lernezé ?
Parce qu'il y avait à Lernezé un personnage important, très connu en son temps déjà, que tout le monde connaît, celui-là.
Il s'appelle Victor Hulot. Victor Hulot, c'était la toteluche, à l'époque.
Victor Hulot, c'était le monsieur qui était, disons, écrivain, poète, mais en même temps un homme politique, engagé.
Il avait joué un rôle politique avant l'exil. Il est parti en exil, comme on sait, en 1851, quand le prince Louis-Napoléon Bonaparte a fait son coup d'État, en décembre 1851, pour se faire proclamer empereur des Français sous le nom de Napoléon III, que Victor Hulot appelait le petit Napoléon, parce qu'il avait un grand respect pour Napoléon Ier.
Et son père, entre guillemets d'ailleurs, on peut dire, son père était un général d'Empire, le général Hulot.
Et donc, sa vie d'adversaire, comme beaucoup d'intellectuels français n'avaient aucune idée en tête, c'était de rencontrer Victor Hulot. Le rencontrer, tirer la main.
Mais bien sûr, on n'approche pas Victor Hulot comme ça.
Victor Hulot était un monsieur très entouré, très protégé. Il avait une aura, et même une auréole de gloire.
Et on n'approchait pas ainsi facilement un jeune homme qui arrivait comme ça de France, sans titre, sans rien.
Il ne pouvait pas être aussi...
Ils n'en peuvent qu'à Saint-Yves, mais approfitent son séjour dans les îles anglo-normandes, en venant connaissance de personnes qui l'intéressaient.
Entre autres, Mme Pelleport, qui était la veuve de Pelleport, qui avait joué un rôle politique du jadis.
Et Mme Pelleport lui fait connaître l'œuvre et la pensée de Fabre d'Olivet.
Fabre d'Olivet, personnage aussi très curieux d'ailleurs, qui avait traduit Les Verts Dorés de Pythagore.
Il avait écrit la Loi des prêtres instituée. Il avait écrit en plus un monument historique sur l'humanité.
Mais cette œuvre, qui était déjà connue à l'époque, dérangeait beaucoup.
Et Saint-Yves, rebelle, aimait ce qui dérange.
Et lui-même avait l'intention de déranger beaucoup de choses, déjà, dès le départ.
Donc il s'intéresse beaucoup à l'œuvre de Fabre d'Olivet.
Donc l'histoire du genre humain de Fabre d'Olivet est connue.
Et il se dit, tout ça c'est intéressant, mais il faut aller là où il y a les sources même de ce courant philosophique, c'est-à-dire à Londres.
Car c'est là que ça se passait depuis le début du XVIIIe siècle.
C'est à Londres que se trouvaient les sources importantes de la philosophie, dites qu'on appellerait maintenant l'ésotérique.
Il part donc à Londres. Il va rester plusieurs années, 3 ou 4 ans à Londres.
Pourquoi ? Parce qu'il va tous les jours, il passe ses journées entières, à la ville du Thèque Royal, où là il va avoir, disons, accès à des manuscrits, à des ouvrages, etc.
Il rencontre, ça c'est important de le noter, il rencontre la pensée des utopistes.
On sait que l'utopie, qui est tenue avec Platon, et peut-être même avant, dans l'Antiquité, était quand même, disons, très en vogue en Angleterre, avec des auteurs comme Thomas More, comme Francis Bacon, et quelques autres.
Cela l'intéresse beaucoup. Il commence à penser que la société dans laquelle on vit, et ça n'a pas changé depuis, elle n'était pas, disons, très adaptée à un idéal, elle était dépourvue d'idéal, elle était déjà très matérialiste, très politisée, et il se dit qu'il faut que ça change.
Enfin, ce n'est pas si simple que ça, de changer des choses, on ne se rend pas compte de ça tous les jours.
Donc, que fait Saint-Yves ? Il étudie, il étudie, et il devient vraiment très savant, il a une grande mémoire, un homme très intelligent, il assimile énormément de choses, et il devient vraiment un érudit.