Mars, servir le Soleil
Dans tous les récits, dans toutes les mythologies, le guerrier se met au service du Roi. Dans l’étude progressive de la symbolique des planètes, et notamment dans leurs différents niveaux de lecture, nous avons successivement abordé le Soleil (la vitalité, l’énergie de soi, la conscience du Soi, l’Eveil - la guérison) puis Mercure (l’électricité, le système nerveux, la pensée, la réception du mot’ d’El – "mot de Dieu", la conjonction des opposés), Vénus (la beauté, le désir, le magnétisme, le charme) puis la Lune (la naissance des formes, la sensibilité, la conscience singulière, l’Anima Mundi).
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
Au sujet de Mars, et dans cette formidable continuité quasi magique que l’on constate au fil de cette étude, une continuité qui démontre que chaque planète complète et prolonge la précédente, Luc Bigé, nous dit :
"une fois la forme créée par la Lune, Mars doit à présent la multiplier et veiller à sa survie !"
Mars, Dieu de la guerre et de la colère dans son premier niveau de lecture, se révèle donc comme une énergie conquérante et protectrice des "formes", de la manifestation. Il existe ainsi douze types de colère, douze manières d’exprimer son agressivité : Mars dans les douze signes du zodiaque.


Mais Luc Bigé est un chercheur spirituel dont l’approche vise dans la mesure du possible à "tutoyer les Dieux". La psychologie, l’anthropologie et même les religions, notamment dans leurs acceptions littérales, ne sont que des formes de pensée, des constructions collectives plus ou moins conscientes. Son travail, sa proposition, est de nous faire comprendre que toute horizontalité, toute superficialité autrement appelée "développement personnel" n’est qu’une étape liminaire vers le transpersonnel, vers l’initiation véritable.
Ainsi Mars, dans un thème de naissance donné, doit lui-aussi élargir son champs de conscience et quitter ses oripeaux égotiques: faire sien ce qu’Alice Bayley écrivait dans Le Tibétain : "le Service est à l’âme ce que le désir est à la personnalité".
Mars, sentinelle de l’invisible ? Du Soi ?
A travers le récit et les combats de trois héros de la mythologie grecque (tous trois ont d’ailleurs donné leur nom à une étoile – phénomène de catastérisation - est-ce un hasard ?) : Orion (né de la Terre/ son combat : l’individuation), Hercule (Zeus s’incarnant en forme humaine / son combat : l’expansion de conscience) puis Persée (qui prit forme en pluie d’or/ son combat : la destruction du mal incarné par la Gorgogne), Luc Bigé nous propose une triple lecture de l’acte héroïque. Un acte où l’on affronte son ombre - les ombres - et à travers elle(s) nos peurs les plus profondes. …
Ainsi, si la fonction première de Mars consistait à sortir de la Lune, son ultime fonction demeurerait : servir le Soleil.
Extrait de la vidéo
Alors, je vous rappelle le suivi symbolique, qui est simplement l'ordre du système solaire. Donc le Soleil, au niveau le plus basique, c'est la vitalité, donc c'est un facteur de santé dans le thème, et on a vu que sur le plan le plus élevé, c'est un facteur de guérison, parce que le contact avec le soin nous guérit nécessairement de toutes nos pathologies. Et c'est un facteur de... donc sur les différents niveaux du Soleil, si vous voulez, c'est vitalité, conscience de soin, conscience du soin, et éveil, ou guérison, ça c'est toute la dimension d'Apollon.
Ensuite on a vu comment l'énergie passait sur Mercure, donc Mercure, c'est la mise en mouvement de l'énergie digitale, donc on aura ici l'électricité, ici on aura, alors l'électricité en rapport avec le cerveau, évidemment, le système nerveux, donc système nerveux, donc la pensée, donc le mouvement, donc un élément qu'on oublie souvent sur Mercure, c'est la jouissance du mouvement, donc il y a une dimension sexuelle, j'évoquais hier, sur Mercure, mais qui est en rapport avec l'énergie de vie circule.
Conscience du soin, l'équivalent, c'est recevoir le modèle, c'est-à-dire percevoir directement les pensées de Dieu, les pensées platoniciennes, et au plus haut niveau, évidemment, Mercure, c'est cette capacité, c'est la conjonction des opposés, c'est-à-dire cette capacité de relier les choses contraires et de faire sortir le troisième point, donc son grand symbole évidemment, ça va être le triangle, et du reste, dans le ciel, Mercure, les rétrogradations de Mercure forment un triangle, si vous regardez comment les rétrogradations successives de Mercure font ça, et ça, donc vous voyez qu'on a un triangle, on a une série de triangles en réalité, qui se forment au fur et à mesure que Mercure avance dans le ciel, donc les signatures de Mercure, c'est le triangle, une plante comme l'iris, par exemple, qui a un double triangle dans sa fleur, et d'essence mercurielle, d'excit de la tradition alchimique, donc à chaque fois que vous avez cette forme triangulaire, vous avez la présence de Mercure.
Ensuite, on est passé à Génus, donc vous voyez qu'est-ce qui se passe, une fois que l'énergie vitale solaire est mise en mouvement, elle va créer un champ de forme, un champ magnétique, donc sur le plan physique, on a l'apparition du magnétisme, tout mouvement, tout courant électrique engendre un courant magnétique, et au niveau du soi, on aura aussi le magnétisme, évidemment, mais le magnétisme au sens du charme, au sens vénusien, donc au sens de la révélation de la beauté, que j'évoquais tout à l'heure.
Sur le plan du soi, on aura le charme, mais pas au sens mondain, comme précédemment, mais au sens de cette capacité à lancer des sorts, à entrer dans le monde magique. Un charme, c'est quoi ? C'est un pintacle. Vous savez que les anciens sorciers du Moyen-Âge avaient ces objets magiques qui s'appelaient pintacles, qui est en fait une étoile à cinq branches.
C'est quoi un pintacle ? Pourquoi un pintacle ? Parce qu'en fait, le pintacle, c'est les rétrogradations de Vénus, c'est-à-dire que si vous suivez le mouvement des rétrogradations de Vénus, vous avez ici, ici, ici, ici, ici, et elle reprend exactement à deux degrés de la précédente la fois suivante. Donc le pintacle, il va se dessiner comme ça.
Et donc, dans ce pintacle, évidemment, les anciens magiciens dessinaient un seau à l'intérieur, et ça servait à quoi ? Simplement, lorsqu'on dessine cette forme magique, c'est une forme qui permet l'incarnation dans le visible de l'invisible, d'où le pouvoir magique. Si vous dessinez, je ne sais pas, une forme qui symbolise la richesse, vous allez attirer la richesse. Donc c'est ça le charme sur le plan spirituel de Vénus, c'est-à-dire que c'est de créer une forme parfaite, une forme qui attire, qui est la matrice, la matrice du soleil, la matrice du monde invisible.
Donc d'où le côté, évidemment, charmeur de Vénus, dès que Vénus enlève sa ceinture, qui n'est pas une ceinture de ventre, qui est la ceinture qui entoure le cœur en réalité, ce qui est symboliquement plus intéressant, enfin ce qui ne symbolise pas la même chose, mais en tout cas c'est la ceinture, c'est un baudrier en fait, la ceinture de Vénus. On croit souvent que c'est une ceinture ventrale, mais pas du tout.
Donc c'est lorsqu'elle ouvre son cœur, en réalité, qu'elle attire l'amour nécessairement. Donc c'est simplement, et c'est ça son pouvoir magique, c'est-à-dire c'est lorsqu'elle adopte une forme, une posture juste, intérieure, que les choses vont se passer. Donc ça c'est le pouvoir spirituel de Vénus. Et les grandes déesses, les grandes vénusiennes sont des tisseuses.
On a Pénélope, évidemment, on a Pandore, et on a Athéna qui enseigne l'art du tissage à Pandore. Donc le tissage c'est quoi ? C'est simplement cette capacité, alors vénusienne, si on fait juste un point sur ce grand symbole universel, vous savez que le tissage est formé d'une trame et d'une chaîne. Pour tisser, le métier est tisser.
Et le fil, évidemment, va passer entre la trame et la chaîne. Donc au fond, à force de faire passer des fils, on va révéler un dessin. Le dessin, vous l'écrivez comme vous voulez, on peut l'écrire comme ça. Donc les fils verticals représentent au fond le monde des archétypes, la transcendance, les grandes forces signifiantes qui nous animent.
Les fils horizontaux représentent l'ordre de la vie ordinaire, l'ordre de la vie quotidienne. Et le fil, c'est le mouvement de notre existence. Donc le mouvement de notre existence, il est toujours, au fond, tiraillé entre des événements qui nous arrivent ou des impulsions intérieures qui sont de l'ordre d'une transcendance, qui manifestent la transcendance, et puis une organisation quotidienne. Et donc lorsqu'on est là, on fait un choix.
Est-ce qu'on va vers le haut ? Est-ce qu'on descend vers le bas ? Ou est-ce qu'on fait comme si ce n'était rien passé ? Lorsqu'on reçoit un impact, évidemment, du monde du sens, on peut dire non, non, moi je n'ai rien vu, je continue comme avant dans mon horizontalité habituelle.
On peut dire, oui, mais c'est trop dur, j'accepte, mais ça me fait descendre dans le fond du gouffre. Ou au contraire, ça peut m'élever et créer un insight, une prise de conscience. Donc la vie, c'est ça, au fond. Donc la vie, c'est un grand tapis que l'on va dessiner au fur et à mesure de nos aventures.
Et qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer que le dessin de Dieu va se révéler dans ce grand tapis.