Sa bonne humeur communicative et sa naturelle bienveillance font de lui un personnage bien intégré dans la vie sociale. Trop bien intégré parfois si sa tendance à épouser le savoir-vivre ambiant éclipse doucement sa nature essentielle. Atteint de "normose", sa présence paraît alors insignifiante à force de refuser inconsciemment tout relief d'expression : la vie du Sagittaire s'appuie alors sur un rôle social, prothèse parfaitement adaptée. Revêtu de ce masque, il trouve une compensation dans un sentiment de sécurité émanant de la vie ensemble. Il se laisse ainsi porter, plus ou moins confortablement selon les sollicitations, par le flux collectif.

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Socialement parlant une telle attitude lui réussit souvent (reconnaissance sociale, prospérité ....) au détriment des parties de lui-même non reconnues comme valables par son groupe. Sécurisé à l'intérieur du cercle de la respectabilité il adopte des allures de conquérant, toujours prêt pour de nouvelles aventures. Emplissant l'espace de sa présence, tout devient prétexte au départ, l'attrait de la découverte est à la mesure de l'exotisme qui l'attire. Ethnologue, géographe ou baroudeur, il lui est parfois difficile de distinguer entre l'authentique désir d'élargir ses horizons et la "fuite" de la monotonie du quotidien. Eveillé au goût de l'aventure, tiraillé entre son amour de la grande prairie et un profond sentiment d'appartenance à une communauté, il oscille sans cesse entre "l'Ailleurs" et le "Social". Jamais il n'avouera sa vulnérabilité face à la pression sociale et sa dépendance vis-à-vis du "qu'en dira-t-on". Bien au contraire, il revendique indépendance et auto-initiative ; mais une voix au fond de lui-même crie "ne m'enfermez pas", incapable qu'il est de vivre dans une prison, même dorée.
Contrairement au signe précédent, le Scorpion, il veut croire en la bonté naturelle de l'homme. Ce trait d'esprit, s'il lui permet de conserver une foi inébranlable en un avenir radieux, le vulnérabilise dans ses relations humaines. Incapable de voir la ruse ou l'égoïsme derrière un sourire avenant, il se fourvoie aisément devant l'apparence de la sincérité.

Se laissant ainsi facilement charmer, le Sagittaire fait montre d'une naïveté bon enfant. Etre civilisé par excellence, il vaque dans l'apparente quiétude d'un monde où règnent le respect d'autrui et la primauté de l'intérêt collectif sur le désir individuel. Aveuglé par cet excès d'optimisme et de confiance il croit naïvement que tous partagent ces mêmes idéaux et refuse bien souvent de voir les dragons, serpentaires et autres monstres qui jonchent le champ de bataille du Scorpion.

Pour cette raison l'optimisme légendaire du Sagittaire, ô combien nécessaire, est tissé d'angoisses. Tout se passe comme si le Sagittaire voulait amasser un terreau fertile sur les débris chaotiques d'un passé révolu, nier la négativité de sa nature, et à fortiori celle des autres, pour construire un avenir de lumière. Cette attitude ou plutôt cette fonction zodiacale a pour conséquence :

une introspection limitée au strict nécessaire,
une attitude messianique de l'être qui s'épuise parfois à réaliser le bonheur des autres .... malgré eux…
En perdant de vue tout ce qui n'est pas la cible, l'Archer s'oublie lui-même. Des colères aussi courtes que violentes viennent soudainement rappeler à son entourage les limites de sa sociabilité : grâce à elles le Sagittaire se ressource aux eaux vives de sa nature profonde. Il a soudainement le besoin d'être asocial pour se prouver qu'il existe vraiment. Colère et ironie moqueuse sont les moyens qu'il affectionne le plus, elles lui font l'effet d'une bouffée d'air pur après une immersion prolongée dans l'atmosphère fétide des conventions…..
Souhaitez-vous partir à la découverte de ce neuvième signe, le Sagittaire, et saisir toute l’ambivalence qui le caractérise : devoir choisir entre le confort de son écurie et l’appel du galop éperdu vers des horizons toujours renouvelés...
Ami Sagittaire : parviendras-tu à surmonter ton attirance pour la caresse de l'homme ?

texte © Luc Bigé