L’Ere du Verseau et l’héritage de Paul Le Cour 2/2
L'Ère du Verseau est un concept d’astrologie qui est entrée dans le langage courant mais peu de gens savent que c’est le français Paul le Cour (1871-1954) qui l’a révélée le premier en 1937. En effet, pour Paul le Cour, l'ère du Bélier a commencé en 2160 av. J.-C., elle est suivie de celle des Poissons avec la naissance du Christ, tandis que l'ère du Verseau serait censée débuter en 2160. Selon les calculs astronomiques de Le Cour, les grandes périodes de notre histoire seraient déterminées par l'alignement du Soleil avec une des constellations du zodiaque au début du printemps astronomique (point vernal). Le déplacement relatif du Soleil par rapport aux constellations permet ainsi de parler des « ères » du Bélier, des Poissons etc., chaque « ère » durant environ 2160 ans.
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !


Toujours selon le Cour, nous serions sur le point de quitter l'ère des Poissons, période à dominance religieuse et belliqueuse pour entrer dans l'ère du Verseau, qui sera, selon ses prévisions, une époque d'harmonie retrouvée.
Cette table ronde réunit Jacques Halbronn et Jacques Grimault. Elle s’adresse à une audience qui dispose déjà de certaines bases d’astrologie… ou si vous n’y connaissez rien, cela va être l’occasion pour vous d’y plonger! Durée : 92 minutes (disponible en deux volets).
Extrait de la vidéo
Alors, Paul Lecour, a-t-il pu avoir accès à ces textes apocryphes ? Qu'en a-t-il tiré ? Qu'en a-t-il fait pour nos téléspectateurs et pour les spectateurs de l'École des sciences de l'université de l'Université de Paris ? Alors, Paul Lecour, a-t-il pu avoir accès à ces textes apocryphes ?
Qu'en a-t-il tiré ? Qu'en a-t-il fait pour nos téléspectateurs ? Est-ce que l'on pourrait maintenant plus aborder son ouvrage, Paul Lecour, l'ère du Verseau, le proche avenir de l'humanité, préfacé par Jacques Darès ? Probable que s'il devait être réédité, je le préfacierais.
Alors, sans doute, l'un d'entre vous pourrait-il nous expliquer un petit peu la vie de cet ouvrage, puisqu'on s'aperçoit que depuis sa création dans les années 30, il a toujours connu des évolutions successives, en tout cas dans sa préface, pas forcément sur le fond. Jacques Darès, dans cette dernière édition, a quand même apporté tout un chapitre entier, peut-être un peu plus éclairant. Oui, il a donné des éléments supplémentaires.
Simplement, il faut souligner ceci, Paul Lecour n'est pas un astrologue, ça n'est pas un doctrinaire, ça n'est pas un idéologue. C'est un personnage, comme je l'ai dit, qui se documente parce que ça l'intéresse. Il cherche le secret de la vie, le secret de l'univers, le secret du monde. Quelle était sa vraie spécialité à Paul Lecour ?
En fait, il était employé administratif et voyageur. C'était un grand sportif, c'est un homme qui a inventé une partie du sport qu'on appelle le canoë-kayak, qui a développé également une instrumentation pour la personne qui voulait se déplacer dans la nature avec un vélo, une tente, un canoë-kayak, etc. C'est quelqu'un qui expérimente. Oui, mais ce n'est pas cela qui le marque de manière indélébile et remarquable, c'est sa vie intérieure.
C'est un homme qui, vu de l'extérieur, n'apparaît pas comme autre chose qu'un type obsédé de camping, de grand air, etc. Oui, exactement, il aurait pu, il aurait pu. Mais c'est surtout sa vie intérieure, il ne cesse d'interroger la nature, l'homme, etc. Et donc il va dans les documents, il ne va pas rechercher l'ésotérique.
M. Vrines a raison de dire que Paul Lecour n'est pas astrologue, et je dirais même plus que les astrologues ne se sont pas intéressés aux travaux de Paul Lecour. Non, parce qu'il n'est pas astrologue. C'est assez paradoxal, parce qu'aujourd'hui, les astrologues n'ont à la bouche que cette histoire des airs précisionnels, mais en réalité, au départ, ça a été élaboré par des gens qui n'étaient pas du tout astrologues.
De Charles-François Dupuis à Paul Lecour, c'est un tout autre ensemble de chercheurs qui ne sont pas astrologues, et qui ne pourraient donc pas se situer dans une optique astrologique. Et il y a eu ce que j'appelle le fameux syncrétisme astrologique, qui fait qu'à un moment donné, dans les années, je dirais presque après-guerre, que ça a été intégré dans la doxa astrologique. Donc, c'était un apport au niveau de la gravité, et c'est extrêmement tardif.
Notamment grâce à ça, ça apparaît en 1934. En 1934, la guerre vient effacer, si je puis dire, l'impact, et après, ça reprend avec ça en premier temps. Et d'ailleurs, ce qui est assez amusant, c'est que les astrologues qui sont en France tropicalistes convaincus se trouvent obligés de parler de l'ère du Verseau qui renvoie à un autre Zodiac. Et là aussi, ils sont un petit peu en porte-à-faux.
Mais ils ont été obligés de récupérer cette doctrine qui était si importante... Je ne crois pas. L'erreur vient à mon sens. L'erreur vient du fait que les astronomes ont attaqué les astrologues en disant, votre ignorance, c'est ça qui vous rend remarquable.
Vous confondez Zodiac tropique et Zodiac sidéral précessionnel. C'est faux. La réalité, c'est que les astrologues se préoccupent du Zodiac des saisons parce que c'est adapté à l'homme. Le Zodiac précessionnel est adapté aux civilisations.
Non, je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord avec ce que l'on a vu. L'astrologie indienne est une astrologie sidéraliste. Il y a des astrologues qui sont sidéralistes.
Donc, l'astrologie est tropicaliste, etc. J'ai dit ici en France. Personne en France ne fait d'astrologie indienne. Je suis désolé de vous dire qu'il y a...
Il a fallu attendre la bourrée pour faire un ouvrage sur le sujet. Il y a une fédération d'astrologie sidéraliste... Après le cours. Attendez, on n'a pas dit le contraire.
Je vous ai dit que l'astrologie n'a récupéré... Et d'autre part, le sidéralisme, c'est une chose. La doctrine des Zodiacs précessionnels, c'est une autre chose. La plupart des astrologues qui, aujourd'hui, acceptent la théorie des Zodiacs précessionnels ne sont pas sidéralistes.
Mais je dis que parallèlement... Ils ne peuvent pas l'ignorer. Parallèlement, il y a une astrologie sidéraliste. C'est ça que je voulais préciser.
Il y a même une astrologie stellaire qui est encore autre chose. C'est-à-dire une astrologie qui s'intéresse aux relations entre les planètes et les étoiles. C'est une autre école. Non, c'est un autre outil.
C'est une variété d'outils et d'applications astrologiques et rien d'autre. Ça veut dire que ça domine en Inde, mais ce n'est pas un outil supérieur à ceci ou cela. Vous parlez de récupération à un moment donné. Est-ce que l'ère du Verseau, on voit ici et là qu'elle est récupérée par le New Age ?
Aquarius Age. Aquarius Age. Est-ce que vous pourrez l'un et l'autre développer votre point de vue sur cette question ? Certainement.
M. Grimaud, c'est un sujet qui l'inspire beaucoup. Moi, je suis moins enthousiaste, bien qu'à l'époque. Je ne l'ai jamais publié dans ce domaine.
Aquarius Age, bien sûr. Il est clair que la théorie des ères précessionnelles a été effectivement récupérée de façon irréversible par les astrologues qui ne peuvent plus s'en passer. Et aujourd'hui, dans tous les colloques, c'est une théorie qui est presque anti-astrologique. C'est ça qui est un paradoxe.
C'est un peu le cheval de Troyes de l'anti-astrologie dans l'astrologie. Pourquoi elle est anti-astrologique ? Parce que l'astrologie fonctionne sur des cycles beaucoup plus courts, en fait. On a dit tout à l'heure les cycles de 20 ans ou de 200 ans, etc.
Et en fin de compte, on est passé d'une théorie... Le grand paradoxe pour moi, franchement, de la théorie... Quand on nous parle d'un cycle de 26 000 ans, c'est comme si on ne nous parlait pas d'un cycle du tout. À l'échelle humaine et même à l'échelle historique, qu'est-ce que c'est qu'un cycle de 26 000 ans ?
C'est-à-dire que ça n'a plus... et même de 2160 ans. Donc l'astrologie cyclique, elle est écrasée par ce cycle, voyez-vous. Et donc finalement, moi qui m'intéresse énormément à la psychologie astrologique, je ne peux pas avoir de sympathie spécialement pour une théorie qui, au fond, sous couvert d'une cyclicité, fait de la non-cyclicité.
Quand je dis à quelqu'un que pendant 2000 ans, il va rester dans une même étape, quelque part, je mets en question toute la théorie cyclique. Donc c'est très vicieux. C'est-à-dire qu'on remplace une théorie cyclique de 20 ans, 30 ans, 50 ans, 100 ans, par une énorme théorie en disant, voilà, vous voulez du cycle, on vous donne du cycle. Mais en vous donnant un truc, un maxicycle, on n'a plus de cycle du tout.
On est dans la linéarité. Mais surtout, ça c'est, à mon sens, une invention totale. M. Elbrun, tout à l'heure, parlait de l'astrologie hindoue.
Il faut considérer que l'astrologie tropique ne s'occupe que du cycle équivalent à la durée de vie globale d'un homme. Les autres cycles, ils s'emboîtent les uns dans les autres. La théorie, entre guillemets, toujours théorie, la doctrine du cycle précessionnel, il a pour considération l'humanité, c'est-à-dire un ensemble extrêmement vaste, historiquement, culturellement, etc., un ensemble très fouillé, très complexe.
Ça n'a rien à voir en apparence, mais ça n'est qu'une seule et même chose, à savoir la cyclicité dans l'univers, ce sur quoi se fonde doctrinalement l'astrologie, avec raison.