Le rayonnement d'André Barbault en Italie
« Il existe une fraternité astrologique au-delà des langues et des frontières géographiques », affirme, dans cet exposé, Grazia Mirti, astrologue d'origine italienne. Le mouvement des astres, leurs influences sur les mers, les terres et les hommes ne connait en effet aucune frontière dessinée par la main de l’homme. Un principe universel qui nous rappelle notre petitesse, notre vulnérabilité et le lot de conditionnements dont nous sommes les creusets, mais à la fois nous ouvre à une compréhension plus large des lois de l’univers… Ni « amies », ni « ennemies » : juste immuables. Telle une germination perpétuelle, à l’image du cycle des saisons.
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Grazia Mirti a rencontré André Barbault pour la première fois dans les années 70. L’homme était déjà au firmament de sa notoriété. Une amitié est alors née entre eux deux, amitié nourrie d’une longue correspondance, d'échanges et de traductions* entre Paris et Turin.


« André Barbault était pour moi un modèle, un mythe, un précurseur, une grande âme »
Evoquant différents souvenirs, parfois romantiques, comme cette visite du Père Lachaise, les thèmes de naissance en main de tous ces illustres personnages qui ont marqués l’histoire de la France, ou plus techniques, comme les « erreurs » qu’aurait pu commettre André Barbault dans ses prévisions astrologiques (erreurs qui n’en étaient pas, in fine, et plutôt l’occasion pour lui de découvrir que certains transits, selon les personnes, se manifestaient avec un an de retard) Grazia Mirti nous dépeint, dans ce bref exposé, le portrait d’un homme attachant, avide de partager le fruit de ses travaux.
« Un père spirituel » selon ses propres termes.
Remerciements à l’école d’astrologie Agapé, organisatrice de ce mémorable colloque.
* Grazia Mirti fut directrice pendant vingt ans de la revue astrologique italienne « Linguaggio Astrale ».
Extrait de la vidéo
Bonsoir, j'ai connu le grand André dans les années 70, lorsque j'ai participé à un week-end astrologique dans un pensionnat près de Chambéry sur la route de Grenoble. Yves Lenoble était également présent, nous nous souvenons encore de ce séjour, bien des années après. J'avais été frappé par la simplicité quasi-spartiale de l'endroit, des draps pliés sur le lit que nous devions faire nous-mêmes, la préparation collective de la table avant et après les repas, une grande camaraderie entre les conférenciers et les élèves.
Un impact surprenant pour moi, habitué au dédain de certains personnages persuadés de posséder la vérité, jaloux de leur savoir et soucieux de garder leur distance. Le soir, on se regroupait gaiement autour de celui qui, déjà à l'époque, était une pointure, André Barbeau. Parisien, aux yeux pénétrants, il nous scrutait avec acuité et répondait de bonne grâce à nos questions. J'avais risqué une question insidieuse.
Je lui avais demandé s'il ne s'était jamais trompé dans ses prévisions astrologiques. Il avait répondu par l'affirmative et mentionné une dame à qui il avait rédigé un thème prévisionnel. Quelques mois plus tard, cette personne était revenue vers lui et lui avait expliqué que les choses allaient très mal et que rien de ce qu'il avait prévu n'était arrivé. André lui avait proposé de la rembourser.
L'année suivante, la dame s'était manifestée une nouvelle fois. Tout ce qu'il avait prévu avait bien eu lieu, avec un an de retard. André nous avait expliqué qu'il avait appris à ce moment-là une règle importante. Les personnes ne réagissent pas au transit avec le même timing.
Certains présagent l'effet du transit et le sentent donc avant le passage effectif d'une certaine planète. D'autres l'accompagnent. D'autres encore en retardent les effets. En réalité, je connaissais déjà l'œuvre inestimable d'André grâce à mon premier mentor en astrologie, le Turinois Federico Capone.
Tous les jeudis soirs, nous nous réunissions chez lui et il nous montrait des livres français. Parfois, je l'aidais à traduire et à répondre aux lettres qu'il recevait. J'ai acheté de nombreux exemplaires des délicieuses monographies qu'André a consacrées aux signes du Zodiac. Je vis à Turin, ville très proche de la France de par sa position géographique.
Notre dialecte compte de nombreux mots français. Nous aimons cette langue. Lire André en version originale a toujours constitué un immense plaisir pour moi. André et moi sommes devenus amis à travers le courrier.
C'était un plaisir et un honneur pour moi de recevoir ces livres, toujours accompagnés de précieuses dédicaces, ainsi que la belle revue qu'il dirigeait l'astrologue, que nous attendions tous avec une impatience gourmande. Il était toujours très attentionné, que ce soit par lettres ou face à face. Un jour, il m'a demandé de faire une recherche sur l'heure de naissance de Camillo Cavour, un homme d'état italien très important.
Mon père, l'a déniché dans la paroisse où Cavour avait été baptisé. Et avec André, nous avons longtemps été en correspondance. Durant les 20 ans où j'ai été directrice de Languages Australes, un éditeur que j'avais autorisé à publier ses articles sur la Lune traduits en italien, en a revendiqué la propriété. André m'a envoyé une simple carte postale, jamais d'autorisation pour vous, madame, répétant ainsi que je pouvais publier et traduire tout ce que je souhaitais sans avoir besoin de sa permission.
Il terminait ses messages par des romantiques bouquets de fleurs étoilées, indiquant le jour de la semaine avec le symbole de la planète, la lune pour le lundi, mars pour le mardi, ainsi de suite. Il menait une guerre des étoiles contre ceux qui dénigraient les prévisions astrologiques dans lesquelles il était passé maître. Au début des années 50, en pleine guerre froide, il avait prévu la date de la chute du mur de Berlin, ou ceux qui préféraient une astrologie toute psychologique.
Il me souvient d'un de ses articles où il définissait l'astrologie karmique qu'il considérait comme une astrologie fiction, comme dérivant du champ révolutionnaire, la karmagnole. Le rôle d'André a été important aussi car il a toujours continué à donner des consultations, habitudes que j'estime fondamentales pour une connaissance pratique efficace de notre discipline. Un chemin qui n'est guère facile, mais en mesure de nous transmettre une vision précise de la réalité.
Les livres d'astrologie écrits par ceux qui font habituellement des horoscopes expriment indubitablement un contact majeur avec la réalité. Se confronter quotidiennement avec l'interprétation astrologique est indispensable pour élargir ses propres vues et se mettre constamment à l'épreuve. Méfiez-vous de ceux qui vous disent qu'ils n'ont jamais fait des prévisions erronées. Cela arrive et c'est une occasion pour mieux pondérer ce que l'on observe chez la personne analysée.
Le ciel communique à travers des géométries solaires multiples et uniques, symbole que celui qui regarde là-haut ne parvient pas toujours à déchiffrer. C'est, en tout cas, une opportunité pour s'améliorer en continuant à étudier humblement. Il en a fallu du temps pour qu'on arrive à la traduction de ces livres en anglais. Les dernières décennies l'ont reconnu comme le numéro un.
J'ai eu le privilège de visiter avec lui le cimetière du