L’astrologie au risque de la statistique : les travaux de Michel Gauquelin
Nous sommes au milieu du XXe siècle, une période marquée par l’essor des sciences humaines : sociologie, psychanalyse et des débuts de l’informatique. Différents psychologues et astrologues, se sont alors intéressés à la question de la « vérification » de l’Astrologie à travers ces nouveaux outils. Un examen critique, basé principalement sur la statistique, alors, elle-aussi, naissante. Parmi ces chercheurs, citons Paul Choisnard, Michel Gauquelin (épaulé de son épouse Françoise) et André Barbault.
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
Une recherche transdisciplinaire, exhaustive, visant à mettre en évidence – voire dissocier - « le réel objectif » de la relation « cosmos-psyché »…


Leur intention : faire ressortir les influences planétaires, tant sur un plan héréditaire, marial, socio-professionnel, que sur la naissance des enfants !
Ainsi, au cours de cette allocution, donnée lors de la Journée Hommage à André Barbault et organisée par l’école d’astrologie Agapè, Didier Castille nous dresse les grandes lignes de ces études.
Puisant sur les Soleils des époux, des descendants, des moments de conception donc de naissance : des centaines de milliers de profils ont été étudiés et analysés. Culminations et valorisation de Mars chez les sportifs et militaires, Saturne chez les savants et prêtres, Jupiter pour les politiques et comédiens, Didier Castille nous spécifie la méthodologie employée par ces différents chercheurs qui se sont succédés.
Souhaitez-vous découvrir les résultats de ces statistiques ?
Extrait de la vidéo
La ligne de Barbeau, c'était la confrontation aux faits, la pratique, la nécessité de toujours expérimenter, de démontrer, de tester. Donc il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il ait passé une grande partie de sa vie à s'intéresser aux études scientifiques basées sur la recherche statistique. Il a été à la fois témoin et commentateur privilégié des nombreuses expériences qui ont été tentées à partir du début du XXe siècle.
Il a largement développé son point de vue sur les statistiques dans le numéro 141 de l'Astrologue, qui inspire beaucoup la présentation que je vais vous faire, et dans son ouvrage l'Astrologie certifiée, paru en 2006. Dans cet article, Un siècle de statistiques astrologiques, il détaille la poursuite quasi ininterrompue d'un effort visant à fonder une raison astrologique. Pour lui, ses recherches démontrent la véracité du phénomène astrologique et le placent désormais dans une connaissance établie.
Cet article, c'est un inventaire très documenté des recherches et chercheurs du domaine de l'astrologie et donc ma présentation va s'attacher à Paul Chouinard, dont André a parlé lui-même dans le film de ce matin, de Léon Lasson, des travaux de Michel et Françoise Gauquelin. En même temps, je vous présenterai les résultats des expériences que j'ai menées il y a sur les vingt dernières années et pour lesquelles André a été toujours très...
il m'a toujours beaucoup supporté et appuyé dans ma recherche. Alors pour commencer avec Paul Chouinard, qui est publié parfois sous le nom de Paul Flambard. Flambard, c'est un astrologue qui est né en 1867 et pour qui l'astrologie est une science naturelle des correspondances des astres et doit être envisagée comme les autres sciences d'observation. Il ambitionnait de montrer le côté logique de l'astrologie et de la désocculté.
C'est exactement ce que Martine disait, Barbeau aussi avait cette prétention de désocculté à l'astrologie. Pour André Barbeau, Paul Chouinard est un pionnier à l'aube du 20e siècle. Il s'est donné pour mission de fonder une raison astrologique. À cette époque, alors que les praticiens se basent sur les textes de la tradition astrologique, Chouinard se pose en curieux et sceptique qui milite pour le contrôle du fait astrologique et qui se met en quête de constats chiffrés.
Chouinard lance le mouvement de l'astrologie scientifique en partant de l'astronomie pour arriver à une corrélation entre certaines configurations astrales et certaines manifestations de l'activité sociale. Il est vraiment le premier à s'engager dans la voie statistique en comparant les fréquences et en calculant des probabilités. On lui doit principalement deux recherches. Une première recherche basée sur 1500 personnalités connues, observée sous l'angle de la position de Jupiter au milieu du ciel, en le comparant à une population de 2000 personnes quelconques.
Une autre expérience très importante, c'est une recherche qu'il nomme l'hérédité astrale, qui est une synthèse de divers articles qui ont été publiés antérieurement, qui ont été compilés dans un ouvrage qui a été publié il y a précisément 100 ans. L'hérédité astrale, c'est la pièce maîtresse de l'oeuvre de Chouinard. Il observe une quarantaine d'exemples de liens familiaux de personnes connues et établit ainsi des ressemblances curieuses entre parents parmi les ciels de naissance.
Il met en évidence par la pratique des airs de famille astrologique, en position zodiacale, maison ou aspect, tout en les comparant à un échantillon de contrôle, une sélection de thèmes de personnes sans lien de parenté. Il faut bien entendu replacer les travaux de Chouinard dans son époque. Il y a 100 ans, l'accès aux données, la construction des échantillons, les outils de calcul, les traitements et la démarche statistique n'étaient pas aussi souples qu'aujourd'hui.
Certains, Michel et Françoise Gauquelin en tête, ont reproché à Chouinard le faible nombre de cas étudiés, le manque de véritables protocoles statistiques et la sélection de cas de figure trop problématique. Mais la démarche y était, c'était le démarrage de la recherche. André Barbeau insiste beaucoup sur le fait que Chouinard a ouvert la voie. Après lui, d'autres études suivent et qui ont fait école, en Allemagne notamment.
Alors je cite André, Chouinard a remis la pratique interprétative dans le droit chemin traditionnel pour en avoir constaté le bien fondé. Michel et Françoise Gauquelin, c'est un couple, lui psychologue et elle statisticienne, qui ont mené à partir du milieu du XXe siècle des études statistiques consacrées à l'astrologie. Leurs travaux les ont menés à une position des plus équivoques. Tout d'abord construits dans un climat d'hostilité envers l'astrologie, leurs recherches aboutissent à des découvertes inattendues qui militent en partie pour la réhabilitation de l'astrologie.
Très souvent combattues par les milieux scientifiques mais aussi par les milieux astrologiques, ils ont créé le laboratoire d'études des relations entre rythme cosmique et psychophysiologique et sont devenus progressivement initiateurs d'une nouvelle approche scientifique de l'astrologie dont l'authenticement a été bien plus important outre-Atlantique qu'en France. Pour Barbeau, les travaux des Gauquelin sont une importante étape de la vérification statistique de l'astrologie.
Même si Barbeau se pose toujours la question de l'ordre de réalité du fait astrologique, à savoir est-il identifiable au réel objectif ou est-il fondé sur la relation cosmos-psyché, il perçoit qu'avec les bilans statistiques des Gauquelin, on revient à la valeur maîtresse de l'angularité. Les Gauquelin ont accompli une tâche considérable. Les études qu'ils ont menées durant 40 ans sont aussi nombreuses que variées.
Les principaux résultats qu'ils obtiennent, fruit de trois années de travail, semblent indiquer que Mars se lève ou culmine plus souvent que ne le voudrait le hasard chez les sportifs de haut niveau. De même Jupiter pour les acteurs et politiciens, Saturne pour les membres de l'académie des sciences. Avant eux, Léon Lasson, dans un ouvrage « Ce qui nous guide » publié en 1946, avait déjà relevé l'influence des levées et des culminations de la Lune chez 134 politiques, de Mercure chez 209 orateurs et écrivains, de Vénus chez 190 artistes, de Mars et Jupiter chez 158 chefs militaires et de Saturne chez 166 savants.
On résume souvent les travaux des Gauquelin sous l'appellation « l'effet Mars ». En 1955 paraît l'ouvrage « L'influence des astres ». La recherche qui est relatée consiste à observer la position des planètes relativement à l'horizon et au méridien lors de la naissance de personnages connus pour leurs comportements particuliers et de comparer cette distribution avec celle de personnes non connues. Les données d'état civil des personnes connues sont recueillies dans des dictionnaires spécialisés.
576 académiciens de médecine, 508 médecins notables, 570 sportifs, etc. Il en ressort une surfréquence significative de positions angulaires, principalement au lever à la culmination, surtout pour trois planètes. Mars chez les sportifs, Mars et Jupiter chez les militaires, Jupiter chez les acteurs et les députés, Saturne chez les prêtres et Saturne-Mars chez les savants et médecins. Les zones d'effet ne sont pas situées de part et d'autre des