La sortie hors du corps à l’épreuve de la science

Notre conscience est-elle le simple fruit de notre physiologie ? Est-elle inséparable de notre corps physique et siège-t-elle systématiquement dans notre cerveau ? Si, spontanément, vous répondez à trois reprises « oui » à toutes ces questions, alors comment expliquez-vous que 10% de la population est susceptible de connaitre au cours de son existence « une sortie du corps » ? Et pour 66% de ces personnes, ces phénomènes se reproduiraient plusieurs fois dans leur vie !

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
1:03:20
À partir de 12 € / mois
VOD / 15€

La sortie hors du corps (Out of body experience) est, comme son nom l’indique, une sensation de sortir hors de soi, d’aller visiter d’autres lieux, et « percevoir » ce qui s’y passe...  Présentée en ces termes assez simplistes, cette faculté aurait tous les traits d'un channelling infantile dont Internet et un certain état d’esprit marchand se sont emparés. Le hic, salvateur, c’est que des scientifiques très sérieux s’intéressent à ce phénomène, l’étudient avec leur méthodologie et… confirment la réalité de ce phénomène !

Dissocier la rêverie de l’hallucination et toucher « la réalité objective ».

dethiollaz fourrier obe 1dethiollaz fourrier obe 2
Sylvie Delthiollaz (docteur en biologie moléculaire) et Claude Charles Fourrier (psychothérapeute) ont récemment fait paraitre un ouvrage* relatant leur dix années d’exploration de la conscience au sein de leur fondation suisse ISSNOE. A travers l’exemple - devenu célèbre - de Nicolas Fraisse, qui, osons l’expression, est un sérieux défi à toute forme de pensée rationnelle, ils répondent ici aux questions d’Erik Pigani, expert, aussi, de ces questions.
Avec simplicité, objectivité, et sans jamais quitter la rigueur des protocoles scientifiques, ils témoignent de la véracité de ces perceptions, mai aussi de le difficulté pour les expérienceurs tout d'abord d’identifier ce phénomène lorsqu’il se produit (cela principalement à cause du mental qui abuse, une fois de plus, de sa toute puissance) ; puis dans un second temps, de tout simplement « verbaliser » cette expérience indicible, troublante, traumatisante parfois, de « cette fusion avec le Tout » …
Un sujet remuant, passionnant, associant psychologie, mystique et métaphysique... et qui annonce peut-être la fin du matérialisme ambiant ?

* « Voyage aux confins de la conscience. Dix années d’exploration scientifique des sorties hors du corps.
Le cas Nicolas Fraisse », (Guy Trédaniel éditeur, 2016)

Extrait de la vidéo

Bonjour, depuis le début des années 70, le public français a découvert avec un certain étonnement l'une des facultés les plus étranges de l'esprit, la sortie hors du corps, appelée aussi voyage astral, peut-être plus connu sous ce nom-là, bien qu'on puisse faire une différence entre le voyage astral et la sortie hors du corps. Bien sûr, le phénomène a été connu depuis longtemps, mais plutôt dans les milieux ésotériques ou mystiques.

Mais c'est avec l'Obsang Rampa et son célébrissime Troisième Heule que le phénomène s'est propagé dans le grand public, au sens propre et au sens figuré, d'ailleurs. Ensuite, avec Robert Monroe, qui a ouvert une fondation et un centre entièrement dédié au voyage astral, et enfin avec la MDE, l'expérience de mort imminente, que tout le monde connaît aujourd'hui, dont la sortie hors du corps est l'une des composantes les plus communes à tous les expérienceurs.

Aujourd'hui, Sylvie Dethiolase et Claude-Charles Fourrier publient « Voyage aux confins de la conscience » chez Guy Trédaniel, éditeur. Pour moi, c'est un livre-choc qui relate dix années d'exploration scientifique des sorties hors du corps. Oui, mais comment peut-on explorer scientifiquement ce phénomène ? Voilà la question qu'on va aborder au cours de cet entretien, d'une petite heure, avec les deux auteurs.

Donc, Sylvie Dethiolase, bonjour, vous êtes docteur en biologie moléculaire et directrice de l'Institut suisse des sciences noétiques. Et Claude-Charles Fourrier, bonjour, vous êtes psychologue et psychothérapeute aujourd'hui à l'Institut suisse des sciences noétiques. Exactement. Voilà, donc je suis ravi de pouvoir passer ce moment avec vous.

La première question que je vais vous poser, bien sûr, c'est la sortie hors du corps, le voyage astral, il y a des différences, mais on ne va pas commencer par ça. J'aimerais savoir comment, d'abord, être docteur en biologie moléculaire et ensuite comment un psychologue, on peut s'intéresser à des phénomènes aussi décriés par la science. Sylvie Dethiolase. En gros, comment on est tombé dans une galère pareille, on pourrait dire.

Si vous préférez. Écoutez, moi, en fait, c'était pendant mes études de biologie moléculaire à l'Université de Genève, pendant que je faisais mon doctorat, où j'étais un petit peu désappointée parce que moi, ce qui m'intéressait dans la science, c'était vraiment de toucher aux grandes questions, à savoir qu'est-ce que la vie, qu'est-ce que la mort, qu'est-ce que la conscience. Et puis, je m'étais rendu compte, en discutant avec mes professeurs, que la science évitait soigneusement d'aborder ces grandes questions parce qu'elle n'en avait simplement pas les moyens.

Et donc, j'étais un petit peu déçue, même si le sujet de la biologie moléculaire me passionnait et continue à me passionner. Et puis, dans ce contexte-là, j'ai découvert les expériences de mort imminente. C'était en 1996. Et pour moi, ça a été une véritable révolution parce que tout d'un coup, j'ai entrevu le moyen justement de concilier un questionnement qui était plus existentiel avec une démarche scientifique.

Et comment avez-vous découvert l'ANDE ? Alors, c'est une amie qui m'a parlé d'un livre qu'elle était en train de lire. C'était La source noire de Patrice Vanercel. Je crois d'ailleurs qu'il a été à l'origine de beaucoup de vocations dans le domaine.

Et j'ai beaucoup aimé justement parce qu'il nous emmenait dans son enquête et qu'on découvrait avec lui, il n'y avait pas d'a priori, il n'essayait pas de nous convaincre de quoi que ce soit. Mais ça a suscité beaucoup de questionnements en moi. Et à partir de là, j'ai su que c'était ce que je voulais faire. Je ne savais pas comment, mais j'ai su que je voulais partir dans cette direction avec l'idée, un jour, de monter un protocole de recherche pour vérifier la réalité des perceptions qui étaient rapportées au cours de la phase de sortie hors du corps.

Donc, pour pouvoir trancher entre l'hypothèse hallucinatoire ou est-ce qu'on était en face de quelque chose, d'une capacité encore inconnue de la conscience humaine, parce que c'est vraiment la seule étape sur laquelle il y avait moyen de faire des vérifications objectives. Tout le reste de la NDE, on ne peut pas la distinguer d'un rêve ou d'un fantasme. C'est totalement subjectif. Mais cette phase de décorporation, elle, permettait de faire des véritables recherches scientifiques.

Oui, c'était déjà osé à l'époque. Alors, à l'époque, je dirais que je n'osais même pas en parler à mes collègues biologistes. Rarement j'en parlais, mais tout de suite, j'étais cataloguée comme un peu bizarre. C'était très, très mal vu.

C'était avant les années 2000, c'était très mal vu de s'intéresser à ces phénomènes, en fait. C'était spécifique à l'Europe ? Parce qu'il me semble qu'aux Etats-Unis, quand même, la NDE a été étudiée depuis, on va dire, Moody, 1975. Et il y avait quand même quelques chercheurs qui s'y intéressaient, y compris des médecins.

Alors, oui, c'était quand même plus, la parole était plus libre aux Etats-Unis. D'ailleurs, je suis partie après mon doctorat, faire un postdoctorat à l'université de Berkeley, dans l'idée de trouver là-bas un laboratoire de recherche qui s'intéresserait à ces phénomènes. Mais je peux vous dire que dans le milieu de la biologie moléculaire, quand j'en parlais, j'avais les mêmes regards qu'à Genève. Par contre, c'est vrai, il y avait des gens comme Moody, comme Kenneth Ring, j'ai été voir aussi Benjamin Libet, donc des gens qui étaient très ouverts et avec qui c'était possible d'en discuter.

Mais ce qu'ils me disaient, c'est qu'il n'y avait pas d'argent malgré tout pour faire des recherches dans ce domaine et que voilà, même avec toute la bonne volonté du monde, ils ne pouvaient rien m'offrir de concret. Comment êtes vous venue à fonder l'Institut suisse des sciences noétiques pour étudier ce phénomène, notamment ? C'est à dire qu'au bout d'une année de postdoc, justement, aux Etats-Unis, je me suis rendue compte que si ce que je voulais faire n'existait pas, c'était à moi de le créer, de l'inventer d'une manière ou d'une autre.

Donc, je suis rentrée et puis j'ai essayé de mettre noir sur blanc ce que j'aimerais faire. Et c'est comme ça qu'est née l'idée de créer un centre qui soit d'abord un centre d'accueil pour les experienceurs, puisque j'avais pu me rendre compte qu'il y avait vraiment un gros problème de communication pour toutes ces personnes qui ne savaient pas à qui s'adresser. Et puis qu'il soit en parallèle un centre de recherche sur, alors au début, c'était vraiment sur les expériences de mort imminente et puis aussi avec une partie information, puisque là aussi, j'avais vu justement que mes collègues scientifiques connaissaient très mal ces phénomènes.

Donc, j'avais envie de promouvoir un petit peu une information objective dans les milieux scientifiques et médicaux en particulier. Et donc, j'ai commencé comme ça, là, c'était en 99 à Genève. J'ai ouvert un centre, mais au début, c'était simplement dans mon salon. Et puis, j'avais un site Internet avec une ligne téléphonique et j'ai attendu.

Et les premiers témoignages sont très vite arrivés. Et puis, ce qui s'est passé, c'est que là, tout de suite, c'est sorti du cadre des expériences de mort imminente. J'ai été très vite confrontée à beaucoup d'autres expériences en lien avec un état modifié de conscience que je trouvais tout aussi passionnant, dont beaucoup justement de sorties hors du corps, mais aussi des réveils

Haut