L'Art du thé, une voie initiatique 2 ?
L’Art du Thé : voie du Tao ? Après une ouverture à un Thé (Volet 1) occidental, devenu support de convivialité et de méditation, Jean-Clergue-Vila nous emmène à présent dans les pratiques extrême-orientales de l’Art du Thé. Tout d’abord la Chine, avec une variante Taïwan, où dans un contexte taoïste se crée la fraternité des Frères de Thé.
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Puis le Japon où l’Art du Thé s’est vu hissé à des sommets d’une spiritualité que l’on peut qualifier de laïque, englobant l’universalité de l’Energie de Vie. Ainsi s’ouvre la Voie du Thé.


La célèbre « Cérémonie du Thé » n’y sera pas singée, ce qui serait sacrilège, mais simplement éclairée à l’aide de quelques éléments susceptibles de mettre en évidence l’intense perception de la qualité attachée à chaque instant : « Harmonie, Respect, Pureté, Tranquillité, tels sont les quatre idéogrammes rélévés par Soshitsu Sen dans son livre « Vie du Thé, Esprit du Thé (Ed Jean-Cyrille Godefroy) » nous dit l’auteur.
A la guerre, les Samouraïs se faisaient accompagner de leur Maître de Thé. Pouvons-nous tenter une comparaison avec la communion (comme-union) chrétienne qui précédait les combats ? Comment inscrire le rythme biologique du corps humain dans le cycle d’une journée ? Et dans le cycle des saisons annuelles?
Quel message nous délivre donc cette petite plante qui reste la boisson la plus consommée au monde ?
Ebauche de réponse dans cet exposé de 45 minutes.
Extrait de la vidéo
Le thé de la France L'exposition de Jean-Michel Jaurès L'exposition de Jean-Michel Jaurès L'exposition de Jean-Michel Jaurès L'exposition de Jean-Michel Jaurès L'exposition de Jean-Michel Jaurès Bien, bonjour. Nous avions terminé le précédent exposé sur une façon occidentale de prendre le thé mais avec déjà un esprit orientalisant. C'est-à-dire, nous avions conçu le thé comme un vecteur nous permettant une certaine concentration une certaine attention à tout ce que nous faisions en matière de thé depuis le choix des accessoires qui, ainsi que vous l'avez vu, étaient quand même assez occidentalisés et puis de quelle façon nous pouvions préparer, chauffer, etc.
Alors là, je vous propose de prolonger la même méthodologie, le même discours mais dans quelque chose que j'ai voulu ou souhaité très légèrement orientaliser. Alors déjà, premier point qui va se poser quelle heure est-il ? Et en fonction de cela, quel thé allons-nous prendre ? Nous sommes fin de matinée, il fait relativement froid à l'extérieur bon, tiède dans cette pièce, cela va.
Ce que nous n'avons pas vu dans le précédent enregistrement c'est comment nous allons nous introduire dans les rythmes de la nature à travers le thé. Nous avions vu que nous allions depuis le thé de printemps la première cueillette à peu près début mai, mi-mai ça va dépendre de la saison qui va être la cueillette des fines pousses des toutes petites feuilles, voire avec les bourgeons qui à ce moment-là donneraient le thé de l'empereur le fameux thé blanc thé qui va devenir de plus en plus rarissime car il doit être cueilli à la main et ces petites feuilles, il en faut à peu près 100 000 pour faire un kilo ce qui veut dire que dans un sachet de 100 grammes vous en auriez déjà 10 000 vous voyez le nombre de gestes que ça suppose et le coût progressif vers lequel on va aller.
Laissons de côté ce thé tout à fait exceptionnel et que je vous souhaite tout de même de goûter lorsque votre palais et vos habitudes ou votre rectitude sera acquise dans ces domaines. Passez le printemps et ce thé nouveau, si on peut dire à l'été, pourront être agréables des thés verts déjà un petit peu plus consistants de feuilles un petit peu plus grosses dans le courant de l'été, encore on peut commencer les houlongues déjà semi-fermentées à une fermentation à 25-30% et on va accentuer progressivement jusqu'à l'automne où on en arrivera aux thés houlongues assez renforcés et le basculement d'hiver se fera avec les thés rouges et au coeur de l'hiver, les thés noirs.
Par exemple, il fait froid à Paris en ce moment c'est le moment de prendre des thés rouges, des thés noirs ce qui n'empêche pas d'ailleurs dans la journée d'avoir la même déclinaison de commencer par un thé vert plus ou moins accentué le matin jusqu'à un thé rouge en soirée. Donc vous voyez comment à travers cette simple petite feuille et la façon de la choisir, de l'utiliser et de la consommer nous entrons dans un cycle de la nature un cycle sur l'année, un cycle sur la journée.
Déjà, prendre conscience de cela est une forme de participation à cet éveil que l'on recherchait au début de notre précédent enregistrement et qui avait tellement attiré l'attention. Nous savons que le thé donne une grande clarté d'esprit une grande sérénité d'âme mais en avoir conscience, en l'introduisant dans un cycle d'un cycle universel et nous verrons plus tard un cycle de l'énergie c'est en quoi ce thé qui devient, disons, une forme d'art presque au même titre où l'on parle de l'art culinaire cet art du thé va devenir, lui, une forme de voie initiatique et qui va se mêler, comme nous l'avons dit, au taoïsme.
Là, il n'est pas question de faire du Tao mais déjà d'entrer dans quelque chose d'un peu plus, mettons, recherché Les objets qui sont là ne sont pas sophistiqués vous remarquerez la simplicité de leur forme en général, mais enfin, ça, ça peut être un goût plutôt personnel dans des formes arrondies, telles que nous devons être dans la vie. Donc, suivant le moment, voyez-vous, là, on a parlé d'un thé Oolong bon, bien, je vais prendre cette théière qu'en général, on peut partager deux, trois, voire quatre enfin, deux, c'est bien.
Si j'avais pris un thé plutôt rouge bon, généralement, je le fais avec celle-là alors, je vous signale qu'on ne nettoie jamais une théière et surtout qu'on ne la passe pas à la machine à laver Autrement dit, une théière finit par se culoter comme une pipe elle prend un ton brun, rougeâtre pour celle-là et celle-ci, qui est consacrée uniquement au thé Oolong peu fermentée au thé vert a pris un ton, effectivement, verdâtre qui accentue encore celui de la théière elle-même Si j'avais besoin d'un thé vraiment fort, costaud là, je l'ai trouvé chez un potier une théière en grès, tout simplement sinon que, petit inconvénient elle n'a pas la petite crépine taillée dans la pâte à l'intérieur comme les autres qui évitent d'utiliser cette passoire, cette passette Autre point, l'eau on a vu, l'autre jour, les différents types d'eau là, je vais passer par un stade intermédiaire c'est-à-dire que l'eau a été chauffée par une bouillon électrique et mise dans ce récipient où une petite bougie la maintient en température Alors, là, je tiens tout de suite à lever une ambiguïté cet objet, dans ce type d'objet en fonte envahit l'Occident à des prix, d'ailleurs, plus ou moins prohibitifs et on vend ça sous le nom de théière bon, effectivement, au prétexte que, ici on place un séchon on peut, éventuellement, y mettre un fil de ce type-là L'inconvénient, c'est qu'il y en a deux