L'Art du thé, une voie initiatique 1 ?

Le vin est en France un pilier de notre culture. Sur un plan social, gustatif, historique et symbolique: il occupe une place centrale dans notre société. Qui ne connait un cépage, une AOC ou une région de production? A contrario, le thé qui est la boisson la plus consommée au monde et dont la culture remonte à 4700 ans, est relégué en France au rang des simples produits de grande consommation: au même titre que les sodas.

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Sur les trois milles types de thés différents: cépages, régions de production, façons dont ils sont traités ou doivent être servis, nous ne sommes capables de citer tout au plus que quelque "marques".

Pourquoi devrions-nous nous ouvrir à cette boisson immémoriale? Comment découvrir les véritables propriétés gustatives, médicinales, conviviales, fraternelles et même spirituelles du thé?Dans le présent exposé, Jean Clergue-Vila tente de nous faire retrouver l’authentique nature du thé et celle de ses propriétés bienfaisantes sur tous les plans: corporels, psychiques et spirituels.

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Ses propos seront illustrés par quelques « mises en situation » des mauvaises et des bonnes pratiques du thé, telles que nous les connaissons ou pourrions les améliorer dans notre contexte occidental (partie 1).
Ainsi s’ouvre un instant du Thé où se fondent Corps-Ame-Esprit. Cet exposé nous amène aux interrogations suivantes: Comment expliquer l'ignorance de l'Occident ?

Est-ce la simple conséquence d'évènements historiques et économiques (décolonisation? monopoles ?) ou bien à un déni de toute forme de sublimation, d'Eveil ?

Quelle dimension alchimique revêt l'absorption du thé et le mariage des cinq éléments chinois? Pouvons-nous faire une analogie entre le processus alchimique du calice et la cérémonie du Thé ?

Extrait de la vidéo

Et bien bonjour, nous nous retrouvons autour du thé après nous être quittés à propos du retable du Sonnheim. Vous pouvez peut-être trouver curieux que quelqu'un soit à la fois sensible à la peinture pré-baroque allemande et ôté. L'un n'est pas incompatible avec l'autre. Mais ce que nous allons surtout voir c'est comment il y a une identité de démarche entre cette exploration qui avait été faite à propos du retable du Sonnheim et entre autres dans une méthodologie que je qualifierais d'initiatique.

Dans les deux cas, une peinture ou le thé, nous avons un support matériel et puis nous avons tout un symbolisme qui peut s'y rattacher. Ensuite une certaine rigueur dans l'exécution, dans la perception et ensuite une sorte de similitude dans une démarche de quête spirituelle. Si vous avez revu les films sur le retable du Sonnheim, vous avez pu constater une sorte de progression depuis un support religieux chrétien, ensuite une inclination vers un ésotérisme de nature johannique, une proposition d'assaise personnelle qui nous était donnée à l'intérieur du retable pour nous montrer comment on pouvait éventuellement parcourir cette voie, et une transmutation de nature alchimique.

Pour le thé, nous pouvons reprendre à peu près la même démarche parce que nous avons affaire à un support traditionnel, historiquement très profond, très ancien. Nous avons une inclination vers une doctrine ou une nature taoïste. Ceci suppose une assaise qui pourra se faire à travers la pratique du thé, et la possibilité d'une transmutation alchimique également qui sera poussée au plus haut lors des cérémonies japonaises.

Autrement dit, ainsi que je le notais là, la transmutation du vin chrétien dans le calice du sang de Christ peut correspondre à la sublimation du thé en un breuvage des dieux confondu dans une sorte d'universel énergétique. Ce sont en quelque sorte deux volets, un volet occidental et un volet oriental. Alors nous allons pénétrer progressivement cet univers du thé au cours de deux séances. Cette première enregistrement vidéo se partagera entre le thé tel que nous le prenons, le buvons, voire l'absorbons, et puis le thé tel que nous pourrions nous en pénétrer en Occident.

Le second film portera exclusivement sur le thé taoïste à la chinoise et le thé selon la tradition japonaise. J'espère qu'à travers ces deux enregistrements, j'aurai la possibilité de vous faire percevoir ce en quoi le thé est d'une nature spirituelle, ascétique au sens de l'ascèse, du travail sur soi, et comment il peut conduire à un épanouissement de vie. Pour ce qui est des détails concernant le thé, vous savez qu'il y a aujourd'hui de multiples ouvrages.

J'en ai quelques-uns ici, le thé vert d'une collection marabout, mais sur lequel, bien entendu, il a fallu ajouter la plante de la santé et de la minceur, parce que tout doit concourir à cela. Alors celui-ci est un peu épuisé, c'est le livre du thé. Vous pouvez avoir le thé et le tao, l'art chinois du thé, l'avis du thé, l'esprit du thé par un grand maître de thé japonais, et puis un ouvrage, un roman de Yashui Inoue, le maître de thé.

Comme quoi vous trouverez sur le plan pratique et matériel beaucoup de choses actuellement disponibles en librairie, mais sans pour autant que le thé soit pénétré comme nous allons essayer de le faire. Puisque le thé est une plante, il est tout à fait normal de commencer par elle. Pour voir la question d'une façon la plus poétique possible, tel que cet usage s'est répandu en Chine, il y a une très belle légende.

Un des empereurs mythiques qui aurait fondé l'empire de Chine il y a fort longtemps, on parle de moins 2750 ans, il s'agit de l'empereur Shen Nung. Un jour, à l'issue d'une promenade ou d'une chasse, on ne sait, l'empereur était un peu fatigué et il s'est allongé sous un arbre. Et à côté de lui, ses serviteurs ont disposé un grand bol d'eau pour qu'il puisse s'abreuver s'il ressentait le besoin. Et l'empereur s'est endormi.

Il se trouve que pendant ce temps, le soleil a tourné et le bol d'eau n'a plus été à l'ombre, mais au soleil il s'est légèrement échauffé. Le vent s'est levé et deux feuilles de l'arbre se sont détachées et sont tombées dans le bol, dans cette eau tiède. À son réveil, l'empereur machinalement a pris ce bol, sans bien faire attention, l'a goûté et a trouvé que c'était très agréable et il a vu les deux feuilles qui étaient dedans.

Et à partir de là, il a souhaité boire très souvent de l'eau chaude avec ses feuilles. Alors ça c'est la version poétique. Il y a une version, comme il s'agit d'une légende un peu plus avancée, dans laquelle on dit que parcourant cette ère, l'empereur s'installa à l'ombre d'un arbuste pour se reposer. Il avait soif.

Il mit chauffer de l'eau et, en regardant danser la flamme, il s'endormit. Le vent fit tomber quelques feuilles dans le récipient de bronze. L'empereur, surpris, goûta le breuvage et considéra comme un cadeau des dieux cette infusion née des cinq éléments, l'eau, le métal, le vent, le feu et la plante. Alors

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