L’origine psycho-affective des maladies

En tant que neurologue, le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte a soigné des dizaines de milliers de patients. Du jour au lendemain, après avoir été le témoin d’une guérison miraculeuse d’une femme se levant de son fauteuil roulant pour marcher, cela lors d’un pèlerinage en la basilique de Paray-le-Monial, il comprit que sa vision strictement « mécaniste » de la santé n’était plus adaptée. Il démissionna alors de son poste de chef de service à l’hôpital pour « aller en ville ». Comprendre ici : quitter l’hôpital pour devenir médecin libéral.

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Le point essentiel était alors, pour lui, de retrouver ce temps d’écoute nécessaire pour véritablement comprendre ses patients avant de les soigner. Libérer la parole, considérer la biographie de ses patients entraient pour une part importante dans son diagnostic.

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Symptôme ou alibi ?

En marge de la médecine classique, le Dr Thomas-Lamotte s’est donc interrogé sur l’existence d’une causalité entre un évènement traumatique et le développement d’une maladie. Un vaste champ d’exploration, passionnant, qui rejoint le courant de ce que l’on appelle « la nouvelle psychosomatique » et qui prend forme, en France, depuis une dizaine d’années.
Ainsi, neuf années après la sortie de « Et si la maladie n'était pas un hasard ? » (Ed. le Jardin des Livres, 2008) le Dr Thomas-Lamotte prolonge ses investigations cette fois sur un plan plus pratique avec la sortie de son nouvel ouvrage: « L’interprétation des maladies » (Ed. le Jardin des Livres, 2017), fruit de toutes ces années de recherche.
Interrogé ici par Erik Pigani, il nous dépeint ce lien pour le moins étrange (un lien qui demeure encore un défi pour la médecine matérialiste) qui existe entre la venue d’une maladie et le « réveil » d’un mauvais souvenir. Un mauvais souvenir qui reste parfois tapi de longues années dans l’inconscient et qui, soudainement, vient se présenter à notre conscience, mode colin-maillard.
Souhaitez-vous découvrir, pour partie, ces liens mystérieux qui unissent « Psyché » et « Soma », et ainsi comprendre qu’anticiper le surgissement de souvenirs oubliés, ou refoulés, permettrait de préserver sa santé ?

Extrait de la vidéo

Il existe une langue symbolique universelle qu'il convient de connaître pour écouter efficacement un malade et interpréter ses symptômes. Il est en effet indispensable de mettre à jour un certain événement et un certain ressenti de la personne au moment de l'événement pour que la personne puisse guérir. C'est ainsi que le docteur Thomas Lamotte nous ouvre les portes d'une vision très différente de la maladie telle qu'on l'enseigne dans la médecine occidentale avec deux livres.

Le premier c'est « Et si la maladie n'était pas un hasard ». Le second qui vient quasiment de paraître qui est « L'interprétation des maladies » chez « Le Jardin des Livres ». Donc le neurologue Pierre-Jean Thomas Lamotte, avec qui je vais donc m'entretenir aujourd'hui, nous offre non seulement un beau parcours de médecin hors des voies officielles de la médecine moderne, mais il nous donne les clés pour découvrir le véritable sens de nos grandes maladies comme de nos maux quotidiens et bien sûr comment les soigner avec plus d'efficacité.

Donc bonjour docteur Thomas Lamotte, je suis ravi de pouvoir m'entretenir aujourd'hui avec vous. On va parler donc évidemment de ce que moi j'appelle la nouvelle psychosomatique, c'est le nouveau courant de la symbolique, du langage du corps qui commence à avoir le jour depuis une dizaine d'années, en France en tout cas, et qui devient plus importante. Et donc vous, vous avez votre propre approche, votre propre parcours médical pour cette vision du langage symbolique universel et c'est évidemment naturellement la première question que je vais vous poser.

Comment, en tant que neurologue, en êtes-vous venu à vous intéresser, et pas seulement vous intéressez, mais à travailler durement et d'arrache-pied sur cette approche qui est en dehors des sentiers battus de la médecine occidentale? Je pense qu'il y avait certainement un terrain favorable depuis longtemps, mais l'événement qui m'a vraiment bouleversé, c'est alors que j'étais chef de service d'un petit hôpital, j'avais un service de neurologie, je suis allé pendant des vacances faire un tour à Parel Monial, qui est un endroit de pèlerinage, et donc là je servais de médecin pour les gens qui avaient un rhume, qui se faisaient un petit bobo au chenou, etc.

Et un soir, j'ai conduit une personne qui avait une paralysie des jambes, et qui était en petit fauteuil, donc je l'ai conduite à la prière, bon, et je l'ai ramenée après avec son petit fauteuil roulant, et le lendemain, cette même personne, je l'ai vue se remettre à marcher, bon certes elle ne marchait pas parfaitement bien, mais enfin elle n'avait pas besoin d'appui, elle n'avait pas besoin de cannes, et pour moi, elle avait guéri des séquelles définitives, donc d'un trouble de la main, qui n'existe pas avec la médecine classique.

Une séquelle, ça doit rester une séquelle, c'est-à-dire que c'est définitif, et effectivement ça m'a interpellé énormément, et trois mois plus tard, donc j'ai donné ma démission du poste de chef de service où j'étais, pour prendre le temps d'aller écouter les malades en ville, et voir un peu ce qu'ils pouvaient expliquer, parce que, étant donné que c'était dans un contexte de pèlerinage, de prière, de changement d'état d'esprit, je ne pouvais pas imaginer d'autres explications à cette guérison, que quelque chose dans le sens de la vie de la personne qu'elle avait vécue à ce moment-là.

D'accord, ça c'est l'élément déclencheur, on va dire. Mais dans le temps, voilà l'histoire, et donc effectivement, après, une fois en ville, j'avais eu la possibilité d'écouter les gens un peu plus longtemps qu'on ne pouvait le faire à l'hôpital en consultation, parce qu'effectivement, je n'avais aucune limite, la seule limite c'était celle des personnes, et quand on installait en tant que médecin libéral, une personne me demandait, mais docteur, pourquoi est-ce que j'ai cette maladie-là, ce symptôme-là ?

Je disais, mais vraiment, vous voulez le savoir ? Et bien effectivement, quand la personne me répondait oui, ce qui était la plupart du temps la réponse, et bien à ce moment-là, effectivement, on allait envisager une autre façon de voir le symptôme. Et le symptôme, en fait, je me suis aperçu très vite que c'était un alibi à une culpabilité que nous portions et que nous avons mis dans notre inconscient à un moment donné, et que c'est au moment du réveil de ce mauvais souvenir qu'on a la fabrication d'un symptôme.

Si je reprends l'histoire de Ray Charles, Ray Charles devient aveugle progressivement à l'âge de 7 ans, donc il avait 3 ans et demi quand il voit son petit frère se noyer, et effectivement, une fois qu'il est complètement aveugle, il n'a aucune culpabilité par rapport à cette noyade, puisqu'il ne voit plus rien, mais c'est un alibi symbolique, mais aussi complètement idiot, puisque c'est a posteriori, et effectivement, la maladie est une absurdité, mais elle est là pour cacher un peu notre misère et notre façon de vouloir affronter la réalité sans se sentir dévalorisé, sans se sentir coupable, sans avoir de honte, on va dire.

Donc par là, vous voulez dire qu'un événement traumatique, un accident, un problème est déclencheur d'une maladie ? Oui, il peut être déclencheur, mais il y a toujours les deux temps, en fait, les médecins ont tous entendu parler du chien de Pavlov, il faut d'abord qu'il soit conditionné pour qu'ensuite il se mette à saliver quand on lui fait entendre un métronome ou sonner une cloche. Pour la maladie, c'est exactement la même chose, les symptômes des maladies, il faut d'abord un conditionnement, donc avoir vécu un événement qui nous déplaît, qui nous culpabilise, et c'est le réveil, donc c'est la seconde fois, quand ce mauvais souvenir est réveillé et que notre stratégie de le mettre dans l'inconscient n'a pas réussi, on va dire qu'il va falloir sortir une autre stratégie et c'est la stratégie du symptôme dans la maladie qui va venir essayer de nous déculpabiliser a posteriori, donc comme c'est a posteriori, c'est complètement absurde.

Donc il y a plusieurs choses, il y a un élément déclencheur, un élément programmant, et après un deuxième événement similaire vous allez dire, qui va réveiller le mauvais souvenir, et quand le mauvais souvenir n'est pas intégré, c'est là que la maladie se déclenche. Le symptôme se déclenche, on peut sortir de la maladie pour donner un autre exemple, j'ai observé une jeune femme qui savait très bien faire la mendicité dans le métro parce qu'elle commençait par culpabiliser les gens par rapport à leur identité, c'est-à-dire qu'elle passait très malheureuse à une heure où le métro n'était pas plein et donc les personnes qui avaient le temps de la regarder effectivement se disaient « je suis radin, je suis égoïste » et au lieu de sortir de la rame de métro une fois qu'elle avait fait toute la longueur, elle revenait en regardant chacune des personnes qu'elle avait culpabilisé et comme la maladie ou la compensation symbolique est obligatoire lorsqu'on réveille le mauvais souvenir, chaque personne qu'elle avait culpabilisé à l'aller était obligée

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