L’Egypte et les courants occultistes - Partie 2

Dans ce second volet, nos trois intervenants répondent en direct aux questions des auditeurs de Salamandre TV.

Souhaitez-vous tester la solidité des filiations (par exemple le rite maçonnique de Memphis Misraïm ou la fraternité d'Héliopolis) qui unirent "l'Egypte éternelle" aux ésotériciens du siècle dernier ?

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Eléments de réponse ici de Florence Quentin, Jean-Pierre Laurant et Patrick Burensteinas !

Extrait de la vidéo

Alors nous allons passer maintenant aux questions de nos spectateurs. Olivier 91 nous demande, et ça c'est une question pour vous Jean-Pierre Laurent, la franc-maçonnerie et en particulier le rite de Memphis Mizrahim, en quoi est-elle héritière de la magie opérative égyptienne ? Directement c'est très contestable, c'est sûr, mais elle a hérité du décor égyptien et ça a été fait dans une ambiance en gros militaire française des troupes de Bonaparte et du milieu de l'expédition d'Egypte, qui était ouverte sur cette Égypte ancienne et à travers déjà un certain nombre de textes, qui eux sont des textes égyptiens, vous savez, des romans d'ailleurs, qui sont le produit de l'égyptomanie, c'est-à-dire qu'on retrouve dans les grades des rites de Memphis et de Mizrahim, il y en a eu plusieurs déjà avant dans la franc-maçonnerie Théagliostro, c'est un état d'esprit, mais c'est vraiment très indirectement qu'on peut dire qu'ils sont héritiers de la magie égyptienne.

C'est ça, donc c'est plus une reprise symbolique finalement, on ne va pas reprendre comme l'a fait Crowley justement des pratiques théoriques ou des choses comme ça, c'est uniquement symbolique. Nat Astrolis nous demande, en tant qu'égyptologue de formation, c'est une question qu'elle pose à Florence, quel crédit accordez-vous aux écrits initiatiques, entre guillemets, du couple Chevalier-de-Lubic ?

Je pense tout particulièrement à toutes les divulgations faites à Herbac, ça c'est le héros de la saga, je pense, de Chevalier-de-Lubic, par les sages dans l'ouvrage Disha, sur quoi repose-t-elle en tant qu'artefact ? Moi je ne veux pas décevoir les auditeurs, mais j'ai beaucoup de, comme le disait Jean-Pierre avant, Chevalier-Disha et son époux Chevalier-de-Lubic sont les héritiers d'une époque où c'est encore une fois une Égypte recréée.

Alors je veux peut-être opposer les égyptologues et les autres, mais je pense qu'on peut dépasser les limites de la connaissance scientifique et égyptologique, mais pour ça il faut déjà apprendre à lire les hiéroglyphes, c'est ce que disait toujours mon maître François On ne peut pas parler de ce qu'on ne connaît pas, et quand on veut parler de l'Égypte, il faut apprendre à lire les hiéroglyphes et pouvoir aller à la source.

Après on peut peut-être aller plus loin que ce que la science nous propose, mais on ne peut pas partir de on dit, etc. Et les chevaleurs, très honnêtement, moi j'ai lu aussi ces livres quand j'étais jeune, et je lisais tout ce qu'il y avait sur l'Égypte, et je suis très limitative, par exemple sur le temple dans l'homme, on voit la forme du temple de Luxor avec cet homme qui s'inscrit dedans. Je pense que s'il y a un ésotérisme égyptien, il existe, et il faudrait le retrouver dans les textes, par exemple les textes des pyramides qui sont vraiment des textes initiatiques, au sens le plus noble du terme, et tout ce que l'occultisme du 19e siècle ou du début du 20e siècle a recréé, ce socle des savoirs, chez les chevalers, en tout cas pour moi, ce n'est pas quelque chose qui reflète vraiment de l'Égypte pharaonique.

Est-ce que finalement les chevaleurs dans leurs ouvrages ne reprennent pas la méthode qui était celle en vogue à l'époque, avant que Champollion ne décrypte les hiéroglyphes, je pense par exemple au père Athanase Kircher qui, au 17e siècle, tombe sur cet artefact qu'est la table d'Isis, la Mensa Isiaka, et qui à ce moment-là va essayer, va en tirer des volumes et des volumes d'interprétations en se basant juste sur la représentation hiéroglyphique, sans aller plus profondément, est-ce que ce n'est pas un peu cette méthode-là qui perdure ?

Je pense que, c'est ce que je disais au début, je pense que l'Égypte des imaginaires est aussi forte que l'Égypte des savoirs. Et moi je trouve ça intéressant, il ne faut pas prendre le reflet pour la réalité. Et je pense qu'à l'époque de Kircher, l'Égypte était muette, on ne savait plus lire les hiéroglyphes. Mais depuis, on a eu un génie qui s'appelle Champollion et qui était quelqu'un de très inspiré je pense.

C'est ce que j'ai fait un petit article dans la Ligue des Égyptes où je montre qu'il écrivait son nom dans un cartouche, qu'il signalait Médamon, il se sentait presque un prophète ou quelqu'un d'investi par les dieux égyptiens. C'était vraiment un inspiré. Et il a aussi découvert les hiéroglyphes parce qu'il était inspiré. Ce n'est pas simplement parce que c'était un érudit extraordinaire, il avait une inspiration égyptienne.

Et si vous voulez, depuis, on a beaucoup progressé, on a beaucoup traduit de textes. Et pourquoi ne pas aller à la source et essayer de comprendre, même pour l'alchimie, ce que veulent dire des textes d'époque pharaonique ? Je ne parle pas de l'alchimie récente, tout est relatif, de l'antiquité tardive. C'est une égyptologue qui parle.

Mais quand on va au temple de Dendera, qui est un temple d'époque tardive, on voit qu'il y a des choses qui nous renvoient il y a beaucoup plus longtemps dans l'Ancien Empire ou le Moyen Empire, et on voit effectivement ces chapelles osyriennes du temple de Dendera qui sont des chapelles alchimiques, où se produisaient des opérations alchimiques. Donc là, on a les textes, on a les représentations. Ce n'est peut-être pas la peine d'ajouter de l'imaginaire dans tout ça.

Patrick Bouwenshenas, vous avez envie d'apprendre les hiéroglyphes pour aller lire les textes dans la langue ? J'adorerais. Je veux dire, on est allés aux mêmes sources, donc j'ai quelques notions vagues qui sont liées sans doute à l'alchimie, parce qu'encore une fois je suis un monomaniaque, mais c'est vrai que ça ne fait aucun doute que si on veut comprendre les textes, et si on veut comprendre les racines des textes, nous en alchimie on s'est beaucoup appuyé sur des textes écrits en hébreu par exemple.

J'ai été obligé forcément de m'y mettre pour pouvoir comprendre les textes à l'origine. C'est évidemment pas un hébreu que j'utiliserais dans la rue, mais en tout cas c'est un hébreu qui me permet de comprendre les textes. Et on ne peut comprendre la culture d'un pays, je pense, qu'en allant à la source. Parce que la traduction de la traduction de la traduction finit, puis on va dégrader des choses, et puis surtout on va t'y écrire des conclusions, voire des interprétations qui sont intéressantes, tant que ça reste des interprétations, mais quand ça devient ensuite la base d'une tradition, la base d'une transmission, c'est un langage que celui qui le dit, alors qu'effectivement quand on est capable de voir des textes gravés sur la pierre, des opérations qui sont faites, et bien la source est toujours la chose principale, en tout cas pour moi, pour pouvoir travailler de cette manière-là.

Alors je n'attends que de pouvoir retourner en Égypte, bien sûr, pour pouvoir apprendre plus avant les textes, mais comme disait Florence, il y a quelque chose d'autre, c'est qu'il y a une magie sous-jacente, intrinsèque, qui fait que si on sait porter, et si on ressent le pays, et bien je pense qu'on est capable de comprendre des choses. Pour moi, comprendre, c'est jamais intellectuel, c'est mettre à l'intérieur de soi, et bien

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