Jean-Baptiste et Jean l'Evangéliste

Qui est Jésus, et qui est Jean-Baptiste, au regard de la Tradition johannique ? Et comment, à sa façon, celle-ci spécifie-t-elle le Christianisme ? Telles sont notamment les questions auxquelles tente de répondre Jean Pataut dans son opus consacré à ces deux cousins, Personnages fondateurs.

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Dans cette interview de 67 minutes, Jérôme Durand revient sur ces questions essentielles et si complexes. Pour cela, il cerne surtout ses interrogations à partir des notions suivantes : qu'est-ce que l'état de Gloire par rapport aux divers degrés initiatiques ? Comment situer le Baptiste et Jésus Lui-même à l'égard de cet état ? D'ailleurs, quels sont les divers degrés initiatiques ?

Pourquoi Jean-Baptiste, Fils de la Résurrection et, plus encore, Jésus-Logos en sont l'aboutissement ?

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Comment approcher une exégèse des mystères johanniques, donc le coeur du Christianisme, sans utiliser ces clefs de lecture ?

Extrait de la vidéo

Bonjour Jean Pateau. Outre votre thèse de droit en sociologie électorale, vous étiez déjà l'auteur de deux ouvrages, cette fois ésotériques, Le sacré à l'épreuve de la modernité, puis La chair et le regard de l'ange, ouvrage qui reprend l'ensemble du parcours initiatique en seize chapitres. Aujourd'hui, vous revenez vers votre public avec un nouvel essai, Jean-Baptiste et Jean l'évangéliste, fils de la résurrection, ouvrage doté d'une belle préface de Jean-Daniel Dubois, professeur en Sorbonne de sciences religieuses à l'école pratique des Hautes études.

Tout au long de ce livre, vous nous proposez des réponses multiples aux interrogations et aux doutes sur les origines du christianisme, comme sur les degrés initiatiques de ses pères fondateurs et sur la tradition johannique. Tout d'abord, à qui ce livre s'adresse-t-il ? Ce livre s'adresse, je dirais, au public intéressé par les questions ésotériques, mais plus précisément à deux catégories de lecteurs.

D'une part à ceux qui s'interrogent sur les origines, d'ailleurs assez obscures, du christianisme et d'autre part à ceux qui s'intéressent aux états ultimes de l'initiation, puisque ses pères fondateurs étaient évidemment des initiés de très haut rang. Est-il très technique ? Je veux dire, par là, a-t-on besoin de nombreuses références philosophiques, culturelles, historiques ? C'est un livre qui s'adresse à tout lecteur ayant une certaine connaissance du vocabulaire ésotérique.

Il ne s'adresse quand même pas à tout le monde. Peut-on le qualifier d'universitaire ? Ressemble-t-il un peu à une thèse d'état ? Oui et non.

Je me suis efforcé de suivre les méthodes universitaires. Par exemple, j'ai évité les commentaires plutôt en recherchant les sources elles-mêmes et les documents eux-mêmes. Je me suis efforcé, comme dans une thèse d'état, de rechercher les meilleures autorités et les meilleures références. Ceci dit, c'est quand même une réflexion personnelle indépendante des présupposés universitaires habituels.

Par exemple, j'ai considéré comme évident qu'il y avait des mondes invisibles et que les mondes invisibles étaient hiérarchisés entre eux, y compris par rapport aux mondes dits concrets et visibles, alors que ce sont là des présupposés peu courants dans la démarche universitaire. D'une certaine manière, peut-on alors parler d'exégèse ? S'agit-il d'une sorte d'interprétation des écritures ? Comment dire ?

Ce n'est pas un travail théologique en ce sens. Il n'est pas à proprement parler exégétique. Inversement, les écrits yoaniques sont, je dirais, faussement simples. En réalité, ils suscitent l'interprétation, l'interrogation et donc le dévoilement.

Comme vous savez, exégiser, c'est dévoiler, n'est-ce pas ? Donc, à certains égards, c'est un peu un travail exégétique. Sinon, pour revenir à vos références, votre étude s'appuie-t-elle sur les nombreuses recherches historiques relatives à l'émergence du christianisme ? Je veux parler des recherches renouvelées récemment depuis les importantes découvertes de Qumran et Nag Hammadi.

Oui, bien entendu. On ne peut pas, dans une telle réflexion, ignorer les découvertes d'une part de Nag Hammadi et d'autre part de Qumran en 1947 et les années suivantes. Je vous rappelle que Nag Hammadi concerne des documents antérieurs à 350, généralement écrits en copte, et généralement, ces documents coptes étant la traduction de textes grecs qui, très souvent, étaient d'inspiration de la gnose alexandrine.

Enfin, je schématise, n'est-ce pas ? Quant aux documents de Qumran, ce sont des documents généralement hébraïques et qui sont antérieurs à l'an 70 de notre ère, donc qui sont à peu près contemporains de Jésus lui-même. Alors, l'ensemble de ces découvertes a cette caractéristique commune, c'est que, très souvent, ces documents sont de nature ésotérique et de l'ésotérisme le plus qualifié, ce qui amène nécessairement à s'interroger sur l'interprétation qu'on fait habituellement de cette époque et, entre autres, des origines du christianisme.

Recentrons-nous maintenant sur le contenu du livre. Au fond, tout au long de cet ouvrage, vous hiérarchisez les degrés initiatiques des pères fondateurs du christianisme. Jean-Baptiste, le disciple bien-aimé, Simon-Pierre, Marie, voire Melchisedec et Jésus lui-même. Vous tentez donc une approche assez peu habituelle qui est celle de spécifier les divers degrés initiatiques dans une communauté, une communauté d'adeptes.

Oui, en effet. Je me suis efforcé de ne pas entrer dans les usages et les méthodes théologiques. Dans la mesure où elle existe, je dirais que ma culture concerne tout ce qui relève de l'initiation. Je pense par exemple au vocabulaire de René Guénon.

Alors, j'ai abordé les personnages que vous nommez, non pas en termes théologiques, mais comme des initiés qu'ils sont en cherchant à les spécifier dans leurs degrés initiatiques. Donc, quelque part, vous nous donnez des clés pour qualifier avec précision la notion souvent floue de maître, quelque part. Voilà, exactement. Alors, en ce qui concerne la notion que vous qualifiez floue de maître, elle est effectivement floue dans notre vocabulaire profane.

Par exemple, en maçonnerie, on l'utilise. Enfin, on l'utilise en droit, en parlant à un notaire, on dit maître, etc. Mais dans le vocabulaire, disons, rosicrucien, le terme de maître est très spécifié et facilement spécifié. Le maître est l'initié qui a passé la porte des dieux, c'est-à-dire qui est à un niveau quasi divin ou divin, n'est-ce pas ?

Cette notion n'est pas différenciée de celle des fils de la résurrection ? Oui. Alors, en ce qui concerne, là on est au cœur de notre débat, si l'on peut dire, qu'est-ce que le fils de la résurrection, n'est-ce pas ? Alors, dans le vocabulaire rosicrucien, le fils de la résurrection, c'est justement celui qui a passé la porte des dieux et qui transcende en quelque sorte l'état humain pour entrer dans l'état divin.

Et par là même, il devient maître de sa mort et de la mort en général avec un grand M. Ça rejoint d'ailleurs cette spécificité, ce que Jésus dit en Luc 24-35-36, c'est un passage que les théologiens considèrent

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