Astronomie archaïque: nos premiers calendriers gravés dans l’os ou la pierre
Il y a plus de trente mille ans, au paléolithique, les premiers hommes ont cherché à modéliser leur relation au temps. Prévoir les saisons afin d’anticiper ses déplacements, suivre les migrations du gibier, connaitre les rythmes de la nature et donc celui de la cueillette :
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tels étaient les impératifs, vitaux, de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs…. De nos jours, il est d’usage de déconsidérer nos anciens.
Extrait de la vidéo
Bonsoir à tous, bonsoir à Salamandre TV, je nourris le bon feu et éteins le mauvais. Bienvenue ce soir à Chantal Zhegg-Volkiewes qui va nous présenter, nous exposer les questions des calendriers préhistoriques et de l'ethno-astronomie. Howard Crowhurst nous rejoindra tout à l'heure, il arrive, il se joint à nous ce soir. Merci aux équipes de Bagliss qui permettent ce direct.
Chantal Zhegg-Volkiewes, bonsoir. Bonsoir. Bienvenue donc sur cette première émission Salamandre TV avec vous. Je vais vous présenter en quelques mots, vous êtes docteur S.
Lettres et sciences humaines, vous êtes également anthropologue, ethno-astronome et passionnée depuis l'adolescence par l'histoire de l'art et l'astronomie archaïque. C'est vrai. Vous avez écrit plusieurs ouvrages, le dernier en date traitant des calendriers lunis solaires de Serjac et Lartey. Alors peut-être pour commencer à planter le décor, qu'est-ce que l'ethno-astronomie ?
L'ethno-astronomie c'est étudier des pièces anciennes ou alors de l'architecture ou des peintures ou des œuvres faites par des cultures anciennes et essayer de voir s'il y a une relation avec le ciel, si les hommes qui ont créé ces œuvres ont regardé le ciel et les ont créés en harmonie avec celui-ci. Voilà, c'est ça l'ethno-astronomie. D'accord. Et cette discipline ou cette science porte sur quelle période de temps, grosso-modo ?
Alors en principe, beaucoup de gens ont travaillé sur le néolithique ou alors l'antiquité ou même le Moyen-Âge. Bon, et moi j'ai eu envie d'aller un petit peu plus loin. En fait, on ne choisit pas, ce sont les occasions qui se présentent. Par exemple, quand j'avais décidé de faire ma thèse, je voulais travailler sur l'égyptologie et j'ai eu un directeur de recherche qui ne voulait pas aller en Égypte tout simplement parce qu'il faisait trop chaud.
Là aujourd'hui je le comprends un peu. Donc il avait une grande passion pour la Vallée des Merveilles et il se trouve que c'est à côté de chez moi, c'est pas très loin. Donc là c'était la période de l'Âge du Bronze. Et puis de l'Âge du Bronze et du Chalcolithique, d'un seul coup je suis tombée dans le Paléolithique je peux dire, parce que ça fait quand même pas mal d'années de différence.
12, 13, 15 000 ans de différence. Et donc entre l'Âge du Bronze et le Paléolithique, on est à peu près sur quelle grande période histoire de poser les paquets temporels ? Alors, l'Âge du Bronze par exemple, j'ai réussi à dater certaines roches de moins 1700, moins 1720 à peu près, ça c'est l'Âge du Bronze, ancien. Ensuite, l'Asco, ce que j'ai pu trouver comme période qui correspondait avec l'agencement du ciel à cette époque-là, ça faisait moins 16 000, moins 18 000.
D'accord. Donc là on est au Solutréen, avant le Macadamien. On est aussi dans des périodes d'Âge glaciaire ? Alors, la période, oui, mais c'est vraiment la fin.
Le glaciaire, moi je vois beaucoup plus ça comme la période Gravetienne, Aurignacienne bien sûr, où là c'était vraiment l'Âge de l'As, parce qu'il y avait beaucoup de l'As. Par exemple, les calendriers solilunaires ont été créés au cours d'une période très froide et très sèche, c'est-à-dire la période Aurignacienne, il y a de ça 35 000 ans à peu près, datée par les archéologues là, les grandes dates.
Après on a eu le Gravetien qui est un peu plus récent et qui a commencé vers 28 000 de maintenant jusqu'à 22 000. Puis après on a eu le Solutréen. D'accord, donc restons à l'époque des Aurignaciens et peut-être pouvez-vous nous dire quelle est cette découverte, en tout cas cette compréhension que vous avez pu avoir sur ce calendrier de lunie solaire ou solilunaire de Serjac, cette osse de reine gravée.
Alors il faut d'abord... Il faut reposer le contexte, voilà. Bien sûr, il faut justement parler d'un chercheur américain qui s'appelait Alexander Marchak et qui avait travaillé pour la NASA au moment où il y a eu l'alunissage. Donc la NASA avait demandé de faire une recherche sur les premiers intérêts de l'homme pour la Lune et Marchak a voyagé en Europe, en Afrique, un petit peu partout pour amener des pièces qui sont des documents et il en a rassemblé un peu plus d'une trentaine dont l'osse de l'abri Blanchard et l'os de l'abri Lartey.
D'accord. Alors il a travaillé dessus et il a quand même réussi à trouver le sens de la lecture. Ceci en étudiant au microscope. Il a vu lors d'un tournant sur cette osse, ces petites gravures qui tournent en forme serpentine.
Peut-être, si nous avons l'image de l'os, pouvons-nous le voir à l'écran ? Oui, bien sûr. Donc il s'est rendu compte qu'au virage qui se trouve sur la gauche dans les gravures, quatre gravures avaient été faites de la même main, de la même façon et il s'est dit c'est un tournant et ça va dans ce sens. Et effectivement, son idée était juste et je suis partie de cette idée parce que beaucoup de gens, beaucoup d'archéologues se sont moqués d'Alexander Marchak, on le prenait un peu pour un illuminé.
Et moi je me suis dit non, je vais imaginer qu'il a raison et je vais déjà commencer par travailler son idée. Et là vraiment c'était tout à fait juste mais je n'ai pas pu m'en rendre compte