Des vérités sur les Templiers

Deuxième volet de 60 minutes consacré aux vérités sur l'Ordre du Temple. Thierry Leroy revient ici sur l'origine des Templiers en nous relatant la vie de ses fondateurs : Hugues de Payns, le "grand oublié de l'histoire", ainsi que Bernard de Clairvaux. Il poursuit en revisitant habilement le mythe créé autour de leur procès et de leur trésor.

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Cet deuxième exposé est la suite "Des erreurs sur les Templiers"; il est suivi "Des mystères sur les Templiers".

Extrait de la vidéo

L'Ordre du Temple Après avoir évoqué les erreurs concernant l'Ordre du Temple, nous allons évoquer les vérités, les choses historiquement prouvées. Et contrairement à ce qu'on croit, on en sait quand même pas mal sur l'Ordre des Templiers. Et notamment sur le fondateur de cet Ordre, Hugues de Pain. Car c'est très étonnant, mais dans tous les livres qui parlent de l'Ordre du Temple, on cite toujours le fondateur de l'Ordre du Temple, Hugues de Payens ou Hugues de Pain.

Mais on parle de lui en disant « cet obscur chevalier champenois dont on ne sait rien », etc. Il y a quelques années maintenant, une vingtaine d'années, que je m'intéresse à ce personnage en tant qu'oublié de l'histoire finalement. C'est quand même lui qui a fondé l'Ordre du Temple, dont on parle tant. Mais c'est resté malheureusement un personnage méconnu.

Notamment à cause du procès. Ce procès à partir duquel a coulé beaucoup d'encre et qui a donné lieu surtout à toutes ces légendes. Lors de ce procès, on a sali l'Ordre. C'est vrai, avec toutes ces accusations.

L'Ordre a tellement été traîné dans la boue que le pape a prononcé sa suppression en 1312 sans le condamner. Ce qui fait que Hugues de Pain est le seul fondateur d'ordre religieux à ne pas avoir été canonisé ou à être devenu simplement bienheureux. Tous les autres chefs et fondateurs d'ordre religieux ont eu le droit à ces honneurs posthumes. Pas Hugues de Pain.

On a fait comme si on avait effacé sa mémoire, effacé ses traces, simplement parce que l'Ordre lui-même est devenu l'objet, la proie de toutes les légendes. Son côté historique a été oublié ou mis de côté. Il me semblait important, pour mieux comprendre cet ordre des Templiers, d'essayer de chercher qui avait été cet homme très important, ce Hugues de Pain, le fondateur de l'ordre lui-même. J'ai créé avec des amis une association de loi 1901 qui s'appelle la Fondation Hugues de Pain, en 1990.

Et nous avons, en 1997, créé un petit musée, à Pain même, sur les lieux de naissance de Hugues de Pain, destiné à recevoir les gens des mystères templiers, mais surtout en quête des choses attestées par l'histoire concernant l'ordre. Et j'ai donc, en 1997 aussi, écrit un livre qui est l'aboutissement de ces recherches, qui s'appelle Hugues de Pain, tout simplement, qui a été édité aux éditions de la Maison du Boulanger, à Troyes, qui fait état de mes recherches très méconnu et injustement méconnu.

Hugues de Pain est né vers 1070, alors on ne sait pas exactement sa date de naissance, il n'y avait pas de date de naissance à l'époque, et donc c'est par recoupement avec différents indices qu'on peut définir à peu près cet âge, cette naissance vers 1070. Son lieu d'origine, Pain, donc existe toujours, c'est un petit village aujourd'hui, tout près de Troyes, dans la vallée de la Seine. A l'époque, au Moyen-Âge, fin du XIe siècle, Pain était une place importante, puisque c'était l'endroit où se dressait un château fort, qui était donc dans les mains du comte de Champagne, et qui était destiné, tout simplement, à contrôler la vallée de la Seine.

La vallée de la Seine a toujours été une voie de communication très importante, et aussi une voie de pénétration d'invahisseurs. On sait que les vikings, par exemple, avaient envahi la ville de Troyes et avaient remonté la Seine donc très très loin. Ils n'étaient pas arrêtés en Normandie ni même à Paris, on le sait très bien. Et donc à Pain, il y avait un château, construit sur une motte au milieu des marécages, et qui était destiné à être une sorte de poste avancé pour défendre la ville des comtes de Champagne, la ville de Troyes.

Ça donnait lieu à une famille châtelaine, et Hugues de Pain a été nommé seigneur de Pain par le comte de Champagne lui-même, et on trouve sa trace dans différentes documentations, dans différentes chartes émanant du comte de Champagne. On sait aussi qu'il avait des ascendances bourguignonnes, c'est-à-dire que, et j'ai pu montrer qu'il avait un certain degré de parenté, certes assez éloigné quand même, mais non négligeable, un certain degré de parenté avec Bernard de Clairvaux.

Car on trouve dans certains ouvrages que Hugues de Pain était vraisemblablement apparenté au comte de Champagne et à Bernard de Clairvaux, mais là, j'ai pu démontrer dans mes recherches qu'en effet, il y avait un lien de parenté de l'ordre du clan familial, mais à l'époque, au XIe siècle, c'était très important, le clan familial, c'est-à-dire le cousin du beau-frère du cousin, c'était encore un peu la famille.

C'est un lien qui fait qu'en effet, Hugues de Pain connaissait bien Bernard de Clairvaux, ce qui peut expliquer l'aide qu'a apportée Bernard de Clairvaux dès les débuts de l'ordre du Temple. Hugues de Pain gravitait dans la cour du comte de Champagne, ça explique vraiment pourquoi ce comte de Champagne est devenu templier en 1125, ça explique pourquoi le concile fondateur de l'ordre du Temple a eu lieu à Troyes, capitale des comtes de Champagne, situé à 12 km de la seigneurie, l'ancienne seigneurie de Hugues de Pain.

Hugues de Pain a été marié, il a fait sa carrière de chevalier vraisemblablement avant, il a été marié vers l'âge de 30 ans à peu près, avec une fille de la famille de Chape, qui était aussi une seigneurie importante avec un gros château sur les bords de la Seine, en aval de Troyes. De cette union sont nés plusieurs enfants, j'en ai trouvé quatre, donc une fille qui portait le même prénom que sa mère, Elisabeth, et puis trois fils.

Le premier fils, Jibouin de Pain, qui a été seigneur de Pain à la mort de son père, plus exactement quand son père est entré et devenu templier, qu'il a fait voeu de pauvreté, chasteté et obéissance, la seigneurie est passée à son fils Jibouin, qui a été nommé vicomte de Pain. Un autre fils, Herbert, et un troisième fils, Thibaut, qui est devenu abbé de Sainte-Colombe-de-Sens, donc une abbaye dans l'agglomération de Sens, une ville qui n'est pas très éloignée de Troyes.

Il faut savoir que ce Thibaut de Pain, il a fait quelque chose d'assez extraordinaire, c'est qu'il est allé écouter le prêche de Saint Bernard lors de la Deuxième Croisade, et il a décidé de partir à cette Deuxième Croisade en empruntant des biens de son abbaye pour financer le voyage. Les gens ont été absolument outrés, bien sûr, ils l'ont poursuivi, ils ont récupéré la croix en or, mais bon, l'abbé de Sens, Thibaut de Pain, était déjà parti en croisade, mais on sait qu'il est mort en Asie mineure, il n'a pas vu Jérusalem.

On peut dire qu'il est parti un petit peu sur les traces de son père. Les autres fils ont eu des enfants qui ont donné la famille de Pain, il y a eu un château qui s'est développé, et cette famille disparaît, en même temps que les Templiers, ça n'a pas vraiment de rapport, mais c'est dans le contexte de la guerre de Cent Ans, des épidémies, etc., où beaucoup de familles disparaissent. Je n'ai pas trouvé d'autres traces de la famille de Pain après.

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