Salomon dans les rituels initiatiques

Christian Lochon nous évoque ici l'influence symbolique du temple et du sceau de Salomon au cours de l'histoire dans les rituels maçonniques et dans l'art religieux du Moyen-Âge. Entre la pensée juive, puis chrétienne, et islamique, en passant par les franc-maçons: quelles subtiles relations unissent Salmomon au Livre ?

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Extrait de la vidéo

C'est-à-dire qu'un personnage dit historique n'a pas existé. Ce n'est pas la première fois qu'un personnage dit historique n'a pas existé. Ici même, devant vous, j'avais eu l'honneur d'évoquer Zoroastre. Et Zoroastre, on lui attribue une existence entre 1000 avant Jésus-Christ et 600 avant Jésus-Christ.

En plus, on n'a pas de texte biographique de Zoroastre, de texte sérieux. Nous connaissons, un peu d'ailleurs comme pour le prophète Mohammed, nous n'avons pas de texte biographique de son temps. C'est dans le Coran que nous pouvons deviner, et c'est là-dessus justement qu'a apporté la vulgate du prophète. C'est-à-dire, on a extrapolé, si je puis dire, des passages du Coran pour dire, voilà, à ce moment-là, le prophète était dans la Badr, etc.

Ça a été la même chose pour Zoroastre. C'est la même chose pour Salomon. Mais, pour Salomon, il y a une autre version que je vous dis tout de suite et puis nous l'évacuerons tout à l'heure. C'est que ces textes ont été écrits à un moment où les deux royaumes juifs étaient en difficulté, notamment avec l'arrivée des Assyriens.

Et nous savons qu'il y aura l'Exode, notamment. Et que donc, quand ils sont revenus, il a fallu mettre en exergue ce royaume de Jérusalem, qui est donc le royaume sud de la Palestine, par rapport au royaume du nord qui a toujours été plus riche. Et la Galilée, quand on y va, c'est quand même très vert, très verdoyant. Tandis que les collines autour de Jérusalem sont quand même très pauvres en agriculture.

Et donc, il a fallu inventer, d'après ce que disent les spécialistes, le palais de Salomon, là part trouvé. Mais le temple, qu'on n'a pas retrouvé non plus, sur ce temple, lorsque le temple sera détruit pour la troisième fois, donc en 70 après ses écrits, il y aura une période où ce mont Moria sera abandonné, mais en construira une église, une église octogonale, sous forme de matérium, attribuée à Marie.

Lorsque, si vous y allez aujourd'hui à Jérusalem, peut-être certains d'entre vous y ont été, vous voyez que sur le mont Moria, il y a qui a succédé à cette église, qui a disparu, il y a la mosquée du Rocher qui est également octogonale. C'est un emprunt architectural de l'islam au christianisme. C'est-à-dire qu'au matérium succède une forme octogonale qui rappelle un événement marquant. Dans cette église, il y avait sur un rocher une empreinte assez large d'un pied que l'on trouve aujourd'hui.

Autant des chrétiens s'étaient attribués à Jésus, aujourd'hui c'est attribué au prophète Mohammed. Donc nous voyons la continuité, si vous voulez, et il n'y a aucun doute, si nous faisons de la recherche archéologique plus ancienne, il y a toujours dans un endroit saint des antécédents. Si vous prenez la mosquée des homéades à Jérusalem, vous voyez qu'avant cette mosquée des homéades, c'était l'église de saint Jean-Baptiste.

D'ailleurs, il y a les reliques de saint Jean-Baptiste sous la forme de Yahya qui sont encore dans cette mosquée des homéades et qui sont à la fois vénérées par les chrétiens et par les musulmans. Avant cette église de saint Jean-Baptiste, c'était le temple de Bacchus pour les romains et avant ce temple de Bacchus, c'était le temple de Haddad, dieu phénicien de l'orage et de la pluie. Donc, le temple, on n'a pas retrouvé, il faut dire que les archéologues israéliens ont beaucoup travaillé, mais on n'a pas trouvé d'éléments qui permettent de dire, de retrouver tout ce qui est décrit extraordinairement dans le Livre des Rois.

Donc, après, si vous voulez ce rappel, nous allons donc revoir un peu cette histoire, ce livre de l'histoire de Salomon, puisque dans le Livre des Rois, vous savez que le Livre des Rois est constitué comme si c'était une chronique. C'est la chronique d'un roi qui est notamment Salomon. Donc, le Livre des Rois rapporte des relations de Salomon avec l'État thyrien auquel Salomon aurait vendu la ville de Khorbat-Rosli et la plaine d'Acre pour douze talents d'or et aurait eu recours au professionnalisme d'un bronzier thyrien, Hiram, pour la construction du temple.

C'est dans 1 roi 7-15-47. Quant aux bonnes relations avec l'Égypte, puissance dominante de l'époque, Salomon se les aurait vues imposer, acceptant de se placer dans l'orbite égyptienne. Ça n'est pas dit dans le texte parce que ça aurait troublé l'honneur du royaume de Jérusalem, mais on sait très bien que plus tard, ce seront les Assyriens qui prendront le royaume de Jérusalem. Là, c'est l'Égypte.

Mais en ce qui concerne l'Égypte, dont une des femmes de Salomon est originaire, il n'y a rien dans les annales égyptiennes qui rappelle qu'une princesse de sang royale égyptienne ait été offerte, donnée comme épouse d'un roi étranger. En fait, on ne trouve rien des biographies de Saül, David et Salomon en dehors de la Bible. D'autre part, le livre des rois qui traite abondamment de la construction du palais de Salomon, de celle du temple et de son mobilier, de l'établissement de douze préfectures quadrillant les territoires s'étendant de l'Oronte à Gaza, est rédigé dans une langue tardive qui souligne des additions nombreuses présentant un aspect légendaire ou moralisateur.

La sagesse de Salomon, par rapport à la conduite désordonnée de ses successeurs,

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