Tiers Inclus et translittérature

Un texte de Pompiliu Craciunescu lu par Basarab Nicolescu (en l’abscence de l’auteur) . Pour étayer le texte de Craciunescu, Basarab Nicolescu commence son exposé en évoquant la figure de l'écrivain Vintila Horia, le seul auteur roumain (d'expression française) à remporter le prix Goncourt en 1960. Car c'est à partir de ses écrits, ainsi que dans l'analyse du rapport épistolaire entre l'écrivain et Stéphane Lupasco, que Pompiliu Craciunescu, maître de conférence, écrivain, critique littéraire, a érigé sa théorie des liens entre Tiers inclus et Translittérature. Une théorie qui est basée sur la profonde communion de destinée de l'écriture romanesque de Horia et de la recherche scientifique de Lupasco.

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Ce n'est pas un hasard si dans "Persécutez Boèce", l'un des romans de Vintila Horia, un personnage est inspiré directement par Stéphane Lupasco. Pour Craciunescu, les romans de Vintila Horia " acquièrent une forte valeur transgressive fondée sur le lien entre gnoséologie et métaphysique". 

Dans cet exposé, Basarab Nicolescu, à travers les paroles de Pompiliu Craciunescu, revient sur la beauté profonde de l'écriture de Horia et nous révèle la richesse des liens, directs et indirects, entre ces deux consciences hautement significatives de notre siècle.

Cette conférence (20 min)  a été enregistrée à l’Unesco lors du Colloque « A la confluence de deux cultures : Lupasco aujourd’hui »  et organisée par Basarab Nicolescu (CIRET), en 2010.

Extrait de la vidéo

Le journal de l'Histoire Les histoires de l'histoire La vie de l'histoire Le journal de l'histoire La vie de l'histoire L'histoire de l'histoire D'abord quelques mots, pour ceux qui ne savent pas, qui c'est Vinti Loria? Vinti Loria, qui a vécu entre 1915 et 1992, écrivain important, il a été envoyé à mission diplomatique à Rome, donc il a été fait prisonnier par les autorités nazies en Italie en 1944, c'est très important ce que je dis ici, parce que les communistes ont renversé la proposition et l'ont présenté autrement.

Donc il est fait prisonnier par les autorités nazies, interné dans les camps de concentration de Carpaccio et de Maria Far, et il a été libéré un an plus tard par l'armée britannique. Vinti Loria, c'est le seul prix Goncourt de quelqu'un qui a une origine romaine. Les Romains sont obsédés par les prix Nobel, mais les prix Goncourt, c'est pas mal non plus. Et donc c'est le seul Romain qui a eu les prix Goncourt, c'était pour Dieu est né en exil.

L'ambassade romaine de l'époque, ça s'est passé en 1960, c'est-à-dire l'ambassade communiste lui a demandé de fêter ce grand événement à l'ambassade romaine. Évidemment, Vinti Loria, comme un des non grands représentants de l'exil, a refusé. Suite à ça, deux jours après, campagne de presse dans l'humanité, lettres françaises, tout monté par les bras longs de la sécurité, la police secrète roumaine. Et du coup, Vinti Loria, c'est le grand homme d'extrême droite de la gare de fer, etc.

C'est dont il n'a jamais été. Il a écrit, il a eu de sympathie, c'est vrai, dans des journaux comme Tout le Monde, comme Éliade, comme Sioran, comme d'autres. Mais à la différence d'Éliade et Sioran et de Noïka, surtout, c'est quelqu'un qui n'a jamais écrit quelque chose pour la gare de fer ou autre chose. Je l'ai vérifié par moi-même.

Je dis ça en préambule parce qu'aujourd'hui, c'est très difficile de parler en France de Vinti Loria. En Roumanie, il est inconnu, donc c'est facile à parler. Mais en France, il est connu. Donc c'est pratiquement impossible d'en parler.

J'en parle. Et j'en parle parce que c'est un grand écrivain. J'en parle aussi parce que j'ai eu le privilège de partager son amitié. C'est un grand écrivain, un grand écrivain, un grand écrivain et grand ami d'Élie Pascot.

Alors, Pompidou-Krétiunescu a écrit une étude, un livre qui est ici à la sortie sur Vinti Loria et aussi cette communication sur les rapports entre, surtout un roman de Vinti Loria qui s'appelle Persécuter Boes, dont un des personnages est Lupasco, inspiré par Lupasco. Et ça, on ne le sait pas bien et je voudrais le dire. Donc Pompidou-Krétiunescu est docteur Eslet, maître des conférences à l'Université de l'Ouest de Timișoara, écrivain, critique littéraire, prix national d'histoire et critique littéraire Petru Cretia, membre du CIRET, auteur d'Élie Pascot, Le paradis infernal et la transcosmologie, Les stratégies fractales et le dernier, Vinti Loria, Translittérature et réalité.

Quelques extraits de son exposé, qui s'intitule Tiers inclus et Translittérature. Dans une lettre adressée à Stéphane Lupasco, le 3 avril 1968, Vinti Loria écrit, je cite, La littérature n'est qu'une technique de la connaissance, comme la physique, l'art, la philosophie, la musique ou la théologie. Donc c'est Vinti Loria qui dit tout cela. Toute révolution littéraire est parallèle aux révolutions scientifiques, philosophiques, etc.

Donc il me semble impossible d'envisager Proust en dehors de Freud ou Bergson, mais aussi en dehors de Planck ou Schoenberg. De la même façon, on peut considérer Joyce comme un phénoménologue et son roman comme une parenthèse phénoménologique où la physique de Quanta joue son rôle. Elle aussi, je pense, inscrit la littérature dans une espèce d'effort épistémologique général. La mauvaise littérature est celle qui ne tient compte du reste des sciences, qui reste partielle ou partisane, donc inauthentique et inutile, comme les réalistes socialistes, mais comme le nouveau roman aussi, tout aussi partiel que l'autre, car impliqué par une partialité, la surface des choses, voilà.

Voilà, donc, finie la citation. Cette déclaration extraordinaire de Vinti Loria dans une lettre adressée à Selye. Il s'est toujours adressé à Lupasco avec maître. Les livres auxquels Vinti Loria fait référence verront le jour quelques années plus tard, en 1976 à Madrid.

Introduction à la littérature du XXe siècle. Précédé parmi d'autres essais par un très dense tome d'entretien avec les plus grands scientifiques, philosophes, artistes, théologiens de son siècle qui les préparent. Voyage au centre de la Terre, jamais traduit en français. Un témoignage époustouflant où vous avez des témoignages des grands de l'époque, des Jung, il y a Gonset, Georges Mathieu, Lupasco.

C'est extraordinaire. C'est pas traduit. En Roumanie, je crois, il vient d'être traduit. Cette idée-force, c'est-à-dire la synchronicité épistémologique, crée la l'œuvre dans tout processus authentique des connaissances malgré les rideaux disciplinaires.

Et cette idée-force cristallise l'œuvre entière de Vinti Loria, qu'il s'agisse du volet théorique ou des accrétions romanesques. À travers ces derniers et les plus incitants, à mon sens, dit Pompidou-Kachunescu, où les idées surgissent aux autres niveaux, s'incarnent, les tiers inclus acquièrent des visages. En fait, il est question d'un véritable cosmos translittéraire dont les orbites engendrent la quête sans relâche de l'homme individu qui, par-delà les temps déchus de l'Histoire et l'utopie du présent, tous ces illustres personnages, Ovid, Boës, Platon, El Greco ou Rilke, qui circulent dans ces romans de Vinti Loria, s'inscrivent sur l'orbite transtemporelle engendrée par une indicible réalité du futur.

L'homme à venir. L'homme à venir peut-on lire dans les journaux d'un paysan d'Edenim, de Vinti Loria, et c'est lui dans lequel ce qui fut rencontre, c'est lui qui sera dans un espace non euclidien. Donc, déroulé par, à travers et au-delà les contrées parpiées des sciences, de l'art et de la philosophie, la quête de Vinti Loria reste en même temps profondément ancrée dans la philosophie, l'art et la science.

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