Les musées : lieux profanes ou sacrés ?

A une époque où la transcendance, le sacré, n’ont jamais autant été refoulés, évacués de nos cités, le muséologue François Mairesse s’est interrogé, ouvertement et sans parti-pris, sur la question suivante : un « culte des musées* » se serait-il, subrepticement, installé ? Autrement dit, les musées seraient-ils devenus au fil du temps, et sans que l’on n’y prête une attention particulière, une nouvelle « religion d’Etat » ? Certes, il est d’usage d’entrer dans un musée avec une certaine solennité, le lieu semble imposant et inspire le respect. 

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On y parle à voix-basse; cette importante accumulation d’objets qui nous fait littéralement voyager dans le temps, nous renvoie, implicitement, à notre simple condition de mortel, d’être de chair. Chaque momie, dinosaure, ou vestige du passé semblent nous rappeler, nous murmurer au creux de nos oreilles « poussière tu es, poussière tu retourneras » (Genèse 3:19)….

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Une mystique de l’art, une religion de l’esthétique ?

Au-delà des postures et autres génuflexions adressées au puissant conservateur présenté ici comme « grand-prêtre » de ces « cathédrales laïques » l’enjeu et l’intérêt de l’étude de François Mairesse demeure : cette muséalité représente-t-elle le prolongement d’une mystique de l’art ? Une nouvelle religion de l’esthétique ?
Le terme « sublime** » vient du latin sublimis qui signifie « qui va en s'élevant » : dans un pays sécularisé, confrontée à une horizontalité de plus en plus sclérosante, les musées seraient-ils des sentinelles méconnues pour ceux et celles qui ont soif de verticalité ?

* c’est le titre de son ouvrage, paru à l’Académie royale de Belgique, 2014

** se référer aux travaux de la philosophe contemporaine Baldine Saint Girons

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