La Divine Comédie enluminée

Dans la Divine Comédie, Dante traverse l'enfer et le purgatoire en quête du paradis où l'attend Béatrice. Adepte des Fidèles d'Amour, il poursuit son chemin grâce à l'amour qui doit le conduire au sommet de lui-même et lui permettre d'accéder au plus haut degré de l'initiation.  La femme, qui apparaît ici comme l'âme de l'homme, devient alors le guide du voyage qui mène au salut et à la sagesse.

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C'est ainsi que Dante est conduit par sa bien-aimée vers l'unité originelle, vers le divin.
Si l'image est le reflet naturel ou artificiel, tangible ou conceptuel, de la réalité, elle est également un outil de connaissance. Dans la Divine Comédie de Dante, enluminée par Jean-Luc Leguay, elle est un véritable support de méditation, apte à nous guider à travers l'enfer, le purgatoire et le paradis, et à nous mener au plus profond de nous-mêmes. L'enluminure est ainsi la clé qui permet d'accéder au sens caché de l'oeuvre et de comprendre "la doctrine de ces vers étranges".
Quel est l'apport des différentes enluminures au texte du maître florentin? Quel éclairage nouveau opèrent-elles? Telles sont les questions auxquelles répond Jean-Luc Leguay dans cet exposé de 66 minutes.

Extrait de la vidéo

Alors nous nous trouvons au milieu de la Divine Comédie, en plein purgatoire, et lors de l'ascension du purgatoire sur les chemins difficiles et escarpés, Virgile dit à Dante, porte tes regards en bas, il te sera bon, pour rendre la route moins fatigante, de voir le sentier où se posent tes pas. Dante baisse la tête et voit qu'il marche sur un chemin d'image.

L'image, nous dit Dante, nous aide à parcourir notre chemin plus aisément. A plusieurs reprises Dante nous parle de l'image comme un support nécessaire à la compréhension du texte et de nous-mêmes. L'image est un véritable support de méditation. Il était donc licite de présenter une Divine Comédie enluminée, puisque Dante le souhaitait lui-même, et juste dans le chapitre avant, au champ 11 du purgatoire, Dante rencontre un enlumineur.

Dante, l'enlumineur et le lecteur vont ensemble marcher, progresser d'image en image. Dante, penché sur le chemin, l'enlumineur sur le parchemin et le lecteur sur la page. L'enlumineur trace l'image selon une géométrie sacrée. Dante savait que l'enlumineur est un véritable support de méditation pour parvenir à un état de contemplation. Chaque couleur, extraite de la terre, des plantes, réveille chez le lecteur un centre spirituel. Chaque forme, chaque enchevêtrement d'images qui sont construites selon des données de la géométrie sacrée sont un livre ouvert du monde pour l'esprit. Les ornementations qui sont dans les images médiévales sont de véritables champs énergétiques, tels que nous pouvons le ressentir quand on rentre dans une cathédrale. Pour les couleurs, chaque nom de Dieu a une couleur et une forme, mais l'essence de ces couleurs ou de ces formes qui sont multiples en fait viennent de ce qui est la non-forme et ce qui est au-delà de la forme. L'enlumineur tout au long de cette divine comédie va nous permettre de rentrer dans la compréhension des différents textes du grand poème de Dante. Dante nous dit lui-même « Regardez la doctrine qui se cache sous le voile de ces vers étranges ». Dante nous invite donc à chercher ce qu'il y a derrière ce qui est écrit. Alors vous allez me dire mais comment accéder à cet autre sens ? Alors Dante, dans son banquet, puisqu'il a écrit un banquet, va nous donner la méthode pour accéder à cet autre sens et il nous dit « Il faut savoir que les écrits peuvent être entendus principalement selon quatre sens ». Alors vous allez me dire mais quels sont ces sens pour accéder justement à la compréhension de ce qui est caché dans les vers de la divine comédie de Dante ? Dante nous dit que le premier sens est le sens littéral, c'est-à-dire c'est tel que le récit est exposé. Par exemple ici, dans cette image, on voit un homme qui est penché et qui est en train de regarder le chemin sur lequel il marche. Ensuite le deuxième sens est le sens allégorique, c'est-à-dire symbolique, et c'est le manteau qui va recouvrir les fables. Alors nous pouvons voir que c'est le chemin de la vie et si nous regardons les différentes images qui se trouvent sur le chemin que parcourt Dante, eh bien nous voyons qu'il y a de la Genèse jusqu'à la fin des temps. Le troisième sens, c'est le sens moral. Alors il ne faut pas entendre ça du côté de la morale, mais c'est l'enseignement qui permet ensuite de conduire notre vie. Une fois que nous avons donc été dans ce deuxième sens qui est le sens allégorique et symbolique, eh bien nous allons dans ce troisième sens moral confronter tout ce qui s'est rencontré ou raconté sur le sujet par les anciens et les sages. Ce troisième sens donc est la confrontation de la tradition avec ce que nous ressentons comme symbolique au plus profond de nous-mêmes. Ce sont des rapprochements, des ponts entre les entraînements traditionnels et nous-mêmes. Le quatrième sens, Dante l'appelle le sens anagogique. Le sens anagogique, nous dit-il, c'est la signification des choses supérieures, des symboles, au-delà de tout dogme, de toute église, vision qui est même au-delà des symboles, du langage, de la raison limitée. C'est le langage de la contemplation et c'est là où nous sommes dans l'inexprimable. Être dans l'inexprimable, c'est par exemple, nous avons un sentiment d'amour, un autre a un sentiment d'amour, on colle le même mot sur ce sentiment d'amour, mais en fait, l'amour est différent et on n'arrive pas à le définir parce qu'il est au-delà de nos sens et ce sens anagogique, c'est celui de l'infinitude qui nous mène jusqu'à l'illumination intérieure.

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