L'histoire du tarot à travers les siècles

De tout temps, l'homme a toujours joué. Pour remporter la victoire sur autrui, mais aussi pour tenter le sort, investir le hasard ou la fortune, puis faire oeuvre de divination. Déjà dans l'antiquité, les grecs et les romains jouaient aux dés, aux osselets, les chinois aux dominos et aux échecs. Point de convergence de différentes traditions, le tarot apparaît, sous sa forme actuelle, au 16ème siècle. Il se compose alors de 78 cartes dont 22 arcanes majeurs, issues d'une iconographie médiévale, humaniste et antiquisante. "Voie royale" pour l'initié ou simple jeu pour le profane, il ne cesse de nous interpeller et de nous fasciner.

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Dépoussiéré de tout obscurantisme et de toute odeur de souffre, le tarot reste, pour Claude Darche, un outil symbolique qui nous ouvre les portes de l'inconscient et de notre évolution personnelle. Il est un "livre de vie" à méditer qui peut nous éclairer sur le chemin spirituel de la vie.

Exposé d'une durée de 54 minutes, filmé à l'Entrepot

Extrait de la vidéo

Je vais donc vous parler aujourd'hui de l'histoire du tarot au travers des siècles.

C'est une très belle histoire qui se poursuit environ du XVIe au XXIe siècle et qui, je le crois, n'a pas fini de nous étonner ni de nous surprendre.

Donc lorsque pour la première fois on se trouve devant un jeu de tarot, et je pense qu'à peu près tous ceux qui me regardent se sont trouvés un jour ou l'autre devant un jeu de tarot, on est impressionné par les figures extrêmement archaïques et symboliques de ce jeu.

Quoi que nous en pensions, elle nous interpelle, elle nous parle, elle nous fascine, en tout cas elle nous questionne.

Certains disent que le tarot n'est qu'un jeu de cartes, mais la vie n'est-elle pas aussi un jeu ?

Un jeu auquel nous accordons finalement beaucoup d'importance.

Dans l'Antiquité, les Grecs et les Romains jouaient aux dés, aux ocelets, les Chinois inventèrent les dominos vers le VIe siècle avant notre ère, et ils passent avec les Indiens et les Persans pour avoir mis sur place le jeu d'échecs.

Les hommes ont toujours joué, et ils jouent encore, pour remporter la victoire sur l'autre, mais aussi pour tenter le sort, investir le hasard, la part de fortune, et plus tard, nous le verrons, vers le XIXe siècle, en ce qui concerne le tarot, faire œuvre de divination.

Dépoussiéré de tout obscurantisme et de toute odeur de soufre qu'il a eu longtemps, le tarot est un merveilleux outil symbolique qui nous ouvre les portes de notre inconscient et de notre évolution personnelle.

Il est un livre, comme le livre que tient la papesse sur ses genoux, l'arcane II du tarot, et qui semble nous dire « voici la vie, voici le livre de l'existence, je vous le propose à vous de le lire ».

Ces cartes, en fait, sont une philosophie, une leçon à méditer, comme le dit si bien le terme qui est employé pour une carte du tarot, c'est-à-dire un arcane, qui est en fait à lui tout seul une méditation, une philosophie, une sorte de réflexion sur nous-mêmes qui va peu à peu nous imprégner et lever le voile, certains diront le voile d'Isis, sur ce que peut-être le chemin initiatique qu'est la vie.

Alors, nous allons maintenant explorer véritablement l'historique du tarot et revenir au tout début.

Alors, ce tarot, où est-il né ?

Alors, il y a beaucoup d'expériences qui sont extrêmement fantaisistes par rapport au tarot.

On a pu parler de l'Egypte, on a même parlé de très lointaines contrées, certains le font même revenir à l'Atlantide.

Il va être beaucoup plus prosaïque.

Et pour ma part, je suis tout à fait à l'exposition qui a eu lieu en 1984 à la Bibliothèque nationale de Paris, où là, véritablement, des experts, on peut dire, se sont penchés sur l'histoire du tarot et pour ma part, je reste fidèle à cet historique.

Alors, on va parler tout d'abord du jeu de cartes, qui semble apparaître en Chine au 10e siècle de notre ère.

Rémusa découvrit dans une encyclopédie que l'empereur Mutsung possédait des cartes en l'an 69, 969.

Il jouait régulièrement et avec grand plaisir.

Les premières cartes chinoises ne furent peut-être à l'origine qu'une imitation en carton des pierres, des dés ou des dominos.

C'est la thèse de Gérard van Rinsberg, son excellente étude sur le tarot qui est parue chez Très Daniel.

Avant cette hypothèse, nous avons également étudié que les Tartars, après avoir conquis la Chine en 1215, envahirent la Russie en 1238 et de là, eux qui découvrirent les cartes, se propagèrent dans toute l'Europe.

Mais on peut également supposer que leur expansion se fit par l'intermédiaire de grands aventuriers, des navigateurs en particulier, comme Marco Polo ou les grands marchands vénitiens, qui ont développé le commerce en Chine et qui ramenèrent en plus des épices, de tous les bijoux, de l'ébène, de toutes les nouvelles techniques qu'ils importèrent, et bien qu'ils ramenèrent justement des jeux de cartes.

Et en particulier Marco Polo qui, on le sait, résida pendant plus de 16 ans à la cour d'un grand empereur chinois qui s'appelle Kublai Khan.

Alors en changeant de continent, le jeu s'est forcément adapté à nos cultures et à nos mœurs.

D'autant plus que tous les grands spécialistes de l'histoire des cartes et des tarots s'accordent à dire que les tarots firent leur apparition en Italie et plus précisément à Venise et à Ferrare, en Italie du Nord.

Dans le dernier quart du XIVe siècle, les cartes, qu'on va appeler peu à peu tarots, sont bien présentes dans ces deux villes.

On les appelle à l'époque naipès ou naibi, des termes que l'on retrouve encore dans le mot naipès qui est utilisé aussi par les Espagnols.

À cette époque, il existait une corporation d'imagiers, de peintres d'images, comme on les appelait plus exactement, qui réalisaient à la main, sur parchemin ou sur carton, des sujets religieux et profanes très prisés par le peuple.

On y trouvait par exemple les quatre évangélistes, les péchés capitaux, les cinq sens, les muses.

C'était le début de l'astrologie, le début en tout cas de l'astrologie dans le monde du vulgaire, on va dire, pas pour les initiés en astrologie puisqu'on sait que l'astrologie remonte à la Mésopotamie, mais c'était la grande vogue.

Donc on voyait apparaître la lune, le soleil, les étoiles, les trois grands luminaires qui interrogeaient, bien sûr, les hommes.

Et les Italiens réunirent toutes ces images en une sorte de jeu des sept familles qui fut tout d'abord destinée à l'instruction des enfants.

Et là, on y retrouve tous les symboles de la condition humaine.

Le mendiant, le serviteur, le valet, le chevalier, le pape, le roi, l'empereur, le juge.

Et en fait, on n'est pas très loin des tarots.

Alors d'où vient le mot tarot ?

Là aussi, multiples explications.

On voit vers le XVIIIe siècle, Courve de Gébelin, dont nous parlerons plus tard, qui, dans le monde primitif, dit que le mot tarot vient de tar, qui veut dire la voie, et de ro, qui veut dire royale.

Le tarot serait donc la voie royale, en quelque sorte le cheminement initiatique de l'homme pour aller vers sa libération.

On a également, bien entendu, rapproché le mot tarot de Thora, la loi juive, et du mot orate, qui en latin signifie « il prie ».

Quoi qu'il en soit, et pour revenir à des choses beaucoup plus terre-à-terre, mais je crois qu'avec le tarot, il faut naviguer entre le très spirituel et le concret, eh bien l'Académie française, elle définit les cartes tarotées comme des cartes dont le dos, ou revers, est marqué de grisailles en compartiment.

C'est donc peut-être tout simplement par analogie que les tarots sont ainsi dénommés et finalement pas du tout pour un quelconque rapprochement avec le latin ou la cabale.

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