Tarot, archétypes et symboles 3: la formation des couples
Dans le troisième volet de notre aventure sur les arcanes majeurs du Tarot de Marseille, Carole Sédillot poursuit son analyse avec l'Impératrice et la Papesse, l'Empereur et le Pape. Elle nous initie à la formation des couples ou la conjonction des opposés, où anima et animus, féminin et masculin, matériel et spirituel s’opposent, se cherchent, se querellent, se trouvent et se complètent tant sur le plan humain que divin et dont l'union et la réunion font naître la création.
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Un exposé de 73 minutes.
Extrait de la vidéo
Cet autre rencontre dont nous avons parlé précédemment, elle va se faire avec plusieurs images. Plusieurs images que nous allons mettre en relation les unes avec les autres, mais dont on va quand même essayer d'extirper un petit peu des particularités, là aussi où elles vont être complémentaires, là où les éléments vont converger pour pouvoir justement faire couple. Alors, je vous propose cette image.
Dans cette image, nous voyons deux couples. Toutefois, comme je l'avais dit précédemment, si vous avez votre jeu de tarot pour aller à plus de compréhension, peut-être c'est bien de les avoir avec vous et justement de mettre devant vous, dans l'ordre, sur une ligne, comme nous venons de vous le montrer, la papesse, l'impératrice, l'empereur et le pape. Et là, nous voyons effectivement deux couples. Il nous en manque un qui n'a pas sa place là tout de suite dans cette image, c'est le soleil et la lune.
Donc en fait, le tarot nous propose, en tout cas avec les arcanes majeures, nous propose trois couples. Un couple qui sera l'empereur et l'impératrice, le pape et la papesse, puis le soleil et la lune. Bien évidemment, dans l'absolu, c'est toujours le même couple, c'est toujours le même binôme qui va s'exprimer sur des modalités et des plans différents. On l'avait dit également, les images sont nommées et numérotées.
Les nombres ne sont pas mis au hasard. Et là, on va revenir bien sûr à de grands concepts jungliens dans ce que nous allons dire là. On va être là sur la grande notion du masculin et du féminin. Et que là aussi, dans notre univers, même si on a quelques éléments que la nature nous montre et qui ne sont pas sexués d'un ordre précis, en majorité, tout ce qui est de notre construction humaine et terrestre est sexué, de l'ordre du principe, parce que le masculin et les féminins peuvent se décliner, là aussi, en une pluralité de définition, dans le sens où on peut utiliser le masculin et le féminin en tant que principe comme dans l'alchimie, puis le décliner entre homme-femme, mâle-femelle, anima-animus, etc.
Donc, en fait, c'est de ce registre-là dont nous allons parler dans les grands accès à ce qui est de l'ordre du féminin ou du masculin. Le féminin et le masculin incarnés, c'est-à-dire l'homme et la femme, vont nous être représentés par l'empereur et l'impératrice dans le tarot de Marseille. Pour aller vers une subtilité du masculin et du féminin, nous aurons un autre couple, un couple spirituel, le pape et la papesse.
Et puis, on aura, de l'ordre du féminin et du masculin, un autre niveau plus archétype, plus archétypal, qui va être représenté par le soleil et par la lune. Alors, dans l'image que je vous ai montrée tout à l'heure, c'est là où on se dit que si on travaillait les images une par une, on perdrait quelque chose, on perdrait l'enseignement en fait. Parce que c'est en les mettant dans cette visibilité-là où finalement on comprend tout peut-être.
On s'aperçoit que dans cette disposition-là, le pape et la papesse sont séparés, alors que l'empereur et l'impératrice sont côte à côte, comme si le couple spirituel encadrait le couple matériel, le couple incarné. Et puis, quand on regarde encore, on s'aperçoit que le pape et la papesse, bien que séparés, se tournent le dos, mais que l'empereur et l'impératrice, côte à côte, se regardent. Donc, là aussi, ça nous semble évident.
Et puis, si on va encore un petit peu plus loin dans cette construction, on s'aperçoit que la papesse, alors si toutefois, la papesse a existé, il y a un grand débat avec une papesse qui aurait peut-être existé, la papesse Jeanne, mais ça c'est un autre débat, on est bien conscient que la papesse n'est pas la femme du pape. En revanche, la papesse nous montre bien une nomination et une définition féminine.
Et que la papesse porte le nombre 2. 2, c'est un nombre féminin et père. Donc, il y a un nom et un nombre féminin. Et puis le pape, un petit peu plus loin, c'est bien une nomination et une identité masculine et qui vibre au nombre 5, nombre impère et masculin.
Bon, pour le moment, à part qu'ils sont séparés, qu'ils ne se regardent pas, mais finalement, on a bien compris le pourquoi de cette distance. L'empereur et l'impératrice, en revanche, sont côte à côte et se regardent, pas de souci. Mais l'impératrice, qui est une identité de l'ordre du féminin, vibre au nombre 3, qui est masculin. Et puis, l'empereur, qui est une identité masculine, vibre au nombre 4, qui est féminin.
Alors, on se doute bien qu'il y a du sens, bien sûr, par rapport à cela. Alors, que je vous montre de cette manière avant qu'on ne l'explique un petit peu plus. Là, on va revenir pour justement être dans une compréhension à cette pensée jungienne. Qui nous met en évidence, justement, cette parité du masculin et du féminin.
Ça aussi, c'est un grand apport de la pensée jungienne, justement, de contenir l'être humain dans sa polarité du masculin et du féminin. C'est ce qu'on va retrouver, là, justement, dans cette relation à l'impératrice qui est une femme. Mais si on prend le concept du masculin avec sa partie, c'est-à-dire de l'homme avec sa partie féminine, ce que Jung appelle l'anima. Et si on part aussi du principe que la femme vibre à son côté masculin par une instance qu'il appelle l'animus.
Ça prend tout son sens, bien sûr, puisque l'impératrice, pour pouvoir exprimer ce qu'elle a et ce qu'elle est de l'ordre du masculin, c'est-à-dire de l'ordre de l'autorité, de l'affirmation, de l'indépendance, du commandement, du verbe, ce que Jung appelle du logos, elle puise cette dynamique masculine avec la vibration du nombre 3. Pour autant, l'empereur qui est un homme, pour se mettre en relation avec sa partie féminine, c'est-à-dire l'anima ou l'éros, ce qui le met en relation avec le monde du sentiment, du monde de l'émotion, il va le faire par le biais du nombre 4.
Donc, on n'est pas étonné de voir entre le nom et le nombre, l'identité qui, elle, est bien ou masculine ou féminine, mais que sur le plan, et si vous vous souvenez de ce que nous avons dit tout à l'heure